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Dénomination de circonscriptions dans l’Est : une question d’identité et de représentation

Gros plan sur des mains qui déposent un bulletin de vote dans une urne en carton à l'intérieur d'un gymnase.

La Mitis fait partie des territoires qui ont tenté à plusieurs reprises de faire ajouter leur nom à la circonscription électorale provinciale de Matane-Matapédia (archives).

Photo : iStock

La MRC de La Mitis et la Ville de Trois-Pistoles, conjointement avec la MRC des Basques, demandent à la Commission de la représentation électorale (CRE) de modifier le nom de leur circonscription électorale provinciale respective.

Matane-Matapédia

La circonscription électorale provinciale de Matane-Matapédia regroupe les MRC de La Matanie, de La Matapédia et de La Mitis. Or, le nom de cette dernière ne figure pas dans le nom officiel de la circonscription.

Lors d’une séance ordinaire du conseil de la MRC de La Mitis au mois de juin dernier, le conseil a proposé par résolution d’adresser une demande à la Commission afin de changer le nom de comté pour Matane–Matapédia–La Mitis.

Bruno Paradis.

Le préfet de la MRC de La Mitis, Bruno Paradis (archives)

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Le préfet de la MRC, Bruno Paradis, est d'avis que l’inclusion du nom de la MRC permettrait une meilleure représentation de la réalité territoriale de la circonscription. Nous sommes le tiers de la population de la circonscription actuelle et, pour l’instant, nous sommes inexistants. Pour quelqu’un qui ne connaît que les noms de circonscriptions, la MRC de La Mitis n’existe tout simplement pas, explique le préfet.

« Pour nous, c’est une question de principe. C’est une question de reconnaissance et c’est aussi une façon de démontrer qu’on existe. »

— Une citation de  Bruno Paradis, préfet de la MRC de La Mitis

Le député de la circonscription, Pascal Bérubé, indique qu’il mène cette bataille depuis bientôt dix ans.

Un portrait de Pascal Bérubé qui répond aux questions des journalistes.

Pascal Bérubé est le député du Parti québécois dans Matane-Matapédia (archives).

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

En 2012 et en 2017, le directeur général des élections et la Commission électorale des élections ont refusé parce qu’ils ne veulent pas que trois noms apparaissent. Le préjudice, je ne sais pas il est où, mais il y en a clairement un pour les citoyens de La Mitis, qui ne sont pas nommés, croit le député péquiste.

« Si je suis réélu à l’automne, ce sera un de mes engagements électoraux. »

— Une citation de  Pascal Bérubé, député provincial de Matane-Matapédia

Il s’agit cependant de la première fois que cette demande passe par une résolution au conseil de la MRC.

Rivière-du-Loup–Témiscouata

Du côté de la circonscription électorale provinciale de Rivière-du-Loup–Témiscouata, c’est le conseil municipal de Trois-Pistoles qui exige au gouvernement du Québec, à la CRE et à Élections Québec de modifier le nom pour Rivière-du-Loup–Témiscouata–Les Basques.

Depuis que la MRC de Témiscouata fait partie du comté et que son nom a été ajouté à la circonscription, la MRC des Basques est tombée dans l’oubli, souligne le préfet Bertin Denis.

Un homme est assis.

Le préfet de la MRC des Basques, Bertin Denis (archives)

Photo : Radio-Canada

C’est comme si, tout d’un coup, on était tombés dans le virtuel ou qu’on avait disparu de la carte, explique M. Denis. C’est dommage, parce qu’au final, on fait quand même partie de la circonscription.

Des explications difficiles à accepter

Selon les intervenants consultés, la Commission de la représentation électorale refuse de modifier les noms de ces comtés parce qu’ils deviendraient trop longs si un troisième toponyme y était ajouté.

La CRE indique sur son site Web les diverses règles et balises qu'elle se donne quant à la dénomination des circonscriptions électorales.

« La Commission ne privilégie pas la juxtaposition de toponymes puisque cela peut conduire à la création de listes de territoires d’appartenance. Étant donné que ces listes de territoires d’appartenance ne peuvent pas toujours les inclure tous, la Commission juge qu’il vaut mieux éviter de les employer en guise de noms. »

— Une citation de  Extrait des règles et balises de dénomination de la Commission de la représentation électorale

Toujours selon la CRE, si la juxtaposition est jugée inévitable, la Commission souhaite se limiter à deux éléments et elle privilégiera des noms qui possèdent une tradition historique ou patrimoniale.

Pour Bertin Denis, les explications de la CRE sont basées sur des principes extrêmement futiles qui n’ont pas de fondements sérieux.

Si tu prends la circonscription au fédéral, c’est Rimouski-Neigette— Témiscouata—Les Basques. Eux, ils n’ont pas de problème à inclure les noms des territoires du comté, rappelle M. Denis.

Pascal Bérubé fait aussi remarquer que la circonscription équivalente au fédéral se nomme Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia.

La faute au découpage de la carte électorale ?

Les refontes et les redécoupages de la carte électorale pourraient expliquer en partie le nom des différentes circonscriptions au Québec.

Selon l’historien Jean-Marie Fallu, les remaniements géographiques des différentes circonscriptions ont eu des répercussions sur les dénominations, notamment en région, où les comtés électoraux englobent de plus grands territoires.

Si on prend l’exemple du comté de Gaspé, on ne parle pas uniquement de la ville de Gaspé mais bien du comté au complet, qui s’étend de Cap-Chat jusqu’à Grande-Rivière, et ça peut porter à confusion pour certains, explique Jean-Marie Fallu.

Il est d'avis que les entités territoriales et les communautés qui habitaient le territoire étaient davantage respectées à l'époque comparativement à aujourd’hui.

Aujourd’hui, on dirait que ce sont des calculs mathématiques qui n’ont pas de sens par rapport au territoire. On ne tient pas compte de la grandeur des territoires dans le découpage de ces comtés en région, et ce, au détriment de l’appartenance des communautés culturelles de ces territoires, résume l'historien.

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