•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le prix de l’asphalte ralentit les travaux de voirie à Baie-Comeau et Sept-Îles

Le passage pour piétons à l'intersection du boulevard Laure et de la rue Père-Divet à Sept-Îles

La Ville de Sept-Îles entretient les kilomètres de routes en fonction du prix de l'asphalte.

Photo : Radio-Canada / Charles Alexandre Tisseyre

Renaud Chicoine-McKenzie

Les Villes de Sept-Îles et de Baie-Comeau sont restreintes dans l'entretien de leurs chaussées par les prix de l’asphalte, dont la hausse dépasse celle des budgets de réfection.

Oussama Boulahia, le chef de division ingénierie à la Ville de Sept-Îles, assure toutefois que les travaux prévus pour cet été sont en cours. On modifie toutefois les longueurs de tronçons pour se conformer au budget. Plus les prix de l’asphalte sont hauts, plus les surfaces réparées sont courtes.

On observe le même ralentissement du côté de Baie-Comeau. Je vais devoir faire beaucoup moins de travaux, dit Frédéric Brisson, contremaître des travaux publics de Baie-Comeau, dont le budget ne suit pas l’inflation.

Les prix de l’asphalte sont dictés par ceux du bitume, qui lui est dépendant des prix du pétrole.

« Je travaille à la Ville de Sept-Îles depuis 2014, et le montant associé aux réfections n’a jamais augmenté. »

— Une citation de  Oussama Boulahia, chef de division ingénierie à la Ville de Sept-Îles.

Pendant ce temps, l’augmentation des prix de l’asphalte s’accélère. D’une croissance normale de 4 à 5 % avant la pandémie, elle est passée à 8 % pour l’année 2020-2021, puis à 10 % pour 2021-2022, selon M. Boulahia.

Chacune de ces augmentations représente une diminution des surfaces de route entretenues.

Une question de priorité

À Baie-Comeau, le budget de réfection est attribué prioritairement à la réfection de nids-de-poule et à la réparation de bris, selon M. Brisson. Ensuite seulement envisage-t-on la doublure des chaussées usées, grâce à laquelle on épaissit leurs recouvrements d’asphalte. Avec la hausse du prix des matériaux, on cette doublure s’amincit et perd en durabilité.

Un nid de poule en plan rapproché.

Les nids-de-poule font partie des priorités de la ville de Baie-Comeau.

Photo : Radio-Canada / Djavan Habel-Thurton

Il n’y a aucune ville qui a les moyens de remplir tous ses trous, affirme M. Boulahia. On a un plan d’action, avec des priorités. La Ville de Sept-Îles réalise donc les travaux de réfection en fonction de côtes, qui vont de A à D, en ordre de détérioration. Est-ce que tous les tronçons classés D seront réparés? La réponse est non, conclut-il.

Ces priorités sont notamment basées sur un programme quinquennal d’auscultation des chaussées, réalisé une firme privée d’inspecter l’ensemble des rues de Sept-Îles. Celui-ci devait avoir lieu cette année, mais doit être reporté parce qu’aucune firme n’a répondu à l’appel d’offres.

Des entrepreneurs occupés

La hausse du prix de l’asphalte n’est pas le seul facteur à complexifier les activités des compagnies de pavage. Selon Éric Sirard, directeur des opérations de Jean Fournier inc., c’est surtout la grève des ingénieurs du gouvernement du Québec qui a ralenti les travaux des entrepreneurs privés.

Malgré la hausse du prix de l'asphalte, le rythme de travail des compagnies de pavage reste le même, selon M. Sirard. Il y a peut-être moins de travaux à faire, mais moins d’employés pour les accomplir. J’évite de prendre trop de contrats, conclut l’entrepreneur, assurant qu’il est aussi occupé que jamais.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !