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Un plan de reproduction des caribous pourrait sauver des troupeaux du déclin en Alberta

Photo d'un caribou dans la nature.

La proposition de Parcs Canada prévoit d'enfermer jusqu'à 40 caribous femelles et cinq caribous mâles dans une installation de reproduction dans le parc national Jasper.

Photo : Gracieuseté : Parcs Canada

Radio-Canada

Un programme de reproduction et d'élevage en captivité de caribous des bois espère rétablir des troupeaux, en voie de disparition, au parc national Jasper. Les troupeaux actuels du parc étant considérés comme trop petits pour survivre, Parcs Canada prévoit de capturer des caribous femelles ainsi qu'un petit groupe de mâles pour qu'ils se reproduisent en captivité.

Nous tiendrons ce que l'on appelle un livre des origines, pour connaître la filiation de chaque progéniture, a affirmé David Argument, agent de conservation des ressources au parc national Jasper. Nous pourrons ainsi suivre cette diversité génétique et nous assurer que nous ne retrouvons pas dans une situation de consanguinité.

Le projet de 25 millions de dollars prévoit d'enfermer jusqu'à 40 femelles et cinq mâles dans une installation d'un kilomètre carré entourée d'une clôture électrique.

Parcs Canada espère que le programme d'élevage en captivité pourra produire une vingtaine de petits par an, ce qui suffira à ramener les troupeaux à des niveaux durables d'ici une décennie.

Si Parcs Canada approuve le plan, la construction de l'installation près des chutes Athabasca, à environ 30 kilomètres au sud de Jasper, commencera cet hiver.

Les premiers faons naîtraient au printemps 2025 et seraient relâchés dans le troupeau de Tonquin l'année suivante.

Des caribous de la harde de Bathurst en train de brouter au bord d'un plan d'eau.

La harde de caribous de Bathurst est passée de 186 000 animaux en 2003 à 8200 animaux aujourd'hui.

Photo : Fournie par Petter Jacobsen

Des mâles d'un an seraient également relâchés, mais le succès du programme dépendrait des femelles, qui peuvent donner naissance à un bébé par an, a précisé David Argument.

Certaines femelles nées en captivité resteraient dans l'établissement pour accroître le volume de reproduction.

Des troupeaux menacés de disparaître

La priorité serait de sauver le troupeau de Tonquin, de le faire passer du seuil de l'extinction à une population autonome de 200 têtes.

Le troupeau de Tonquin est estimé à environ 45 individus et le troupeau de Brazeau à moins de 15 caribous. Avec une estimation de neuf femelles reproductrices restantes à Tonquin et trois à Brazeau, aucun des deux ne devrait s'agrandir, estime Parcs Canada.

« Nous devons nous assurer que nous introduisons dans ce programme des caribous qui correspondent à l'environnement de Jasper. »

— Une citation de  David Argument, agent de conservation des ressources au parc national Jasper

Les caribous nés en captivité devront avoir des traits comportementaux et génétiques similaires à ceux des animaux des troupeaux locaux.

Cela permettrait aux jeunes élevés en captivité de se lier facilement à leurs congénères sauvages et d'avoir les bons instincts pour survivre, a expliqué David Argument.

Le parc national Jasper compte aujourd’hui trois hardes : la harde de la vallée Tonquin, la harde de la Brazeau et la harde de l’À la Pêche. Le parc indique avoir perdu toute trace des dernières bêtes de la quatrième harde, celle de la Maligne, depuis 2018.

De jeunes caribous.

Les bébés nés dans le cadre du programme seraient relâchés dans la nature en tant que jeunes caribous lorsqu'ils auront un an.

Photo : Wildlife Infometrics

Tragique, mais nécessaire

La proposition est une intervention extrême, a déclaré Carolyn Campbell, spécialiste de la conservation auprès de l'Alberta Wilderness Association.

La reproduction seule ne suffit pas, dit-elle. Parcs Canada doit s'assurer que les jeunes d'un an libérés de la captivité et ceux nés dans la nature, sont adéquatement protégés.

Il s'agit d'une mesure provisoire tragique, mais nécessaire pour sauvegarder les caribous là où ils doivent être, a-t-elle ajouté.

Selon David Argument, le parc national Jasper doit prendre des mesures rapides et décisives pour protéger l'espèce. Il s'agit peut-être de la dernière chance de maintenir cette espèce emblématique dans le paysage des Rocheuses, a-t-il indiqué.

Je pense que c'est incroyablement critique. Le caribou est une partie intégrante de l'identité même de Jasper, a-t-il ajouté.

Avec des informations de Wallis Snowdon

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