•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Plus de pouvoirs à venir pour les maires de Toronto et d’Ottawa, dit Doug Ford

Doug Ford en mêlée de presse devant Queen's Park.

Le premier ministre Doug Ford souligne que les maires ont seulement une voix au conseil municipal, ce qui n'est pas plus que les conseillers.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le premier ministre Doug Ford confirme qu'il prévoit accorder un droit de veto et d'autres pouvoirs aux maires des deux plus grandes villes ontariennes, Toronto et Ottawa, pour leur faciliter la tâche.

M. Ford ne cible pas un dossier en particulier, mais il a promis durant la campagne électorale en mai d’accélérer le processus de construction domiciliaire. Son objectif : bâtir 1,5 million de logements en 10 ans.

Toutefois, il n’a jamais évoqué durant la campagne la possibilité d’accorder, pour ce faire, plus de pouvoirs aux maires d’Ottawa et de Toronto.

En mêlée de presse mercredi, M. Ford a indiqué que les détails restaient à régler, mais qu'il était en faveur d'un modèle appelé « maire fort ».

Il n’existe pas de partis en politique municipale en Ontario. À l'heure actuelle, le maire ne détient qu’une voix au conseil municipal, souligne le premier ministre.

« Les maires de Toronto, d'Ottawa ou d'ailleurs sont redevables pour tout, mais leur vote compte pour une seule voix au conseil comme pour chacun des conseillers municipaux. »

— Une citation de  Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

Comme toutes les responsabilités incombent au maire, il a besoin de l’habileté et de la responsabilité de prendre des décisions, ajoute M. Ford.

Il indique que le gouvernement accorderait un veto aux maires de Toronto et d'Ottawa quant à certaines questions, sans donner de détails. Toutefois, les conseillers municipaux pourraient invalider une décision du maire s'ils ont les deux tiers des voix, précise-t-il.

Sans donner de date précise, le premier ministre indique que les changements étudiés entreraient en vigueur à temps pour le prochain conseil, même si les campagnes municipales sont déjà en cours en Ontario en prévision des élections d'octobre et que les résidents d'Ottawa et de Toronto n'ont pas été consultés sur la question.

Aux États-Unis, les maires de plusieurs grandes villes ont des pouvoirs similaires à ceux d'un PDG d'entreprise. En vertu de ce modèle de « maire fort », le chef de la Ville peut choisir par exemple les dirigeants des différents services et gérer les budgets. Il peut même avoir un droit de veto sur certaines décisions.

Le maire de Toronto est d'accord

Le maire de Toronto, John Tory, se dit en faveur de pouvoirs accrus pour la mairie.

J’ai dit par le passé que j’étais d'accord pour avoir des pouvoirs de "maire fort" – j’en ai parlé avant les dernières élections, note-t-il dans un communiqué.

Je suis déterminé à voir plus de logements construits, peu importe mes pouvoirs de maire, ajoute-t-il. M. Tory sollicite un nouveau mandat en octobre.

En mêlée de presse mercredi, il a affirmé qu'il n'avait pas eu de discussion formelle avec M. Ford sur la question des pouvoirs du maire, mais il a ajouté avoir abordé le problème du logement lors de leur rencontre en juin.

Tout ce qui peut accélérer la construction domiciliaire – construire plus de logements plus rapidement –, ça m'intéresse, parce que c'est un gros problème, dit-il.

« Nous devons accélérer la cadence [en matière de logement]. »

— Une citation de  John Tory, maire de Toronto

M. Tory n'a pas voulu expliquer en quoi le fait d'avoir plus de pouvoirs en tant que maire accélérerait la construction domiciliaire, disant vouloir d'abord obtenir plus de détails de la province.

Un porte-parole du maire d’Ottawa, Jim Watson, a déclaré qu’il était en vacances et qu’il ne pourrait commenter l’annonce mercredi. M. Watson ne se représente pas.

La conseillère municipale Catherine McKenney, qui espère le remplacer, a estimé dans un message sur Twitter que la proposition était antidémocratique et qu’elle réduirait le pouvoir du conseil et des résidents.

Patrick Brown, qui sollicite un nouveau mandat comme maire de Brampton, affirme que ce serait une bonne idée d'accorder plus de pouvoirs aux maires de Toronto et d'Ottawa, et éventuellement, à ceux de plus petites villes comme la sienne.

Des critiques

À Toronto, le conseiller municipal Gord Perks réclame plus d'information sur les changements envisagés par la province. Je pense qu'il serait inapproprié pour nous de terminer notre mandat sans avoir eu la chance de discuter de changements potentiellement très, très importants à la gouvernance de Toronto, a-t-il affirmé mardi.

Le conseil municipal de Toronto tient mercredi sa dernière séance avant les élections.

Les conseillers Gord Perks et Josh Matlow ont présenté une motion demandant à la province de ne pas adopter de loi pour accroître les pouvoirs de la mairie, affirmant qu'une telle mesure minerait la démocratie.

« À Toronto, on n'a pas besoin de remonter très loin pour comprendre l'importance de garantir l'imputabilité du maire et de ses pouvoirs. »

— Une citation de  Motion des conseillers municipaux Gord Perks et Josh Matlow

Il s'agit d'une référence au fait que le conseil municipal avait retiré à l'ancien maire toxicomane Rob Ford, le frère du premier ministre Doug Ford, une grande partie de ses pouvoirs.

Le NPD affirme que le modèle de « maire fort » est une mauvaise priorité. Pour l'opposition officielle, les municipalités ont plutôt besoin de plus d'argent pour le logement, la santé publique, les soins de longue durée et le transport en commun.

« Pourquoi le premier ministre Doug Ford a-t-il gardé son plan de maire fort secret tout au long de la campagne? »

— Une citation de  Jeff Burch, député et porte-parole du NPD en matière d'affaires municipales

Le NPD souligne que les municipalités et leurs résidents n'ont pas été consultés.

Ce n'est pas la première fois que Doug Ford songe à imposer des changements à la gouvernance municipale. Avant les dernières élections municipales, il avait unilatéralement réduit de moitié la taille du conseil municipal de Toronto, disant qu'il était dysfonctionnel à cause du trop grand nombre d'élus.

Avec les informations de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !