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Un registre des attaques de requins survenues au Canada

Photo d'un grand requin blanc sous l'eau.

Les requins blancs pourraient être de plus en plus nombreux à visiter le golfe du Saint-Laurent (archives).

Photo : iStock

L’Observatoire des requins du Saint-Laurent s'apprête à publier un registre répertoriant 28 incidents impliquant des requins au Canada, dont des attaques.

Parmi ces incidents, la grande majorité est survenue dans l'océan Atlantique, y compris dans le golfe du Saint-Laurent. Certains sont aussi survenus dans les océans Arctique et Pacifique.

Ce projet vise à sensibiliser la population et à définir les conditions dans lesquelles le requin blanc présente le plus de risque pour l’humain.

La présence du requin blanc dans les eaux canadiennes attire de plus en plus l'attention des scientifiques, qui souhaitent documenter davantage le comportement, les déplacements et la dangerosité réelle de l'animal.

C'est important pour moi de créer un tel registre parce que, l'an dernier, on a rapporté la première attaque directe sur un être humain, qui a été vérifiée, indique le directeur scientifique de l’Observatoire des requins du Saint-Laurent, Jeffrey Gallant.

Il est photographié de profil.

Le directeur scientifique de l’Observatoire des requins du Saint-Laurent, Jeffrey Gallant, remarque que le requin blanc arrive chaque année plus tôt dans le golfe du Saint-Laurent et le quitte plus tard (archives).

Photo : Gracieuseté de Jeffrey Gallant

Au cours des années, il y a eu des attaques contre des embarcations de pêche, des chaloupes ou autres. Mais l'an dernier, c'était vraiment la première fois que quelqu'un qui se baignait a été mordu par un requin blanc dans le golfe, au Cap-Breton, ajoute-t-il.

Les archives consultées par les chercheurs recensent de fréquentes attaques de requins blancs vécues par les Mi’kmaq aussi tôt qu'au 18e siècle.

C’est anecdotique, mais le requin était appelé « un mauvais poisson ». Il se déplaçait dans le coin de l'Île-du-Prince-Édouard, du détroit de Northumberland, de Tracadie en Nouvelle-Écosse et jusqu’au Cap-Breton. Le requin s’attaquait régulièrement aux Mi’kmaq dans leurs canots d’écorce, qui coulaient. Les gens retournaient vers les rives et se faisaient carrément dévorer, raconte M. Gallant.

Canot d'écorce au bord d'un lac.

Le canot d'écorce, qui a été le moyen de transport privilégié au cours des derniers siècles, est devenu très rare (archives).

Photo : Radio-Canada

Dans le fleuve Saint-Laurent, les requins sont de plus en plus présents.

Pour le directeur scientifique, c’est toutefois un retour à un semblant de normalité de voir des requins dans le golfe, car ils ne reviendront jamais à la population de jadis, d’avant la colonisation.

Le grand requin blanc est une espèce protégée dans les eaux américaines depuis 1997. Au Canada, il est considéré comme en voie de disparition depuis 2011 en vertu de la Loi sur les espèces en péril. L’Observatoire des requins du Saint-Laurent considère que ce statut protégé pourrait expliquer en partie la réapparition de l’espèce.

Les chercheurs voient aussi une augmentation des phoques dans le fleuve Saint-Laurent. La principale motivation des requins à venir dans le golfe du Saint-Laurent, c’est de se disperser pour pouvoir s’alimenter sans être en compétition avec d’autres requins, dit M. Gallant.

« Le golfe du Saint-Laurent, c’est l’endroit idéal [pour les requins], surtout parce qu’il y a beaucoup de phoques. »

— Une citation de  Jeffrey Gallant, directeur scientifique de l’Observatoire des requins du Saint-Laurent
Un grand requin blanc chasse un phoque.

Un grand requin blanc chasse un phoque (archives).

Photo : Connah

Avec notamment ce projet de registre, les chercheurs se sont rendu compte qu’en raison du réchauffement climatique, le requin blanc arrive plus tôt et quitte plus tard le golfe chaque année.

Avant, on pensait que le requin arrivait au mois d’août et qu’il quittait le golfe en septembre. Il restait très peu longtemps. Maintenant, on voit que [le requin blanc qui se nomme] Maple est arrivé depuis environ une semaine dans le golfe, à la mi-juillet. Puis l’an dernier, le dernier requin qu’on a vu a quitté les îles de la Madeleine [...] en novembre. C’est exceptionnel, note le directeur scientifique.

Le registre répertoriant les attaques de requins survenues au pays devrait être disponible d’ici une ou deux semaines, selon Jeffrey Gallant.

Avec la collaboration de Bruno Lelièvre et de Laurence Gallant

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