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Les excuses du pape ne reconnaissent pas le rôle de l’Église, selon Murray Sinclair

Le pape n'a pas répondu à l'appel à l'action 58 du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation, affirme son ancien président.

Murray Sinclair.

Murray Sinclair a présidé la Commission de vérité et réconciliation de 2009 à 2015 avant de siéger au Sénat du Canada. Il a pris sa retraite en janvier 2021.

Photo : (Tyson Koschik/CBC)

Radio-Canada

Celui qui a présidé la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR), Murray Sinclair, estime que les excuses du pape François présentent une faille immense en jetant le blâme des pensionnats pour Autochtones sur des individus membres de l’Église et non pas sur l’institution elle-même.

C'était plus que l'œuvre de quelques mauvais acteurs, c'était un effort institutionnel concerté pour retirer les enfants de leurs familles et de leurs cultures, tout cela au nom de la suprématie chrétienne, affirme Murray Sinclair.

Il ajoute que les excuses historiques, bien que significatives pour de nombreux survivants des pensionnats et leurs familles, ne répondent pas à l'appel à l'action 58 du rapport final de la CVR.

Celui-ci demandait spécifiquement au pape de présenter des excuses pour le rôle de l'Église catholique romaine dans les violences spirituelles, culturelles, émotionnelles, physiques et sexuelles des enfants des Premières Nations, Inuit et Métis dans les pensionnats administrés par l'Église catholique.

Lundi, le pape François a présenté ses excuses sur le site de l'ancien pensionnat d'Ermineskin, en Alberta, l'un des plus grands du Canada, alors qu'il entamait ce qu'il a appelé son pèlerinage pénitentiel.

Je demande pardon, en particulier, pour la manière dont de nombreux membres de l'Église et des communautés religieuses ont coopéré, même à travers l’indifférence, à ces projets de destruction culturelle et d'assimilation forcée des gouvernements de l'époque, qui ont abouti au système des pensionnats, a alors déclaré le souverain pontife.

Le pape se recueille devant les tombes d'un cimetière.

Avant ses excuses, le pape François a prié en silence, devant les tombes du cimetière d’Ermineskin, en Alberta, site de l'un des plus grands anciens pensionnats du Canada.

Photo : Reuters / GUGLIELMO MANGIAPANE

Murray Sinclair, qui a siégé au Sénat du Canada après avoir présidé la CVR, estime important de souligner que l’Église catholique romaine n'était pas seulement un agent de l'État, mais une coauteure principale des chapitres les plus sombres de l'histoire du pays qui hante encore de nombreux Autochtones.

Selon Murray Sinclair, les dirigeants catholiques étaient animés par la doctrine de la découverte, un édit papal du 15e siècle, qui justifiait l'expansion coloniale en permettant aux Européens de s'approprier les terres autochtones.

Toujours d’après lui, cette doctrine et d’autres croyances et politiques de l’Église auraient permis au gouvernement du Canada d'aller plus loin dans son travail pour commettre ce que la CVR a appelé le génocide culturel perpétré à l'encontre des peuples autochtones du Canada.

« Il s'agissait souvent non seulement d'une collaboration, mais d'une instigation de l’Église. »

— Une citation de  Murray Sinclair, ancien président de la Commission de vérité et réconciliation du Canada et sénateur à la retraite

Il y a des exemples clairs dans notre histoire où l'Église a demandé au gouvernement du Canada d'être plus entreprenant et audacieux dans son travail de destruction de la culture, des pratiques traditionnelles et des croyances autochtones, ajoute Murray Sinclair.

Le temps de l'action

Selon Murray Sinclair, la réconciliation nécessite des actions, et l'Église catholique doit s'efforcer d'aider à restaurer la culture, les croyances et les traditions détruites par l'assimilation.

« Pour les survivants et leurs descendants, il ne suffit pas d'avoir cessé les violences. L'Église doit les aider à se rétablir, et s'engager à ne plus jamais faire cela. »

— Une citation de  Murray Sinclair, ancien président de la Commission de vérité et réconciliation du Canada et sénateur à la retraite

Le pape poursuivra son pèlerinage tout au long de la semaine pour rencontrer des survivants des Premières Nations, des Métis et des Inuit au Québec et au Nunavut. L’ancien sénateur espère que le souverain pontife prendra ses paroles à cœur.

Avec les informations de Rachel Bergen

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