•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des fossiles de libellule témoignent du monde d’il y a 50 millions d’années

Image d'une aile de libellule fossilisée.

Une aile de libellule fossilisée découverte par Beverly Burlingame, une amatrice de paléontologie, lors d'une randonnée dans la région de Princeton, en Colombie-Britannique.

Photo : Bruce Archibald

Des chercheurs de la Colombie-Britannique ont identifié des fossiles de libellule dans la région de Princeton, dans la vallée de l’Okanagan, dont un qui provient d’une nouvelle espèce d'insectes disparus il y a des millions d'années.

Le paléontologue Bruce Archibald, du Musée Beaty de la biodiversité de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC), et l'entomologiste émérite du Musée royal de la Colombie-Britannique Robert Cannings ont publié la découverte dans le journal scientifique The Canadian Entomologist le 21 juin dernier.

À l’époque d’où proviennent ces fossiles, la planète commençait à ressembler à celle que nous connaissons aujourd’hui. Les dinosaures avaient disparu environ 15 millions d’années plus tôt. Ces fossiles d’insectes ajoutent des morceaux au casse-tête, affirme Bruce Archibald.

« On observe la création du monde dans sa forme moderne, ce qui est extrêmement excitant. »

— Une citation de  Bruce Archibald, paléontologue, Musée Beaty de la biodiversité de l'Université de la Colombie-Britannique

Son équipe a identifié deux espèces de libellules, dont une qui existe encore de nos jours, et une autre qui a disparu il y a bien longtemps. Vous ne seriez pas du tout étonnés de voir l’une d’entre elles dans votre cour arrière. Mais l’autre a disparu et étonnerait un entomologiste, s'exclame-t-il.

Cette deuxième espèce appartient à un sous-groupe d’insectes, nommé céphalozygoptère, qu’une équipe de Bruce Archibald a découvert l’an dernier.

La paléontologie citoyenne aux portes de la découverte

Ce sont deux collectionneuses amatrices, Beverly Burlingame et Kathy Simpkins, qui, au cours d'une randonnée près de Princeton, sont tombées sur ces fossiles qui sont probablement la découverte de l’année, selon Bruce Archibald.

Portrait de Kathy Simpkins et de Beverly Burlingame.

Kathy Simpkins (à gauche), responsable des collections de fossiles au musée de Princeton, et Beverly Burlingame (à droite), collectionneuse, ont découvert les nouveaux fossiles de libellule, alors qu'elles faisaient une randonnée. Au fil des ans, elles ont découvert plusieurs fossiles d'importance scientifique dans la région de Princeton.

Photo : Kathy Simpkins

Kathy Simpkins est responsable bénévole des collections de fossiles au musée de Princeton. J’adore me promener dans la nature, et c’est absolument palpitant d’être la première personne à voir les vestiges d'une créature qui a vécu il y a des millions d’années, dit-elle.

« C’est fascinant que les ailes, ou les poils sur les pattes d’un insecte, si minuscules, frêles et délicates, puissent être préservés par la terre, alors qu’elle peut être à la fois si violente. »

— Une citation de  Kathy Simpkins, responsable des collections de fossiles au musée de Princeton

En fait, ce sont souvent des particuliers passionnés de paléontologie qui font des trouvailles importantes, comme l'explique Bruce Archibald. Sur la centaine d’espèces anciennes qu’il a aidé à découvrir au fil de sa carrière, un grand nombre portent dorénavant le nom des collectionneurs qui les ont débusquées aux quatre coins de la province.

C’est également le cas de cette nouvelle espèce de libellules, qui portera le nom d'Allenbya holmesae, en l’honneur de la mère de Beverly Burlingame, Dorothy Holmes, qui a légué son amour des fossiles à sa fille. Le nom d'Allenbya renvoie à la formation géographique de la région.

Un environnement riche où règnent les contrastes

L’image de l’intérieur de la Colombie-Britannique que ces trouvailles aident à dépeindre est faite de contrastes, selon Bruce Archibald.

Il explique que des espèces associées avec des zones tropicales, comme des palmiers, en côtoyaient d’autres, comme des épicéas, que l’on associe à des zones fraîches. Le climat de l’époque, influencé par un taux élevé de carbone dans l’atmosphère, permettait ce mélange, puisque les températures étaient modérées, sans grande chaleur ni gel.

Bruce Archibald explique que c’était également une époque où des espèces modernes côtoyaient des espèces désormais disparues. Or, la distribution de fossiles reflète la position des continents à l’époque. On aurait pu passer des forêts de la Colombie-Britannique jusqu’à Copenhague, au Danemark, ou Vladivostok, en Russie, sans se mouiller les pieds.

George Mercer Dawson, vêtu d'un costume noir et blanc.

George Mercer Dawson, l'un des pionniers de la recherche de fossiles en Colombie-Britannique.

Photo :  Commission géologique du Canada

Il ne s'agit pas des premières découvertes dans la région de Princeton. En 1877, George Mercer Dawson, de la Commission géologique du Canada, a découvert des fossiles d’insectes sur les rives de la rivière Similkameen.

Comme il n’y avait aucun expert en fossiles d’insectes au Canada à l’époque, ces derniers ont été envoyés à l’Université Harvard, au Massachusetts, et au Musée d’histoire naturelle de Vienne, où on les a décrits dans des publications scientifiques. La région a connu plusieurs autres découvertes par la suite, mais on n’a jamais trouvé de libellules.

Les découvertes sont aussi loin d’être terminées. Kathy Simpkins et Beverly Burlingame ont déjà trouvé plusieurs autres spécimens importants, que Bruce Archibald entend documenter dans les prochaines années.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !