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Lunity, une Franco-Manitobaine star du jeu vidéo en direct

Myriam Damphousse, à l'été 2022.

La Franco-Manitobaine Myriam Damphousse diffuse ses parties de jeux vidéo sur la plateforme Twitch.

Photo : Lunity

À 30 ans, la Franco-Manitobaine Myriam Damphousse a bâti une carrière dans la musique et le jeu vidéo sur Internet. Spécialiste du monde de League of Legends, elle attire des dizaines de milliers d’abonnés sur Twitch, Spotify ou encore YouTube.

Derrière son écran d’ordinateur, Myriam Damphousse, connue sur la toile sous le nom Lunity, fait le spectacle. Casque sur les oreilles, micro à proximité, elle joue pendant 5 heures au tout nouveau jeu Stray, dans lequel on incarne un chat. Rires, suspense, blagues… la jeune femme manie naturellement le clavier et la souris tout en interagissant avec sa communauté sur Twitch, qui regroupe plus de 83 000 abonnés.

Avant de partir s’installer à Los Angeles en 2015, Myriam Damphousse a grandi dans un tout petit village francophone de la municipalité rurale de Montcalm, au Manitoba. C’est là, dans le garage de ses parents, qu’elle a filmé sa toute première vidéo postée ensuite sur YouTube, il y a 13 ans. Aujourd’hui, cette vidéo compte 48 000 vues.

À l’époque, la jeune Myriam se passionne pour la shuffle dance. Mes vidéos étaient courtes [sa toute première fait 47 secondes] parce qu’Internet était presque inexistant [dans le village] et ça prenait des heures pour les mettre sur YouTube, se souvient-elle.

L’autre passion de la Franco-Manitobaine, c’est les jeux vidéo. Je joue depuis que j’ai 5 ans, assure-t-elle. Mes parents avaient un vieil ordinateur IBM, puis j’ai eu une PlayStation.

Tetris, Space Invaders, Chrono Trigger… elle fait ses premiers pas en touchant à différents genres. Mais c’est surtout les jeux de rôle en ligne massivement multijoueurs (MMORPG) comme World of Warcraft ou encore Starcraft 2 qui lui plaisent le plus.

La révélation League of Legends

C’est d’ailleurs dans ce domaine qu’elle va exploser. Il y a huit ans, elle rejoint le monde de League of Legends (LoL). Sorti en 2009, le jeu de Riot Games attire toujours des centaines de milliers de joueurs.

Mais Myriam Damphousse a failli ne jamais jouer à ce jeu. De nombreux amis que j’avais dans les autres jeux sont allés sur League of Legends. Au départ, je ne voulais pas y jouer, il ne m’intéressait pas.

Finalement, sous la pression de ses amis, elle se résout à l’essayer juste une fois. J’ai retrouvé un environnement social que j’avais dans les autres jeux et j’ai continué à jouer, explique-t-elle.

League of Legends devient alors l’univers dans lequel elle s'épanouit et se fait connaître. Combinant sa passion pour la musique et LoL, elle est remarquée pour ses créations musicales parodiques centrées autour du jeu. J’ai commencé à écrire des parodies de chanson en changeant les paroles de titres populaires avec des mots associés au jeu. Je faisais ça pour le fun, mais sur YouTube beaucoup de personnes ont aimé et ça a décollé!

Sa chaîne YouTube compte aujourd’hui 261 000 abonnés et plusieurs de ses vidéos accumulent des millions de vues, tandis que sur Spotify, nombre de ses reprises approchent ou dépassent le million d’écoutes.

Un concert en direct depuis la Chine

Ses productions lui permettent de se faire repérer par l’entreprise à l’origine de LoL, Riot Games, qui lui propose alors de participer à un concert géant pour la finale du Championnat mondial en Chine. Ils ont reconnu mon travail, se félicite-t-elle.

En 2017, elle a pris la direction de Pékin. Pendant 1 h 30, en compagnie d’autres artistes, elle s’est produite devant des milliers de spectateurs. C’est une expérience que je n’oublierai jamais!, lance-t-elle.

La Franco-Manitobaine Myriam Damphousse lors du concert de la finale de League of Legends en 2017 à Pékin.

La Franco-Manitobaine Myriam Damphousse lors du concert de la finale de League of Legends en 2017 à Pékin.

Photo :  Albert Chang

Le concert était génial. Il y avait beaucoup d’effets spéciaux, la musique était fantastique… C’est incroyable, pour moi, d’avoir eu cette opportunité, poursuit-elle, les étoiles encore plein les yeux, en repensant à l’événement qui cumule plus de 495 000 visionnements sur YouTube.

Plongée dans Twitch

2017, c’est aussi l’année où la Franco-Manitobaine a décidé de se lancer sur Twitch pour diffuser ses parties de jeux vidéo en direct comme instavidéaste (streamer, en anglais). Après un divorce, je me suis recentrée sur moi-même et je me suis focalisée sur ça, explique-t-elle.

Depuis, elle joue une trentaine d’heures par semaine. Par contre, tous ses directs se font en anglais. Je ne peux pas en faire en français, c’est trop difficile de faire la traduction, reconnaît-elle, gênée.

Je manque tellement de pratique, c’est embarrassant, poursuit celle qui a pourtant été à l'école de la Division scolaire franco-manitobaine à Saint-Jean-Baptiste. Sa seule occasion de s'entraîner, c’est lorsqu’elle revient au Manitoba, car son grand-père aime parler qu’en français.

« J’essaie parfois, quand des gens me demandent dans le clavardage. Je dis que je parle français, mais que c’est très rusty. »

— Une citation de  Myriam Damphousse

Elle ne reviendra pas dans la province pour autant. Ma vie est [en Californie]. J’ai décidé de rester après mon divorce parce j’avais plus d’opportunités professionnelles, dit-elle, tout en précisant qu’elle revient au moins une fois par an, notamment pour voir son grand-père.

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