•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des immigrants préoccupés par les difficultés de se lancer en affaires à l’Î.-P.-É.

Des personnes sont assises et tiennent dans leurs mains un drapeau canadien.

L’Île-du-Prince-Édouard a le taux de rétention des immigrants le plus faible au pays, soit 28 %, selon Statistique Canada.

Photo : Reuters / Mark Blinch

La viabilité et la survie des entreprises lancées par des immigrants durant la pandémie représentent certaines des plus grandes préoccupations des nouveaux arrivants de l'Île-du-Prince-Édouard.

C’est ce qu’indique un sondage réalisé par l’Association des services aux immigrants et réfugiés de l’île.

Environ 250 nouveaux arrivants de l’île avaient répondu au questionnaire à l’automne 2021.

 Kenny Nkundwa fait un égoportrait.

Originaire du Rwanda, Kenny Nkundwa est arrivé à l'île en 2018 accompagné de sa famille.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté Kenny Nkundwa

Originaire du Rwanda, Kenny Nkundwa rêve de se lancer dans l’industrie touristique et de démarrer sa propre entreprise au Canada.

Plusieurs obstacles se trouvent toutefois sur son chemin depuis qu’il est arrivé à l’île avec sa famille, en 2018.

« Personnellement, j’aime le business, mais je n’ai jamais pu démarrer mon entreprise. »

— Une citation de  Kenny Nkundwa, immigrant rwandais

Il explique que l’obtention du capital initial pour démarrer une entreprise constitue une tâche difficile pour les gens qui arrivent dans la province et qui doivent composer avec des dépenses importantes durant leur installation.

Ce n'est pas que mon idée ne peut pas fonctionner ou que je ne peux pas trouver ma clientèle ici. Ce que je voudrais, c'est avoir le temps de m'installer et de mettre de l'argent de côté, parce qu’on va nécessairement me demander un dépôt quelque part, précise-t-il.

Kenny Nkundwa explique aussi que l’accès à des prêts bancaires et à des marges de crédit peut être plus restreint pour les nouveaux arrivants.

Le deuxième défi, c’est de construire un crédit. Pour les immigrants, ça prend plus de temps, car tu as besoin d’avoir ta première carte de crédit. Les banques ont besoin de temps pour te faire confiance et pour travailler avec toi, ajoute-t-il.

La discrimination

La discrimination envers les nouveaux arrivants figure également parmi les préoccupations des immigrants.

Selon le sondage de l’Association des services aux immigrants et réfugiés de l’île, 35 % des immigrants ayant des enfants d’âge scolaire ont déclaré que leur enfant avait été victime de discrimination à l’école.

« Il y a eu une augmentation de 6 à 12 % des gens disant être victimes de discrimination. »

— Une citation de  Mélanie Bailey, coordonnatrice à l’Association des services aux immigrants et réfugiés de l’île

La coordonnatrice du programme de partenariat en matière d’immigration – qui fait partie de l’association –, Mélanie Bailey, qualifie de préoccupante cette hausse des signalements de discrimination.

Melanie Bailey pose pour la photo.

La coordonnatrice du programme de partenariat en matière d'immigration à l’Association des services aux immigrants et réfugiés de l’île, Melanie Bailey

Photo : Radio-Canada / Tony Davis

La directrice de la Coopérative d’intégration francophone de l’île, Angie Cormier, déplore pour sa part que certains de ses clients aient dû faire face à ce type de situation.

Des voisins peuvent ne pas aimer le fait qu’il y ait des immigrants d’une certaine nationalité, d’une certaine race ou religion dans le même bâtiment qu’eux, explique-t-elle.

Elle ajoute que les familles nombreuses peuvent être victimes de discrimination lorsque vient le temps de chercher un logement.

On a déjà vu des cas de discrimination par rapport au nombre d’enfants de la famille. Parfois, le propriétaire ne veut pas louer un appartement à des familles qui ont plus de deux enfants, mais je suis certaine que le racisme et la discrimination sont toujours là aussi, précise-t-elle.

Angie Cormier.

Angie Cormier, directrice de la Coopérative d'intégration francophone de l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

D’autres soucis

L’accès aux soins de santé et à de meilleurs emplois préoccupe également ces nouveaux arrivants.

Les retards dans le traitement des dossiers d’immigration constituent un défi majeur, ce qui laisse de nombreux nouveaux arrivants dans l’incertitude, explique Mélanie Bailey.

Angie Cormier explique que d’autres difficultés s'ajoutent pour les immigrants francophones, comme l’apprentissage de l’anglais.

Elle souligne que le manque de compétences dans cette langue peut mettre un frein à des avancements de carrière.

Même pour les personnes très qualifiées, il y a un défi. […] Un éducateur, un professeur ou un infirmier qui ne peut pas communiquer en anglais va avoir de la difficulté à progresser dans sa carrière, explique la directrice de la Coopérative d’intégration francophone.

Les résultats du sondage seront envoyés aux organisations de l’île pour les aider à offrir de meilleurs services aux nouveaux arrivants.

La prochaine enquête sur les nouveaux arrivants sera menée en août.

L’Île-du-Prince-Édouard a le taux de rétention des immigrants le plus faible au pays, soit 28 %, selon Statistique Canada.

Avec des informations de Thinh Nguyen, de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !