Fredericton appuie un projet d’exportation de gaz naturel liquéfié

Le Nouveau-Brunswick pourrait exporter du gaz naturel liquéfié vers l'Europe.
Photo : GNL Québec
Prenez note que cet article publié en 2022 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
Le gouvernement Higgs croit que Repsol pourrait exporter du gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Europe à partir de Saint-Jean.
Cela permettrait, selon le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, à des pays comme l’Allemagne de ne plus dépendre de la Russie pour son approvisionnement en gaz naturel.

Le terminal Canaport LNG à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick
Photo : Radio-Canada
Je pense que la Russie s'est essentiellement mise dans une position où personne ne lui fera vraiment confiance pour faire partie d'une chaîne d'approvisionnement à l'avenir sans avoir une solution de rechange adéquate et une source fiable
, estime le premier ministre Blaine Higgs.
Le projet pourrait se faire rapidement
Selon le premier ministre Higgs, la construction des installations nécessaires à l’exportation de gaz liquéfié pourrait se faire assez rapidement, sur deux ou trois ans par exemple.
Ce type de projet devrait recevoir assez facilement l’approbation d’Ottawa, selon Blaine Higgs. En ce qui concerne les exigences d'autorisation à l'emplacement, c'est déjà un site industriel, il a été autorisé pour une importation de GNL, donc la conversion en exportation n'est pas une chose majeure dans le sens de l'évaluation environnementale, c'est vraiment une modification de l'usine
, dit-il.

Le premier ministre Blaine Higgs est d'avis que le projet d'exportation de gaz naturel liquéfié à partir de Saint-Jean est tout à fait réalisable.
Photo : CBC / Ed Hunter
Pour ce qui est de l'approvisionnement en gaz naturel, Blaine Higgs pense que Repsol pourrait l’acheter soit des États-Unis, soit de l’Ouest canadien. Il pourrait provenir de Marcellus [une région du nord-est des États-Unis riche en gaz de schiste] ou même [être acheminé] par [le] réseau de pipelines de l'Alberta.
Enfin, selon le premier ministre Higgs, les installations qui serviraient à exporter du gaz liquéfié pourraient un jour être converties pour l’exportation d’hydrogène.
Cette installation pourrait être convertie en hydrogène, en hydrogène liquéfié, et cela nous permettrait de nous installer sur ce terrain à l'avenir, car ils sont compatibles, les réservoirs pourraient être un peu différents, mais les systèmes sont compatibles
, estime-t-il.
C’est aussi l’avis qu’exprimait le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, la semaine dernière.
Savoir que l'on peut investir dans des infrastructures GNL à court terme, qui seront ensuite utiles à l'hydrogène à moyen et long terme, signifie que nous pouvons relever à la fois ces défis à court terme et ces défis à long terme
, a dit Justin Trudeau, lors d’un passage en Nouvelle-Écosse le 22 juillet dernier.

Lors d'une annonce pour du financement pour des projets d'énergie propre en Nouvelle-Écosse, le premier ministre du Canada Justin Trudeau a abordé la question de l'exportation de gaz naturel liquéfié.
Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc
La compagnie Repsol, qui possède le terminal de Saint-Jean, qui importe du gaz liquéfié, ne nous a pas accordé d’entrevue. Mais par courriel, on souligne que la société examinera toutes les activités qui améliorent ou créent de la valeur à Saint John LNG, y compris la possibilité d'ajouter des capacités de liquéfaction à l'installation existante
.
Les libéraux provinciaux appuient, mais s’inquiètent
Le député provincial de Bathurst-Ouest-Beresford, le libéral René Legacy, estime que le projet d’exporter du gaz liquéfié est positif, de façon générale.
S’il y a la possibilité de faire du développement économique et de créer des emplois, c’est bien
, soutient-il.

René Legacy, député libéral de Bathurst Ouest-Beresford, souhaite obtenir davantage d'information sur le projet d'exportation de gaz liquéfié.
Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau
Toutefois, il s’inquiète au sujet de l’approvisionnement en gaz naturel. La préoccupation que j’ai encore, c’est si on pense rouvrir le dossier de la fracturation hydraulique, on ne voit pas beaucoup de discussion sur le terrain pour aller chercher cette licence sociale.
René Legacy souligne que la province n’a pas fourni d’informations sur cette question. Et dans l’ensemble, le député remarque qu’il reste encore beaucoup de détails à clarifier afin de comprendre toutes les répercussions d’un projet de cette ampleur.
Les verts rejettent le projet
Le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon, estime que ce type de projet augmenterait, s’il se réalise, la production de gaz à effet de serre. Selon lui, le projet est inacceptable. L’exportation du gaz naturel liquéfié va augmenter la production de combustibles fossiles
, fait-il remarquer.
David Coon note aussi que la construction des installations nécessaires à l’exportation du gaz prendra quelques années, alors que la crise d’approvisionnement existe en ce moment.

David Coon, chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, s'oppose au projet d'exportation de gaz liquéfié.
Photo : La Presse canadienne / Stephen MacGillivray
La crise pour les pays comme l’Allemagne existe maintenant, immédiatement, donc ce n’est pas une solution pour eux. La construction d’un terminal de gaz naturel liquéfié sera un engagement à long terme
, s’inquiète-t-il.
David Coon pense que les gouvernements provincial et fédéral ne s’engagent pas suffisamment dans l’effort de développement des énergies renouvelables. L’augmentation de la production de combustibles fossiles de toutes sortes, c’est une priorité encore pour le premier ministre du Canada, pour le premier ministre du Nouveau-Brunswick, pas la transition vers une économie verte.
