•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Dons en argent à la caisse : qui bénéficie des avantages fiscaux?

Des clients à la caisse d'une épicerie.

De nombreux consommateurs canadiens sont sollicités pour des dons à des organisations caritatives lorsqu'ils passent à la caisse d'épiceries et d'autres commerces.

Photo : Shutterstock

Radio-Canada

En 2021, grâce aux dons faits aux caisses, les chaînes d'épiceries Metro et Calgary Co-op ont récolté plus de 5,5 millions de dollars au bénéfice d’organismes de bienfaisance au Canada. Ce qui peut surprendre, c'est que ni les clients ni les détaillants ne jouissent d’un avantage fiscal pour ce type de don.

Par contre, ce geste presque anodin fait à la demande du caissier au moment de payer une facture d’épicerie permet aux organismes de bienfaisance de toucher beaucoup d'argent et aux détaillants de redorer leur image de marque.

Davantage de dons et moins de coûts

Certains organismes sans but lucratif affirment que le recours aux détaillants pour recueillir des dons en argent à la caisse présente de grands avantages en plus de leur permettre de réaliser des économies considérables.

C'est le moyen le moins coûteux pour les organismes de bienfaisance de collecter des fonds, a expliqué Gena Rotstein, directrice de Karma & Cents, un cabinet-conseil en philanthropie établi à Calgary, à l'émission The Cost of Living de CBC Radio.

« Ils ne remettent pas de reçus fiscaux, ils ne recherchent pas les donateurs et ils n'écrivent pas de mots de remerciements, toutes ces choses qui coûtent de l'argent quand on amasse des fonds. »

— Une citation de  Gena Rotstein, directrice de Karma & Cents, un cabinet-conseil en philanthropie de Calgary

La collecte de fonds a un coût parfois élevé et les dons à la caisse peuvent contribuer à le réduire. Beaucoup de temps, de planification et de travail sont consacrés aux efforts de collecte de fonds plus traditionnels, par exemple le démarchage de porte à porte ou l'organisation d'un gala prestigieux.

Selon Charity Intelligence Canada, qui suit et analyse les dons des organismes de bienfaisance canadiens, les coûts des collectes de fonds représentent environ 20 % de leur budget de fonctionnement annuel.

La collecte de fonds aux points de vente ne fait pas l'objet d'un suivi national au pays, mais elle est surveillée par des organismes aux États-Unis.

Depuis les débuts de ce type de collecte de fonds, il y a environ 30 ans, plus de 4,9 milliards de dollars américains ont été recueillis aux caisses des commerces et grâce à des initiatives de ce genre.

Une caissière dans une épicerie.

Au Canada, les caissiers demandent régulièrement à leurs clients d'ajouter un ou deux dollars supplémentaires à leur facture pour appuyer des œuvres de charité choisies par les détaillants.

Photo : Getty Images / Chris Hondros

Si les détaillants n'obtiennent pas de reçus à des fins fiscales pour les dons à la caisse, ils peuvent toutefois profiter de l'image de marque positive que confère un partenariat avec des œuvres caritatives.

C'est une situation gagnante pour l'organisme de bienfaisance et pour l'entreprise, car la reconnaissance de la marque est encore plus grande au sein de la communauté, a dit Gena Rotstein.

D'ailleurs, plusieurs détaillants choisissent stratégiquement les organismes avec lesquels ils s'associent. Par exemple, a dit Mme Rotstein, Costco s'associe régulièrement avec des hôpitaux pour enfants puisque sa clientèle est majoritairement composée de familles.

Trop de pression sur le client?

Les clients qui font un don ne peuvent pas non plus déduire le montant versé de leurs revenus puisqu’aucun reçu fiscal n'est délivré.

Le client devrait faire un don directement à l'organisme de bienfaisance pour obtenir un reçu, explique Brian J. Quinlan, un comptable agréé de Toronto.

« Il ne serait pas éthique pour l'épicier de demander un reçu de charité puisqu'il ne donne pas son propre argent. »

— Une citation de  Brian J. Quinlan, comptable agréé de Toronto

C'est pourquoi Kate Bahen, observatrice du secteur caritatif, n'est pas une adepte du don aux points de vente.

J'appelle ça la retenue à la caisse, comme si on disait : ''Haut les mains! Voulez-vous donner 2 $?'' dit-elle.

« Ce n'est peut-être que 2 $, mais au bout du compte, ces 2 $ représentent des millions de dollars. »

— Une citation de  Kate Bahen, de Charity Intelligence Canada

Les Canadiens devraient donner aux organismes de bienfaisance qui leur tiennent à cœur, selon Mme Bahen, et se renseigner sur la façon dont ces organismes dépensent leur argent avant de faire un don. Il est tout à fait normal, lorsqu'on n'a aucune information sur une organisation caritative, de dire ''non, merci'' sans se sentir coupable, ajoute Mme Bahen.

D'après un reportage de Danielle Nerman, de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !