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Le centre de sevrage de Sault-Sainte-Marie ouvrira d’ici le printemps 2023

L'intérieur d'un édifice industriel en rénovation.

La rénovation de l'édifice dans lequel se trouve le centre est commencée depuis quelques mois.

Photo : Gracieuseté : Hôpital de Sault-Sainte-Marie

Chris St-Pierre

La construction d’un nouveau centre de sevrage près de l’hôpital de Sault-Sainte-Marie avance rapidement. D’après l'entreprise responsable d’ériger l’édifice, le projet de 20 millions $ sera terminé à 90 % d’ici la fin de 2022.

À moins d’un imprévu, dont des retards provoqués par la COVID-19, nous avons l’intention d’ouvrir le centre autour de la fin mars jusqu’à la mi-avril [l’année prochaine], affirme le président de SalDan Construction, Sam Biasucci. L'hôpital s'était donné un an pour l'ouvrir en juillet 2021.

Tout comme l’hôpital, M. Biasucci travaille à la finalisation du centre depuis plus de neuf ans et dit enfin être à la ligne d’arrivée

Croquis d'une salle.

Un croquis d'une salle du nouveau centre de sevrage de Sault-Sainte-Marie.

Photo : Gracieuseté : Hôpital de Sault-Sainte-Marie

Au fil des années, le projet a reçu de l’appui du gouvernement provincial et de la communauté. Algoma Steel a notamment versé 1 million $ à la fondation de l’hôpital mardi dernier afin d’y contribuer.

Une fois que le centre ouvrira ses portes donnant sur la rue Old Garden River, l’hôpital sera en mesure d’y offrir des suivis médicaux, des services de thérapies et différents services de réduction des méfaits. Ce service viendra en aide aux nombreux organismes de toxicomanie de la région d’Algoma, qui font face à une augmentation aiguë du nombre de décès liés aux opioïdes.

L’importance de l’accès aux traitements

Le Nord de l’Ontario, qui est considéré comme l’une des régions les plus touchées par la crise d’opioïdes en province. De 2019 à 2021, les visites à l’urgence ont pratiquement doublé dans le district de Santé publique Algoma, passant de 129 à 256. Quant aux morts, le total recensé est passé à 17 en 2019 à presque 60 en 2021 d’après des données préliminaires.

La dépendance au fentanyl est horrible. Le sevrage est horrible. Les gens ont de la misère à arrêter de consommer cette drogue-là. Ils ont besoin d’appui et de médicaments pour être capables d’arrêter, souligne la médecin à l’hôpital de Timmins et District, Dre Julie Samson, qui se spécialise en toxicomanie et en troubles de dépendance.

Julie Samson en visioconférence

La Dre Julie Samson souligne que «les centres diminuent les taux de mortalité de 35 % et qu'une personne sur quatre jusqu’à une sur cinq qui utilise les centres de consommation obtienne des traitements».

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran

Selon elle, la crise a atteint les banlieues et les communautés en région du Nord.

Pour bien des gens à la recherche de soutien, il est parfois trop dispendieux de se déplacer pour en obtenir. Kylie Greco, native de Sault-Sainte-Marie, lutte avec des problèmes de dépendance depuis 2012.

Elle n’a pas consommé depuis plus de deux ans et demi, mais elle a dû se déplacer à Sudbury pour obtenir des services de désintox à un centre de sevrage. D’après elle, la venue de ce centre aurait dû avoir lieu plus tôt.

« J’ai vu plein de personnes de mon âge, plus vieilles et plus jeunes que moi mourir alors qu’elles voulaient obtenir des traitements. Par le temps que ce soit à leur tour, ils n’avaient pas les moyens pour s’y rendre. »

— Une citation de  Kylie Greco, ancienne consommatrice

Malgré tout, elle reconnaît le bien que la construction de ce centre offrira à ses proches et amies dans le besoin.

Une place comme celle-ci nous aidera à être en sécurité et où nous devons être puisque nous ne voulons pas souffrir au quotidien, affirme-t-elle.

Une réalité toujours mal perçue

Dre Samson critique la stigmatisation des services de toxicomanie et de dépendance comme le centre d’injection supervisée et les centres de sevrage puisque, selon elle, ces démarches ne seraient pas nécessaires si c’était pour un centre de cancer.

Mais parce que c’est un centre qui aide des gens vulnérables, qui sont atteints d’une dépendance, c’est toute une autre histoire, affirme la médecin de famille.

Dre Samson souligne que la majorité des individus ayant recours à des services de sevrage sont sans-abri, ce qui d’après elle justifierait un soutien supplémentaire.

On les aide avec leur dépendance et par la suite on les remet dans la rue. Ça les met à risque de recommencer le cycle vicieux. Il faut des services de transition pour ces gens-là, réclame-t-elle.

Mme Greco est de l’avis que les nouveaux centres doivent s’assurer d’avoir du personnel qualifié et sensible aux réalités des gens qui y entre pour obtenir de l’aide.

Ça prend des gens qui ont vécu ça pour faire en sorte que nous ne nous sentions pas pris. C’est difficile de s’ouvrir à quelqu’un qui pense savoir ce que c’est avoir un problème de dépendance, explique-t-elle.

Les défis d’établir des services

Depuis quelques années, Dre Samson et sa collègue Dre Louisa Marion-Bellemare contribuent à la lutte contre la crise d’opioïdes à Timmins. Cependant, plusieurs obstacles bureaucratiques ralentissent l’avancement de leurs projets et ceux des autres communautés nord-ontariennes.

« Le grand problème, c’est d’avoir l’exemption fédérale. C’est un processus qui prend deux à trois ans. Il faut faire des études qui vont au-delà de la communauté, au-delà des gens qui sont atteints de dépendance, et ensuite faire une étude pour prouver que c’est un service qui répond à un besoin. On sait que c’est un besoin! »

— Une citation de  Dre Julie Samson, médecin spécialisée en toxicomanie et troubles de dépendance

La Ville de Timmins a financé pour un an un centre de consommation supervisée, qui a ouvert ses portes le 4 juillet dernier, en attendant qu’il obtienne de l’aide provinciale et fédérale. Dre Samson indique que ça fait deux ans que cette ouverture est attendue.

Dre Samson souligne que ça prend aussi un certain appui de la communauté médicale pour lancer de tels programmes. D’après elle, il faut tous se mettre ensemble pour aider ces gens qui sont vulnérables et marginalisés.

Avec les informations d'Aya Dufour

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