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L’algorithme qui fait lever le voile sur la traite des personnes

Une femme avec de longs cheveux blonds assise sur des marches regarde vers la droite.

Alexandra Stevenson est une survivante de la traite des personnes qui milite pour d'autres victimes.

Photo : Rozalind Panasuk/The Laughing Survivor

Radio-Canada

Une étude de l’Université Simon Fraser (SFU), en Colombie-Britannique, se penche sur l’intelligence artificielle pour débusquer la traite de personnes.

Un logiciel a analysé des milliers d’annonces de travailleurs du sexe dans la province afin de détecter des signes que les personnes en question sont victimes du commerce d'êtres humains. Ces signes peuvent inclure la présence de phrases telles que disponible jour et nuit, des indications qu’ils sont en train d’être contrôlés, ou certains emojis, comme des cerises ou des avions.

L’étude du Centre de recherche international sur la cybercriminalité de SFU a déterminé qu’environ 40 % des annonces examinées pourraient provenir de victimes de la traite des personnes.

Alexandra Stevenson, une victime de ce trafic qui milite désormais contre cette pratique, trouve la nouvelle étude encourageante.

Tomber dans le fossé

Le cauchemar d’Alexandra Stevenson a commencé avec une relation qu’elle croyait être amoureuse et saine, jusqu’à ce que son partenaire devienne violent, d’abord verbalement et ensuite physiquement.

Stevenson dit que cela a pris des années avant qu’elle ne se rende compte qu’elle était victime de trafic.

Son petit ami était également son trafiquant de drogues, et à un moment donné, il a laissé entendre qu'il mettrait sa vie en péril si elle le quittait. Il lui a montré par exemple un article sur une femme gravement blessée en mentionnant que la dernière femme qui l’avait quitté avait vécu quelque chose de similaire.

Ensuite, il l’a forcée à vendre son corps afin de payer la drogue qu’il lui fournissait.

Il m’a dit, "On a vraiment besoin d’augmenter notre revenu. Moi, je ne gagne pas d’argent. Toi, tu consommes trop de drogue, de la drogue que je suis censé vendre. C’est de ta faute qu’on n’a pas d’argent. J’ai besoin de ton aide", se souvient-elle.

Désormais éloignée de cette expérience, Alexandra Stevenson veut élever sa voix afin d’empêcher que d’autres jeunes tombent dans ce genre de situation.

L’étude de l’Université Simon Fraser lui paraît être une bonne piste, car lorsqu’on identifie des victimes du commerce d'êtres humains, on peut ensuite leur fournir des soins adéquats.

Une femme devant un ordinateur portable, dans un salon.

Tiana Sharifi, la fondatrice de l'organisme Sexual Exploitation Education, figure parmi les auteurs d'une nouvelle étude sur les manières de détecter le trafic d'êtres humains à l'aide de l'intelligence artificielle.

Photo : Radio-Canada

L'une des autrices de l'étude, Tiana Sharifi, affirme que la traite des personnes est le délit le mieux caché au Canada : L'exploitation des victimes se fait en ligne, les individus sont achetés et vendus en ligne, donc c'est extrêmement difficile à détecter.

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