•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Vives réactions au départ de deux cadres de l’Université Laurentienne

img8084

Un vote visant à approuver plan d'arrangement de la Laurentienne aura lieu à la mi-septembre. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Radio-Canada

Les départs à la retraite du recteur de l’Université Laurentienne Robert Haché et de la vice-rectrice aux études Marie-Josée Berger suscitent de nombreuses réactions, autant dans la communauté qu’à Queen’s Park.

On comprend assez facilement que ce sont des démissions masquées. On avait exigé, du côté du syndicat, la démission de ces gens-là pour que le plan soit accepté, explique Thierry Bissonnette, un ancien professeur de français limogé par l’Université Laurentienne.

Il a discuté avec d’anciens collègues à propos du départ des deux cadres et remarque qu’il y a beaucoup d’amertume.

Les départs ont été annoncés jeudi soir et auront lieu dans le cadre des démarches visant à éviter la faillite de l'établissement d'enseignement. Au même moment, l'Université déposait son plan d’arrangements avec ses créanciers devant la Cour supérieure de justice de l’Ontario.

La vérificatrice générale de l’Ontario, Bonnie Lysyk, a réagi par courriel, croyant que c’est une bonne démarche à prendre qui permettra à l’Université d’avancer et se rapprocher d’une éventuelle sortie de sa protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

Nous avons hâte de travailler avec les nouveaux PDG et recteur afin de faire approuver notre rapport d'audit, et j'espère que nous aurons une relation amicale pour éviter que la Laurentienne ait à payer des avocats avec ses fonds pour nous affronter au sujet de l'article de notre législation, poursuit-elle.

La vérificatrice générale de l'Ontario a présenté les conclusions de son rapport annuel devant les journalistes, le 7 décembre.

Bonnie Lysyk a eu plusieurs démêlés avec l'Université Laurentienne pour obtenir certains documents, affrontant même l'établissement par avocats interposés.

Photo : The Canadian Press / Frank Gunn

Une porte-parole du ministère des Collèges et Universités a pour sa part indiqué par courriel que le gouvernement va toujours assurer la présence des établissements postsecondaires durables et forts dans le Nord de l’Ontario.

Nous sommes heureux de voir que la Laurentienne a atteint une marque importante dans son cheminement qui l’aidera à passer à la prochaine étape du processus d’arrangement avec les créanciers, indique-t-elle.

Ça ressemble à un coup monté

Le professeur agrégé et président de l’Association des professeurs et professeures de l’Université Laurentienne, Fabrice Colin, souligne qu’il s’agit d’une victoire, mais que c’est loin d’être la fin.

C’est une bonne nouvelle, car, comme je l’ai mentionné, les membres ont complètement perdu confiance en l’équipe administrative qui a lamentablement géré la crise dans laquelle nous nous trouvons, dit-il.

Bien que le syndicat ait réclamé au départ la démission de cinq personnes cadres, dont M. Haché, Mme Berger et le vice-recteur aux affaires étudiantes et secrétaire général Serge Demers, pour que le plan soit approuvé par les créanciers, M. Colin est davantage préoccupé par le respect de quelques demandes clés, comme assurer qu’il y ait un nombre approprié de professeurs et d'employés de soutien à la sortie de la Laurentienne de la LACC.

Thierry Bissonnette se demande si ces départs à la retraite étaient prévus dès le départ, dès l’embauche de ces deux personnes là en fin de carrière, puisqu’elles ont annoncé quitter leur poste la journée que le plan a été déposé.

Ça confirmerait que ces gens-là sont carrément des mercenaires dans le cadre d’un plan très bien orchestré.

D’après lui, ça ressemble à un coup monté. Il rappelle qu’en plus d’être vice-rectrice aux études, Mme Berger était également la vice-rectrice aux affaires francophones.

Là, on dit qu’elle part à la retraite. Dans ces départs-là, il n’y a personne qui souligne qu’il n’y a plus personne qui s’occupe des affaires francophones à la Laurentienne, affirme-t-il.

Un conflit à prévoir

L'Université va demander le 28 juillet la permission de convoquer une réunion avec ses créanciers à la mi-septembre pour approuver son plan de restructuration. Certains professeurs, actuels et anciens, devront voter. M. Bissonnette reconnaît qu’il y aura probablement des divergences d’opinions.

On met en conflit les congédiés et les non-congédiés. Ce sont mes anciens collègues. C’est sûr qu’ils vont faire pression pour que tout le monde vote pour, en majorité. Mais les gens qui sont congédiés, on a une réflexion à avoir, explique-t-il.

Fabrice Colin est plutôt d’avis qu’il ne s’agirait pas d’un problème en raison de l’intervention du gouvernement, qui a injecté des fonds qui seront uniquement destinés aux créditeurs.

En vertu du plan, les professeurs licenciés recevraient un pourcentage du dédommagement. Avec l’intervention de la province dans ce dossier, ils pourraient toucher une plus grande somme si la première mouture du document était immédiatement approuvée.

Le plan prévoit la vente des actifs immobiliers de l'établissement à la province pour une somme minimale de 45,5 millions de dollars. Les bénéfices réalisés grâce à cette vente (plafonnée à 53,5 millions de dollars) serviront à régler les créanciers de l'Université.

Avec les informations d'Ezra Belotte-Cousineau et de Mathieu Simard

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !