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La vaccination des enfants de 0-4 ans se bute à la réticence des parents

Plusieurs parents s'inquiètent des effets secondaires ou n'y voient pas d'avantages.

Un pansement à l'effigie d'un personnage du film Frozen sur le bras d'une enfant à l'endroit où elle a été vaccinée.

Les enfants âgés de 6 mois et plus peuvent se faire vacciner contre la COVID-19 (archives).

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Plus de la moitié des parents québécois n'ont pas l'intention de faire vacciner leur enfant de 0 à 4 ans contre la COVID-19 ou hésitent à le faire. La province connaît d'ailleurs un lent départ de la vaccination de cette tranche d'âge, offerte à grande échelle depuis lundi.

Selon les données fournies jeudi par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), à peine 2 % des quelque 400 000 bambins québécois ont jusqu'ici reçu une première dose ou ont rendez-vous dans l'un des centres de vaccination à travers le Québec au cours des prochains jours.

Au total, un peu plus de 8000 réservations avaient été compilées sur le portail Clic Santé. Du nombre, 1630 doses ont effectivement été administrées.

Dans la Capitale-Nationale, par exemple, où le virus a beaucoup circulé en juillet, 763 rendez-vous ont été donnés ou honorés sur un total de 28 000 enfants répartis sur le territoire.

« Il y a environ 150 plages de rendez-vous toujours disponibles et nous ajusterons notre offre en fonction de la demande. »

— Une citation de  Mathieu Boivin, porte-parole au CIUSSS de la Capitale-Nationale

La cadence est encore plus lente dans Chaudière-Appalaches, où un peu moins de 60 doses avaient été données en date de mercredi, sur 14 500 jeunes. Le déploiement des centres de vaccination se poursuivait jeudi, a-t-on affirmé au CISSS.

Une infirmière applique un bandage sur le bras d'une petite fille qui vient d'être vaccinée.

Il est recommandé que les plus petits reçoivent deux doses du vaccin à un intervalle de huit semaines.

Photo : Pexels / CDC

Réticence selon l'âge de l'enfant

Ce lent départ pourrait en partie s'expliquer par la réticence des parents face aux vaccins contre la COVID-19, qu'a mesurée une série de sondages menés par l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

En date du 20 juillet, à une semaine de l'ouverture de la campagne de vaccination annoncée par Québec pour la petite enfance, au moins 40 % des parents de jeunes de 0 à 4 ans n'avaient pas l'intention de prendre rendez-vous, alors que 19 % n'avaient pas encore pris de décision.

Toujours selon les données compilées par l'INSPQ depuis le début de la pandémie, plus les enfants sont jeunes, plus la crainte vaccinale est présente chez les parents sur la ligne de départ.

Ce constat se transpose dans les taux de couverture vaccinale.

À ce jour, quelque 59 % des 5 à 11 ans ont reçu au moins une dose de vaccin, contre 84 % chez les 12 à 17 ans.

Parents prêts à faire vacciner leurs enfants en début de campagne

0-4 ans : 41 %

5-11 ans : 63 %

12-17 ans : 82 %

Source : Institut national de santé publique du Québec

Craintes similaires

Si le nombre de parents opposés à la vaccination contre la COVID-19 augmente au fur et à mesure que l'âge de l'enfant diminue, les principales craintes demeurent les mêmes.

Parmi les raisons évoquées pour ne pas faire vacciner leurs enfants, près du quart des répondants n'y voyaient pas d'avantages et jugeaient les risques du virus minimes pour la santé de leur progéniture.

Un parent sur cinq a dit craindre les effets secondaires du vaccin. Le vaccin Spikevax de Moderna est celui qui sera administré aux enfants québécois. Le premier vaccin qu'ils recevront correspond à environ le quart d'une dose donnée aux adultes.

Plusieurs causes, selon Québec

Par écrit, le MSSS reconnaît que le nombre de rendez-vous pris est limité pour le moment. Outre l'hésitation vaccinale de façon générale et les gens en réflexion sur le sujet, Québec évoque divers facteurs pouvant expliquer la situation.

Selon le Comité d'immunisation du Québec (CIQ), de 50 à 60 % des jeunes enfants ont déjà contracté une infection aux sous-variants, rapporte une porte-parole du ministère. Plusieurs enfants admissibles à la vaccination pourraient donc avoir fait l’infection récemment et seraient ainsi forcés d'attendre les 3 mois de délai avant d’avoir leur vaccin.

Plus simplement, le MSSS soutient que plusieurs parents pourraient attendre après les vacances pour prendre un rendez-vous. Le ministère pense aussi que certains parents attendent un vaccin qu’ils considèrent comme plus adapté aux nouveaux variants qui circulent.

Une personne qui se fait vacciner.

La crainte vaccinale chez les parents varie selon l'âge des enfants.

Photo : pool/afp via getty images / CARLOS OSORIO

Il n'en demeure pas moins que la vaccination est jugée sécuritaire et qu'elle est recommandée afin de prévenir les complications chez votre enfant en cas d'infection à la COVID-19, précise le MSSS.

Sur la protection naturelle après avoir contracté le virus, le CIQ souligne également qu'une immunisation hybride (infection et vaccin) protège mieux que l'immunité acquise seule.

Quant aux parents inquiets, Québec les invite à parler avec un professionnel de la santé [s'ils ont] des questions et à consulter des sources fiables d'information.

Depuis le début de la pandémie, un peu plus de 1600 enfants de 0-9 ans ont été hospitalisés en raison de la COVID-19. Deux décès ont été attribués au virus.

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