•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Variole simienne : l’OMS déclenche son plus haut niveau d’alerte

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé.

Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur de l'OMS, a affirmé que la variole simienne peut être maîtrisée.

Photo : Associated Press / Johanna Geron

Agence France-Presse

Le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a décidé de déclencher le plus haut niveau d'alerte pour tenter de juguler la flambée de variole simienne, qui touche d'abord des hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes, mais il a vigoureusement mis en garde samedi contre toute stigmatisation des malades.

J'ai décidé de déclarer une urgence de santé publique de portée internationale en ce qui concerne l'éruption de variole simienne, a annoncé le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'un point de presse, précisant que le risque dans le monde était relativement modéré, à part en Europe, où il est élevé.

Le Dr Tedros a souligné qu'à l'heure actuelle, cette flambée est concentrée parmi les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes, et en particulier ceux qui ont des partenaires multiples, ce qui veut dire qu'elle peut être stoppée avec les bonnes stratégies dans le bon groupe.

Il est essentiel que tous les pays travaillent étroitement avec les communautés d'hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes pour leur fournir assistance et informations, a insisté le patron de l'OMS.

Ces mesures doivent protéger la santé, les droits de la personne ainsi que la dignité de la communauté affectée, a souhaité le Dr Tedros.

« La stigmatisation et la discrimination peuvent être aussi dangereuses que n'importe quel virus. »

— Une citation de  Tedros Adhanom Ghebreyesus

Le traitement discriminatoire et l'hostilité infligés aux malades contaminés par le virus du sida sont présents dans tous les esprits, aussi bien chez les communautés touchées que chez les dirigeants de l'OMS, d'autant plus qu'ils font hésiter les malades à se faire soigner.

Depuis le début de mai, quand elle a été détectée en dehors des pays africains où elle est endémique, la maladie a frappé plus de 16 836 personnes dans 74 pays, selon le tableau de bord des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains en date du 22 juillet.

Washington a salué dans la décision de l'OMSun appel à l'action de la communauté internationale pour mettre fin à la propagation de ce virus.

Une réponse coordonnée, internationale est essentielle pour mettre fin à la propagation de la variole simienne, protéger les groupes les plus à risque de contracter la maladie, et lutter contre l'épidémie, a déclaré Raj Panjabi, coordinateur du bureau de la Maison-Blanche sur les pandémies, dans un communiqué.

Si les autorités sanitaires du Royaume-Uni, l'un des épicentres de la maladie, ont fait état d'une baisse du rythme de contagion, le nombre de cas augmente rapidement dans le monde.

L'épidémie de variole simienne est désormais une urgence de santé publique internationale. C'est en ces termes que le président de l'Organisation Mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé le déclenchement du plus haut niveau d'alerte de cette organisation. Jusqu'à présent, ce sont 16 000 personnes dans 75 pays qui en ont été infectées. Un nombre qui continue à croître en particulier en Europe. Reportage de Yasmine Khayat

Un Nigérian qui avait quitté la Thaïlande après être devenu le premier cas de variole simienne dans ce pays a été retrouvé samedi à Phnom Penh, au Cambodge, et emmené à l'hôpital, selon le ministère cambodgien de la Santé.

Le Dr Tedros a expliqué que le comité d'experts avait été divisé, neuf voix s'étant élevées contre une urgence de santé publique de portée internationale face à six voix en faveur d'une telle mesure. In fine, c'est lui qui a tranché.

C'est un appel à l'action, mais ce n'est pas le premier, a souligné Mike Ryan, responsable des situations d'urgence de l'OMS, qui dit espérer que cela va mener à une action collective contre la maladie.

La qualification d'urgence de santé publique de portée internationale est utilisée dans des situations graves, soudaines, inhabituelles ou inattendues.

C'est seulement la septième fois que l'OMS a recours à ce niveau d'alerte.

L'Europe particulièrement affectée

Décelée pour la première fois chez l'humain en 1970, la variole simienne est moins dangereuse et moins contagieuse que sa cousine, la variole humaine, éradiquée en 1980.

Dans la plupart des cas, les malades sont des hommes relativement jeunes qui ont des relations sexuelles avec des hommes et qui vivent essentiellement en ville, selon l'OMS.

Une étude publiée jeudi dans la revue scientifique New England Journal of Medicine, la plus vaste enquête réalisée sur le sujet, basée sur des données de 16 pays différents, confirme que, dans la vaste majorité – 95 % – des cas récents, la maladie a été transmise lors d'un contact sexuel et que 98 % des personnes touchées étaient des hommes homosexuels ou bisexuels.

Comment est-on passé d'un virus qui passait en général de l'animal à l'homme, avec une transmission humaine souvent limitée à la famille dans les pays d'Afrique de l'Ouest, où il est endémique, à une transmission dans des dizaines de pays?

Profitant d'un monde qui s'est rouvert ces derniers temps, le virus a voyagé et a réussi à s'installer dans un groupe où il peut circuler plus activement en raison des habitudes sociales (réunions fréquentes, relations sexuelles avec plusieurs partenaires, etc.), a expliqué Rosamund Lewis, principale experte de l'OMS pour la variole simienne.

Soulignant que le groupe principalement affecté est en général très actif en matière de santé et a tendance à se signaler, à se diagnostiquer et à s'entraider, elle estime que la bataille peut être gagnée.

Les autorités sanitaires américaines ont annoncé vendredi que des cas de variole simienne ont été détectés chez deux enfants, a rapporté USA Today.

L'un d'eux est un petit enfant de la Californie et l'autre un nourrisson qui n'est pas un résident américain mais qui a été testé à Washington, D.C., selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis.

Les enfants ont été décrits comme étant en bonne santé et reçoivent des soins. La façon dont ils ont contracté la maladie fait l'objet d'une enquête, mais les responsables pensent que c'est par transmission familiale.

Vendredi, l'Agence européenne des médicaments (EMA) a déclaré avoir approuvé l'utilisation d'un vaccin contre la variole humaine pour étendre son utilisation contre la propagation de la variole simienne. De fait, ce vaccin est déjà utilisé à cette fin dans plusieurs pays, dont la France.

Le vaccin Imvanex, de la société danoise Bavarian Nordic, est approuvé dans l'UE depuis 2013 pour la prévention de la variole.

L'OMS recommande de vacciner les personnes les plus à risque ainsi que les membres du personnel de la santé susceptibles d'être exposés à la maladie.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !