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Montréal veut embaucher un coordonnateur pour le démantèlement des camps de fortune

Un policier numérote une tente à l'aide de peinture en aérosol.

Le titulaire du poste devra s'assurer du « bon déroulement » des démantèlements « du début à la fin des opérations ».

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

La Ville de Montréal veut se doter d’« un(e) agent(e) de liaison en itinérance » dont la fonction principale sera de s’occuper de l'expulsion des sans-abri de camps illégaux – une offre d’emploi qui provoque la colère d’intervenants du milieu.

La personne choisie aura pour mandat de coordonner les actions à prendre lors d’éviction ou de démantèlement d’abris temporaires, campement et tente sur le domaine public et privé.

Elle devra également répondre aux plaintes de citoyens concernant des abris de fortune, contacter les propriétaires des lieux afin d’assurer leur collaboration et diriger les personnes itinérantes vers des organismes pouvant leur venir en aide.

Affichée début juillet, l'offre d’emploi est expirée depuis mercredi. Le salaire offert varie entre 56 000 $ et 73 000 $.

C'est très inquiétant pour nous que les municipalités et la Ville décident d'offrir des postes comme celui-ci avec un salaire vraiment élevé quand on sait qu'il y a un manque de ressources et de financement partout, s'indigne Catherine Marcoux, du Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), qui critique vertement l'initiative de l'administration Plante.

Quelle est la logique qui consiste à repousser les gens de plus en plus loin et à les démanteler? C'est une pratique répressive et cela ne fait que disperser les gens loin de leurs réseaux naturels, ajoute-t-elle.

À la recherche d'une personne ayant de l'« empathie »

De nombreux campements de fortune ont été démantelés ces dernières années dans la métropole. Les autorités municipales sont notamment intervenues à plus d’une reprise sur les terrains qui longent le port de Montréal, en bordure de la rue Notre-Dame, pour forcer le départ des occupants. La mairesse de Montréal Valérie Plante a invoqué des enjeux de sécurité pour justifier ces opérations controversées.

Des policiers commencent à démanteler les tentes..

Des dizaines de policiers interviennent depuis ce matin au campement de fortune de la rue Notre-Dame où des sans-abri ont érigé des tentes depuis plusieurs mois.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

De telles opérations sont effectuées par des travailleurs sociaux dotés d'une grande sensibilité, assure la porte-parole de la Ville de Montréal Marikym Gaudreault dans un communiqué. Nous voulons que ces opérations se fassent dans le plus grand respect des personnes vulnérables pour les rediriger vers des ressources spécialisées.

Même son de cloche de la part du commissaire aux personnes en situation d'itinérance de Montréal, Serge Lareau, qui soutient que la personne recherchée devra agir avec empathie.

Ce n’est pas parce qu'une personne est déclarée en train de faire du camping sur un terrain qu'elle est immédiatement évincée, a-t-il indiqué en entrevue au 15-18, ajoutant que c'est un travail qui se fait de façon graduelle.

Interrogé à savoir si la Ville pourrait éventuellement tolérer et encadrer ce genre de campements, par exemple en y installant des blocs sanitaires, Serge Lareau répond que la question des campements ne fait pas encore l'objet d'un consensus social.

Ultimement, l'administration municipale ne considère pas ce type d'abri comme une solution pérenne [ou] sécuritaire. La Ville considère que ce qui est important, c’est de développer le refuge, développer le logement, pour que ces personnes aient une alternative à la rue et aux campements, a-t-il résumé.

Une approche remise en question

Le président et chef de la direction de la Mission Old Brewery, James Hughes, se dit d'accord avec la priorité accordée au logement. Les campements ne représentent pas une solution à long terme, a-t-il reconnu en entrevue avec Radio-Canada.

Or, il estime justement qu’il y a de meilleures façons d’investir cet argent. Plutôt qu’un agent de liaison, nous aurions préféré avoir des agents de logement, a-t-il illustré.

Selon lui, il ne sert à rien d’expulser tous ces gens dans un contexte de crise du logement, d'autant plus que la plupart des organisations qui offrent des services d’urgence sont débordées.

James Hughes.

James Hughes estime qu'il faut cesser de « tasser les gens d’une place à l’autre » et réfléchir à des méthodes d'intervention plus « humanistes ».

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

La directrice des services d'urgence de la Mission, Émilie Fortier, indique que les ressources dont disposent les refuges sont actuellement insuffisantes pour satisfaire aux besoins. La porte-parole de la Ville de Montréal, Marikym Gaudreault, confirme qu'il manque actuellement 300 places en hébergement dans la métropole.

Dans ce contexte, Émilie Fortier plaide pour des mesures pouvant faciliter la cohabitation entre personnes itinérantes, comme la création de plusieurs ressources de plus petite taille pouvant accueillir la clientèle.

Elle souligne que pour certaines personnes sans-abri, les campements représentent un moindre mal.

C'est une question de choix, a-t-elle déclaré en entrevue à Tout un matin. Car il peut être difficile pour certains sans-abri de dormir dans des dortoirs avec plusieurs autres personnes.

Avec des informations de CBC.

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