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De plus en plus d’animaux sauvages en détresse, conséquence de la crise climatique?

Un faucon Merlin dans un local.

Ne pouvant pas voler, ce faucon Merlin a été retrouvé la semaine dernière avec une plaie à l’épaule. Les vétérinaires ont procédé à une opération d'urgence pour extraire une balle de fusil. Aujourd’hui, il reprend des forces et devrait être prêt à retourner dans la nature dans deux semaines.

Photo : Facebook : Wildlife Haven Rehabilitation Centre

La directrice générale du centre de réhabilitation pour animaux Wildlife Haven, Zoé Nakata, s’inquiète des conséquences des changements climatiques sur les animaux sauvages.

Le nombre d'animaux accueillis par le centre situé à Île-des-Chênes, au Manitoba, est en forte augmentation depuis deux ans.

Selon Zoé Nakata, en 2021, le refuge a soigné 3123 animaux, alors qu'en 2020 celui-ci a accueilli et soigné près 1400 animaux sauvages.

Zoé Nakata, derrière un bureau.

Zoé Nakata, directrice générale du centre de réhabilitation pour animaux Wildlife Haven.

Photo : Zoé Nakata

En date du 27 juillet, l’hôpital a traité un total de 1400 animaux, dont 250 sont actuellement toujours en rémission.

Depuis quelques années, Mme Nakata dit observer une corrélation entre la vitesse du vent de plus en forte et le nombre de bébés animaux blessés. On a beaucoup de petits oiseaux, hiboux, aigles qui se blessent quand ils tombent de leurs nids après de grosses tempêtes. Les températures extrêmes, froides ou chaudes, peuvent aussi, selon elle, avoir de graves conséquences sur la faune.

On cherche à voir si on peut faire une étude scientifique pour déterminer si c’est vraiment le cas ou si c’est qu’une simple observation, reconnaît-elle.

Un banc est posé sur un affleurement rocheux au-dessus d'une petire rivière.

Zoé Nakata soutient que la pandémie aurait aussi accentué les interactions entre les humains et la faune. Avec les Manitobains qui se prêtent de plus en plus aux activités extérieures, comme la randonnée et le camping, la probabilité de croiser des animaux sauvages en détresse est plus grande qu’à l’habitude.

Photo : Kenza Zaoui

D’ailleurs, Zoé Nakata aimerait que l'organisme aille dans cette direction, mais le manque de ressources ne permet pas de mettre sur pied des recherches scientifiques pour l’instant.

Pression humaine sur les habitats naturels

L’ornithologue et naturaliste-chroniqueur Alain Clavette va plus loin. Pour moi, c’est clair. Ce qu’on voit comme situation actuellement, c’est directement lié avec une pression sur l’habitat de ces animaux, dit-il fermement.

Selon lui, le développement urbain qui s’accroît un peu partout au Canada détruit les habitats sauvages. Évidemment, ça met une pression sur la faune, qui doit se procurer de la nourriture et se trouver des abris. Elle doit prendre des risques, mentionne-t-il.

Il croit que les gouvernements devraient se concentrer davantage sur la préservation des habitats naturels. Il suggère ainsi de recycler les zones urbaines qui existent déjà afin de permettre aux animaux de jouir de leurs habitats.

D’après lui, les parcs nationaux ne suffisent pas à préserver la faune et la flore puisque la fréquentation humaine peut créer une influence négative sur ces êtres vivants.

« Ce dont on a vraiment besoin, ce sont des habitats sauvages, non touchés, non exploités. »

— Une citation de  Alain Clavette, ornithologue

Un manque de ressource pour le refuge

Étant un organisme à but non lucratif, le centre de réhabilitation Wildlife Haven dépend de dons d’individus et d’entreprises privées pour ses opérations. On ne reçoit pas de financement des gouvernements, ajoute Zoé Nakata.

Chaque année, au milieu de l’été, on a beaucoup de patients sur le campus en raison de la migration et des naissances de plusieurs animaux sur le territoire, explique Zoé Nakata. Deux cent cinquante animaux représentent beaucoup de travail pour notre équipe.

Le coût pour le traitement de chaque patient du refuge est en moyenne de 500 dollars, explique la directrice.

Les défis sont nombreux pour le centre. En plus d’un manque de personnels et de bénévoles, celui-ci a grandement besoin de matériels pour soigner et entretenir les animaux qu’il reçoit régulièrement.

On essaie d’être créatif et de voir ce qui se passe dans d’autres centres de réhabilitation pour animaux. Par exemple, on utilise d’autres sortes de bandages moins dispendieux pour soigner les tortues.

Le refuge fait affaire avec une centaine d’espèces d’animaux différentes dont une douzaine sont menacées ou en voie d’extinction telles que le faucon pèlerin, le martinet ramoneur et la couleuvre à nez retroussé.

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