•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Archives

Sous les ponts couverts

Pont couvert de couleur rouge en campagne.

Pont couvert du ruisseau Meech en Outaouais, Ça vaut le détour 2005.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

À l’époque de la colonisation (1840-1950), le Québec comptait plus de 1000 ponts couverts sur son territoire. On en dénombre aujourd’hui moins de 80. Témoins de notre histoire rurale, les « ponts rouges » ou les « kissing bridges » comme les appelaient les anglophones, fascinent encore aujourd’hui. Nos reportages d’archives se sont intéressés à leur histoire.

Les ponts couverts donnent un cachet particulier à certains paysages de nos campagnes. À la fois romantiques et mystérieux, ils attirent les touristes qui, le temps d’une traversée, se voient transportés vers un autre siècle.

Ces infrastructures sont présentes en Europe, surtout en Suisse, dès l’époque du Moyen Âge et la Chine en construisait il y a plus de 2000 ans.

En Amérique, c’est en 1805 que le premier pont couvert est construit au-dessus de la rivière Schuylkill, près de Philadelphie.

En 1978, il ne reste que 115 ponts couverts à travers tout le Québec, eux qui se comptaient par millier dans la belle province au début du XXe siècle. Le gouvernement du Québec décide d’agir pour tenter de protéger ces biens patrimoniaux.

La disparition des ponts couverts s’explique par le manque d'entretien, le vandalisme et leur remplacement par des structures modernes.

Le 10 juillet 1978, un protocole d’entente est signé entre le ministère des Affaires culturelles et le ministère des Transports du Québec pour protéger une quarantaine de ces ponts.

Danièle Bombardier présente un reportage sur l’entente interministérielle concernant la conservation et la protection des ponts couverts conclue entre le ministre des Affaires culturelles et le ministre des Transports. Celle-ci visait la protection de 44 ponts couverts sur les 115 inventoriés à l’époque. Le bulletin de nouvelles est animé par Paul-Émile Tremblay.

La journaliste Danièle Bombardier présente un reportage au Ce soir sur cette entente interministérielle concernant la conservation et la protection des ponts couverts.

L’entente permet au ministère des Affaires culturelles de classer les ponts et d’octroyer des subventions aux municipalités pour leur conservation. Les municipalités peuvent les transférer au ministère des Affaires culturelles pour une somme nominale et c’est alors le ministère des Transports qui procède à l’entretien et à la restauration des ponts couverts.

Malgré tout, la loi n’est jamais promulguée et, dix ans plus tard, le nombre de ponts baisse à 110.

Le 31 décembre 1989, Gabi Drouin présente à La semaine verte un reportage qui retrace l’histoire des ponts couverts au Québec.

À l’époque, la région de l’Estrie est particulièrement choyée et compte 21 ponts couverts conservés.

Reportage journaliste Gabi Drouin qui retrace l’histoire des ponts couverts au Québec. Entretien avec l’historien Michel Lessard.

Le journaliste s’entretient avec l’historien Michel Lessard qui explique pourquoi on couvrait les ponts.

Un pont de bois non couvert a une durée de vie d’environ 10 ans, alors que le pont couvert peut résister plus de 150 ans. Les ponts étaient couverts pour les protéger du gel et du dégel, de la pluie et du vent.

Il est faux de croire que c’était pour les protéger de la neige. L’hiver, de la neige était même étendue sur le tablier pour permettre aux traîneaux à chevaux d'y glisser.

La plupart des ponts couverts du Québec sont de type Town Lattice, du nom de l’architecte Ithiel Town. Les madriers utilisés, généralement du cèdre, sont tous reliés aux intersections à l’aide de chevilles de bois.

Les ponts sont construits en bois d’abord par souci d’économie. Les communautés les plus riches du milieu du 19e siècle bâtissaient leur pont en fer.

Reportage de Julie Huard sur l’histoire des ponts couvert au Québec. Entretien avec Michel Prévost, de la Société d’histoire de l’Outaouais et archiviste en chef de l’Université d’Ottawa.

Comme l’explique l’historien Michel Prévost à la journaliste Julie Huard, qui elle aussi s’intéresse aux ponts couverts pour un reportage diffusé à l’émission Ça vaut le détour le 3 décembre 2005, la couleur rouge s’explique également pour des raisons économiques.

Les villageois peignaient les ponts avec un mélange de sang de bœuf et d’huile. Comme plusieurs de ces ponts sont bâtis à l’époque des premiers ministres libéraux Gouin, puis Taschereau, certains croyaient à tort que le choix du rouge était un choix politique.

Les ponts pouvaient servir de lieu d’affichage pour annoncer les marchés publics, les événements, foires populaires, encans et assemblées politiques.

Le plus long pont couvert au monde est situé au Nouveau-Brunswick. Le pont de Hartland qui traverse le fleuve Saint-Jean entre Hartland et Somerville s’étend sur 391 mètres.

Au Québec, les ponts couverts sont très liés à la colonisation. Les structures étaient construites lors du développement des nouvelles routes quand les ruisseaux et rivières faisaient obstacle.

Si les ponts constituent une page éloquente de notre histoire, ils représentent aujourd’hui des attraits touristiques importants.

Reportage du journaliste Claude Fortin sur la reconstruction d’un pont couvert à Amqui dans la vallée de la Matapédia. Entretien avec Gaétan Ruest, maire d’Amqui.

Le 9 février 2005 au Téléjournal de l’Est-du-Québec, le journaliste Claude Fortin présente un reportage sur le sauvetage et la restauration d’un pont couvert.

Le pont Beauséjour de Saint-Odile-de-Rimouski, initialement construit en 1932, est laissé à l’abandon de nombreuses années avant que le maire d’Amqui ne décide de le sauver pour le transporter dans sa ville où le pont couvert de L’Anse-Saint-Jean existe déjà.

Le projet de restauration et de mise en valeur mobilise une partie de la communauté. Au parc Pierre-et-Maurice-Gagné d’Amqui, il est aujourd’hui possible d’admirer le pont Beauséjour comme piéton ou cycliste. Ce qui rend très fier l’ancien maire.

« On vient de sauver un pont couvert. Si le pont avait été détruit, c’est tout un pan de l’histoire d’une région québécoise qui serait disparu avec. »

— Une citation de  Gaétan Ruest, maire Amqui de 1998 à 2017
Encore plus de nos archives

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.