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Accidents mortels chez AIM : « Je ne suis pas Dieu », affirme le propriétaire

Herb Black sur une promenade devant la mer.

Le président et propriétaire de l’entreprise American Iron and Metal, à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick, Herb Black, a donné une conférence de presse, le 19 juillet, au sujet de la mort récente de deux travailleurs lors d’accidents distincts.

Photo : Radio-Canada / Julia Wright

Radio-Canada

Des malheurs surviennent au cours de toute vie, explique Herb Black, propriétaire et président de l’entreprise American Iron and Metal (AIM), à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, où deux accidents de travail mortels se sont produits au cours des sept derniers mois.

Selon M. Black, les gens qui disent qu’il n’arrive jamais rien rêvent en trois dimensions. Des malheurs surviennent bel et bien, et il faut faire tout ce qui est possible pour les prévenir, ajoute-t-il.

Un homme souriant assis dans un canot.
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Darrell Richards a perdu la vie le 1er juillet 2022, le lendemain d'un accident de travail à l'usine American Iron & Metal (AIM), à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick.

Photo : Rick Richards

Herb Black a donné une conférence de presse à Saint-Jean, mardi. Il attribue à l’erreur humaine la mort accidentelle du premier travailleur, qui n’a pas encore été identifié, et il ne voit pas comment la mort accidentelle du second travailleur, Darrell Richards, aurait pu être évitée.

Lorsqu’on lui a demandé qui est responsable de la sécurité chez AIM, Herb Black a tout d’abord déclaré : Vous devez établir une connexion avec le Seigneur pour lui poser la question. Je ne suis pas Dieu. Je ne décide pas.

Il a ensuite expliqué que des employés veillent sur la sécurité au travail, mais sans préciser les procédures de l’entreprise en la matière.

L’entrepreneur apporte des précisions sur les circonstances de l’accident mortel survenu en novembre 2021.

Selon Herb Black, ce camionneur n’arrivait pas à ouvrir la porte de son véhicule et il est donc sorti par le côté passager où un grutier à proximité ne pouvait pas le voir. Plutôt que de passer devant le camion et de signaler sa présence au grutier, le camionneur a grimpé entre le camion et la remorque afin d’entrer dans cette dernière par une petite ouverture. Le grutier ne pouvait toujours pas le voir et il est mort heurté par le balai de la grue.

Le grutier n’avait aucune idée qu’il y avait quelqu’un dans la remorque. C’était impossible de le savoir, assure Herb Black.

Des monticules de ferraille et d'autres matériaux sur un terrain industriel.
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L'entreprise AIM, qui loue un terrain dans le port de Saint-Jean depuis 2002, a souvent été le théâtre d’explosions et d’incendies.

Photo : Radio-Canada

L’entrepreneur affirme qu’un million de camions ont été déchargés comme cela auparavant. Il ne peut expliquer pourquoi le camionneur a agi ainsi.

Peut-être était-il pressé et impatient? Dieux sait à quoi il pensait lorsqu’il est sorti du camion. Il n’a évidemment pas pensé à la grue. C’était une erreur humaine, dit-il, en ajoutant qu’il ne sait pas comment il aurait été possible de la prévenir.

La belle-fille d’un travailleur mort n’en veut pas à AIM

Krista Collins, belle-fille du travailleur Darrell Richards, était aussi présente à la conférence de presse.

Darrell Richards, 60 ans, est mort le 1er juillet. Il a succombé à des blessures subies en coupant un rouleau de papier avec une scie.

Selon Mme Collins, au moment où M. Richards faisait une deuxième coupe, le rouleau s’est subitement décomprimé. L’homme a subi des lacérations à une jambe qui ont provoqué un important saignement, explique-t-elle.

Krista Collins.
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Krista Collins, belle-fille de Darrell Richards, un travailleur mort accidentellement chez AIM, affirme que les rumeurs qui circulent à ce sujet sur les médias sociaux alourdissent la peine ressentie par la famille.

Photo : Radio-Canada / Julia Wright

La famille, selon elle, n’en veut pas à l’entreprise AIM.

La population en général voit AIM comme un mauvais endroit et c’est injuste envers les gens qui y travaillent. Ils font vivre leur famille. Ce sont vos voisins. Leurs enfants vont à l’école avec les vôtres, affirme Mme Collins.

Elle ajoute que la famille veut simplement vivre son deuil.

Les enquêtes se poursuivent

Travail sécuritaire NB poursuit ses enquêtes sur les deux accidents.

La porte-parole Laragh Dooley a indiqué le 6 juillet qu’il est possible que Travail sécuritaire recommande au ministère de la Justice de porter des accusations contre AIM en vertu de la Loi sur les accidents de travail. Cela dépend des conclusions des enquêtes.

Travail sécuritaire a ordonné en juillet l’arrêt de la machine impliquée dans la mort de Darrell Richards. La société de la Couronne n’a ordonné aucun arrêt de ce genre à la suite de l’accident survenu en novembre.

Il s’agit d’enquêtes complexes qui peuvent durer un an ou plus, estime Travail sécuritaire.

D’après un reportage de Julia Wright, de CBC

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