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Glencore promet aux employés inquiets de moderniser la Fonderie Horne

Les travailleurs convoqués à une rencontre ont appris que la compagnie investira 1,5 milliard de dollars sur 10 ans.

Vue des tuyaux surplombant la fonderie.

Les installations de la Fonderie Horne à Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent-Bouchard

En pleine tempête médiatique à cause de la pollution de sa Fonderie Horne à Rouyn-Noranda, la multinationale Glencore a tenté de rassurer ses employés, mardi, lors d'une rencontre exceptionnelle, a appris Radio-Canada par quatre sources. L'entreprise a promis d'investir massivement pour moderniser l'usine, pourvu que cessent les menaces de fermeture.

Selon nos informations, les employés présents au Centre des congrès de Rouyn-Noranda ont appris que l'entreprise compte investir 1,5 milliard de dollars dans la fonderie de cuivre, d'ici 2032.

Bon an mal an, la Fonderie Horne investit déjà 70 millions dans ses installations, soit 700 millions sur 10 ans. La compagnie serait donc prête à investir un montant supplémentaire.

Selon nos sources, l'entreprise a confirmé à ses employés que 500 millions seront consacrés uniquement à la réduction des émissions polluantes, notamment l'arsenic.

Le projet déjà lancé Velox/Phenix est estimé à 200 millions de dollars. Ce sont donc 300 millions supplémentaires qui sont prévus pour réduire encore plus les émanations de métaux lourds et de particules.

L'intérieur d'une section actuelle de la Fonderie Horne

Le projet Velox vise notamment à réduire la génération d’émissions fugitives lors de la production du cuivre.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Ouellette

Le montant de 1,5 milliard de dollars inclut aussi l'entretien des installations.

Glencore a refusé de commenter les discussions qu'elle a pu avoir avec ses employés.

Pas d'investissement en cas de menace de fermeture

Selon nos sources, la compagnie a expliqué aux employés qu'aucun dollar supplémentaire ne sera dépensé si une menace de fermeture plane au-dessus de la fonderie.

Le premier ministre du Québec a rappelé à plusieurs reprises qu'il n'hésitera pas à fermer l'usine si elle ne diminue pas, de façon importante, ses émissions de métaux lourds.

Le bureau de François Legault a encore une fois fait planer la menace mardi. Le gouvernement a confirmé avoir rejeté une proposition jugée insuffisante de la fonderie pour réduire ses émissions polluantes.

Dans le même temps, le gouvernement n'a pas exclu d'aider financièrement l'usine à modifier ses procédés, mais en assumant seulement une part minoritaire de la facture.

Des employés inquiets

Selon nos informations, les travailleurs de la Fonderie Horne sont préoccupés par les récentes études et révélations au sujet de leur usine.

Certains sont inquiets des menaces de fermeture. D'autres sont inquiets des impacts des émissions polluantes sur la santé et, enfin, d'autres sont fatigués des commentaires négatifs de leurs voisins ou amis, au sujet de leur employeur.

L'usine emploie 650 travailleurs, payés plus de 106 000 $ en moyenne par année.

Le président du Syndicat des travailleurs de la Mine Noranda (STMN–CSN), Stéphane Larente, a commenté la rencontre des employés, à l'émission Des matins en or.

Importance stratégique du cuivre pour le Québec et le Canada

La Fonderie Horne est la seule et dernière fonderie de cuivre au Canada. Le cuivre est essentiel pour le transport de l'électricité, les appareils électroniques, les voitures électriques ou encore les bâtiments.

Câbles de cuivre enroulés déposés au sol.

Le cuivre est essentiel pour l’électrification des transports.

Photo : iStock / FactoryTh

Les anodes de cuivre fabriquées à Rouyn-Noranda sont purifiées à l'affinerie CCR de Montréal-Est. En cas de fermeture, c'est toute une chaîne industrielle qui se briserait.

Selon une étude d'impact économique réalisée en décembre 2019 par la firme Aviseo, les activités québécoises de la fonderie génèrent 498 millions de dollars au Québec et 1,1 milliard dans le reste du Canada, chaque année.

La Fonderie Horne compte 429 fournisseurs différents en Abitibi-Témiscamingue et soutient 1400 emplois dans la région.

Négociations en cours avec Québec

Depuis 2021, la Fonderie Horne a le droit d'émettre un maximum de 100 nanogrammes d'arsenic par mètre cube dans l'air, soit 33 fois la norme québécoise (3 ng/m³). Et elle respecte ce plafond, puisqu'elle a émis une moyenne de 87 ng/m³, l'an dernier. Mais des négociations sont en cours pour lui imposer une limite beaucoup plus sévère.

Notre objectif n’est pas d’en arriver à la fermeture de l’entreprise, mais bien de travailler avec celle-ci, le ministère de l’Environnement, la santé publique et toutes les instances concernées, pour établir une nouvelle norme qui sera acceptable, tant au niveau de la santé de la population, que de l’environnement, a déclaré, jeudi, le bureau du premier ministre François Legault.

« L’heure est venue pour l’entreprise de prendre ses responsabilités et de réduire considérablement ses émanations. »

— Une citation de  Déclaration du bureau du premier ministre François Legault, jeudi

C'est le ministère de l'Environnement qui déterminera le nouveau plafond. Sans attendre de connaître sa nouvelle limite, la fonderie prépare un plan d'action pour réduire ses émissions, qui sera dévoilé au mois d'août.

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