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Les nouvelles règles pour les poussettes dans les autobus de Winnipeg font des mécontents

Le nouveau règlement vise à assurer que les personnes ayant un handicap aient une place dans les autobus.

Rae Metcalfe, portant une casquette et des lunettes.

Rae Metcalfe utilise le transport en commun de Winnipeg avec son bébé et sa fille de 4 ans en situation de handicap, installés dans une double poussette.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

À compter de cet automne, les usagers des autobus de la Winnipeg Transit qui se déplacent avec une poussette devront être en mesure de la plier et de se déplacer vers l'arrière si une personne à mobilité réduite rentre dans le véhicule.

Cette nouvelle mesure a suscité énormément de débats sur les réseaux sociaux. Dans un groupe Facebook d'utilisateurs des transports publics à Winnipeg, de nombreux parents ont exprimé leur mécontentement.

Parmi eux, Rae Metcalfe, parent d'un bébé et d'une fillette de 4 ans ayant un handicap, utilise une poussette double, qui permet de transporter tout ce dont les enfants ont besoin pour la journée.

Avec ce nouveau règlement, Rae Metcalfe se demande comment gérer sa situation si une place doit être libérée, alors que plier sa poussette ne se fait pas rapidement.

« Cette mesure n’est pas réaliste. Cela va être très difficile pour les parents qui ont un ou plusieurs enfants de circuler avec des transports en commun censés être accessibles pour tous. »

— Une citation de  Rae Metcalfe, parent d'un bébé et d'une fille de 4 ans

Rae Metcalfe doit retirer et déplacer le siège, demander à sa fillette de s'installer ailleurs, trouver un nouvel espace pour le sac à couche et, finalement, plier la poussette, qui pèse 50 livres, et qui prend autant d'espace une fois pliée.

Rae Metcalfe craint pour la sécurité de ses enfants si jamais un chauffeur reprend trop rapidement la route : Les autobus doivent freiner et tourner brusquement. En cas d'accident, la place la plus sécuritaire pour l'enfant est dans un siège pour enfant, dans une poussette conçue pour absorber l'impact.

Quant aux poussettes facilement rétractables, elles ne sont pas recommandées pour tous les âges.

Rae Metcalfe dit comprendre les difficultés que vivent les usagers prioritaires en situation de handicap et pense qu’il faudrait repenser la disposition de l'intérieur des autobus pour que plus de personnes ayant des réalités différentes puissent les utiliser en toute sécurité.

Il faudrait un système qui mette tout le monde sur un pied d’égalité, estime Rae Metcalfe.

Des règles attendues

Par courriel, la Ville rappelle que la politique a été adoptée l'an dernier.

Les sièges prioritaires doivent être libérés s'ils sont requis par une personne à mobilité réduite. Or ces espaces peuvent être utilisés par des poussettes, s'ils ne sont pas requis par une personne à mobilité réduite , précise-t-elle.

La Winnipeg Transit ajoute que les chauffeurs peuvent intervenir si un passager refuse de libérer les places prioritaires, mais que les passagers ne sont pas tenus de quitter le véhicule de transport pour s'adapter aux passagers présentant un handicap.

Ce nouveau règlement était demandé depuis plusieurs années par le Centre des ressources pour la vie autonome. Le consultant du centre, Patrick Stewart, estime que cette mesure va faciliter la vie des usagers à mobilité réduite de la Winnipeg Transit.

Un bus de Winnipeg Transit affiche un message promouvant le respect de la distance sociale.

Cette nouvelle mesure concerne les sièges prioritaires ainsi que ceux situés près des portes des autobus.

Photo : Radio-Canada / Dana Hatherly

Avant, c'était la politique du premier arrivé, premier servi, dit-il. Les passagers en situation de handicap devaient attendre les prochains autobus, faute de place. C'était le cas de plusieurs passagers en fauteuil roulant, par exemple, qui se faisaient doubler, explique Patrick Stewart.

Le consultant dit cependant comprendre l’inquiétude des parents. On ne demandera à aucun passager de quitter l'autobus pour laisser la place à une personne en situation de handicap, le règlement est clair là-dessus.

Patrick Stewart rappelle que ce ne sera pas aux chauffeurs d'autobus de faire respecter ce nouveau règlement. Les usagers devront de leur côté faire preuve de civisme.

En plus des poussettes, il y aura également des limites pour la taille des poussettes, des fauteuils roulants et des triporteurs. Après trois mois de campagne d’information publique, le nouveau règlement entrera en vigueur le 5 octobre, précise la Ville.

Avec les informations d'Alexia Bille

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