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L’application ArriveCAN irrite toujours des utilisateurs malgré un correctif

Une main tient une page montrant l'application ArriveCAN.

Toute personne qui traverse la frontière canado-americaine doit faire ses formalités en ligne avec l'application ArriveCAN.

Photo : RADIO-CANADA / JEAN-CLAUDE TALIANA

La Presse canadienne

Des experts en technologie et en médecine, ainsi que des voyageurs, continuent de réclamer l'abandon de l'application ArriveCAN, même après que le gouvernement fédéral a corrigé un problème technique qui a demandé à certains utilisateurs de se placer inutilement en quarantaine.

Même si le problème a été corrigé mercredi dernier, les plateformes de médias sociaux regorgent de messages de passagers se plaignant que l'application ne soit pas conviviale dans son ensemble.

Le syndicat représentant les agents des services frontaliers estime qu'environ 30 % des personnes qui traversent la frontière n'ont pas rempli leur document dans l'application, ce qui prolonge les délais de traitement des voyageurs au cours de ce qui se révèle être une saison de voyage chaotique.

Nous manquons tellement de personnel et passons tellement de temps à gérer cette application que nous n'avons vraiment plus le temps de faire notre réel travail, a noté Mark Weber, président du Syndicat des douanes et de l'immigration, lors d'une entrevue.

Des gens font la file avec leurs bagages pour passer le contrôle frontalier.

Des voyageurs attendent de passer les douanes à l'aéroport Montréal-Trudeau.

Photo : afp via getty images / DANIEL SLIM

L'application a également perdu son utilité en tant que moyen de protéger la santé publique, a estimé le Dr Andrew Morris, professeur de maladies infectieuses à l'Université de Toronto.

Je n'ai vraiment aucune idée de la raison pour laquelle nous devrions continuer à l'utiliser comme nous le faisons actuellement. Cela me semble représenter beaucoup d'efforts, de travail et, pour être honnête, d'inconvénients pour de nombreuses personnes, en échange de très peu d'avantages, a-t-il observé lors d'une entrevue.

M. Morris a également remis en question l'intérêt de confirmer que les participants sont vaccinés lorsque nous ne nous assurons même pas vraiment que leurs vaccinations sont à jour, lorsque la définition fédérale d'être entièrement vacciné n'inclut pas trois vaccins ou un vaccin au cours des, disons, cinq ou six derniers mois.

ArriveCAN sera utilisée après la pandémie

Lancée en novembre 2020, l'application ArriveCAN visait à réduire la propagation de la COVID-19 en veillant à ce que les arrivants soient doublement vaccinés et à faciliter la recherche des contacts, avec le bonus potentiel d'un traitement plus rapide à la frontière.

L'application n'était initialement obligatoire que pour les voyageurs aériens entrant au Canada, mais elle est devenue une exigence pour tous les passages frontaliers en février 2021. Les voyageurs canadiens et internationaux doivent toujours soumettre des informations, y compris une preuve de vaccination, les dates de voyage et les coordonnées dans les 72 heures précédant l'arrivée au pays.

Le gouvernement a annoncé le mois dernier que l'application serait obligatoire au moins jusqu'au 30 septembre, et le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, a précisé qu'elle survivrait à la pandémie dans le cadre d'une stratégie de modernisation visant à réduire les goulots d'étranglement aux frontières.

Pendant ce temps, les tests aléatoires, qui sont communiqués par l'entremise des courriels associés aux utilisateurs d'ArriveCAN, ont repris dans les quatre plus grands aéroports du pays mardi dernier, à peine cinq semaines après avoir été mis sur pause, le 11 juin.

Collecte de données controversée

Bianca Wylie, experte en technologie et partenaire de la firme Digital Public, affirme qu'un manque de surveillance et de responsabilité nuit à l'application – qui contient des informations sensibles – et juge que l'utilisation de la plateforme ArriveCAN devrait être volontaire.

« Vous dites aux gens que vous devez utiliser cette application, alors que nous savons qu'il y a des gens qui ne sont pas à l'aise avec une application comme celle-ci et qui n'ont peut-être pas la technologie requise. »

— Une citation de  Bianca Wylie, experte en technologie et partenaire de la firme Digital Public

Le code [de l'application] est fermé. Nous ne savons pas comment cela fonctionne. Il n'y a pas de conseil consultatif, il n'y a pas de surveillance [...] il n'y a pas eu d'audit.

La Loi sur la mise en quarantaine autorise la collecte de données, mais ne spécifie nulle part l'utilisation d'une technologie particulière, a indiqué Mme Wylie.

L'application a été conçue par l'Agence des services frontaliers du Canada et cinq entreprises qui n'ont pas eu à participer à un processus d'appel d'offres en raison de contrats préexistants avec le gouvernement.

L'agence fédérale a précisé avoir dépensé 24,7 millions de dollars pour développer et maintenir ArriveCAN, en plus de 2,2 millions pour la publicité.

Moderniser notre frontière

À la suite d’une récente mise à jour, les passagers arrivant à Pearson, à Toronto, et à l'aéroport de Vancouver peuvent désormais remplir leurs formulaires de déclaration avant d'atterrir au Canada – Montréal fera de même à partir de jeudi – dans le cadre du plan de M. Mendicino visant à moderniser notre frontière et à réduire les files d'attente.

Marco Mendicino parle aux Communes.

Marco Mendicino est le ministre fédéral de la Sécurité publique.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Selon Transports Canada, les voyageurs qui passent par les centaines de kiosques automatisés dans les zones douanières des quatre plus grands aéroports et qui utilisent l'application gagnent 40 secondes sur une interaction de deux minutes.

En raison des milliers de voyageurs qui passent par l'aéroport international Toronto Pearson et qui utilisent la fonction optionnelle de Déclaration de l'ASFC faite à l'avance dans ArriveCAN, cela peut permettre de gagner des heures de traitement chaque jour, a assuré le ministère dans un communiqué, plus tôt ce mois-ci.

ArriveCAN est utilisé avec succès par plus de 99 % des passagers aériens internationaux et 89 % des voyageurs terrestres, selon le ministère de la Sécurité publique.

Mark Weber, qui dirige le syndicat représentant les agents des services frontaliers, précise qu'il s'agit là des taux de succès après avoir aidé le voyageur à le remplir ou avoir terminé de le remplir pour le voyageur.

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