•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Prévenir le suicide par un numéro à 3 chiffres? L’idée appuyée à Ottawa et en Outaouais

Une personne utilise son téléphone.

Un numéro unique à trois chiffres est en place depuis samedi aux États-Unis (archives).

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Depuis samedi, les Américains qui sont en détresse psychologique ou à risque de suicide n’ont qu’à composer un numéro à trois chiffres pour parler à un intervenant, à la manière de la ligne d’urgence 911. Ce n’est cependant pas le cas au Canada, où cohabitent plusieurs systèmes, avec des numéros parfois difficiles à retenir.

Or, la Chambre des communes avait pourtant voté à l’unanimité en faveur de l’établissement d’un tel numéro à travers le pays, une mesure qui fait depuis l’objet d’une évaluation par le CRTC.

Il ne faut pas réinventer ou dédoubler, mais effectivement simplifier, explique Andrée Tremblay, directrice générale de la Fondation Lani, qui œuvre en prévention du suicide chez les jeunes de l'Outaouais.

1 866 APPELLE [le numéro de la ligne de prévention établie au Québec, NDLR], ce n’est pas évident du tout si on est en détresse ou en situation de crise. Si ça pouvait être quelque chose d’aussi facile à retenir que 911, ce serait une bonne chose, estime-t-elle.

De l'autre côté de la rivière des Outaouais, Santé publique Ottawa (SPO) s’est pour sa part prononcée en faveur d’un tel numéro, dans une déclaration écrite, lundi.

Il existe actuellement un numéro national à 10 chiffres, mais un numéro à 3 chiffres permettrait d'améliorer l'accès et le soutien en cas de crise dans l’ensemble du pays, réclame la SPO.

Des investissements importants

Le réseau américain représente un investissement d’un milliard de dollars. Ils ont pris le réseau existant, et ils l’ont branché sur un système à trois chiffres sans frais partout aux États-Unis, explique Brian L. Mishara, professeur au Département de psychologie à l'UQAM.

Cette ligne a maintenant pour mandat de répondre aux besoins des personnes à risque de suicide, mais aussi de tous ceux qui sont aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Brian L. Mishara, professeur au Département de psychologie à l'UQAM.

Brian L. Mishara souhaite que le gouvernement fédéral investisse plus de ressources en santé mentale.

Photo : Radio-Canada

Il existe bien un réseau pancanadien qui dessert l’ensemble du Canada, mais qui exclut le Québec en raison de la langue. À l’extérieur du Québec, ce n’est pas si facile d’avoir accès à des services en français, déplore M. Mishara.

Au Québec, le 811 est aussi programmé de manière à rediriger la personne en détresse vers la ressource appropriée.

La motion qui avait été présentée au Parlement canadien en 2020 est d’ordre général. Le diable est dans les détails. Il faut inclure suffisamment d’argent pour bien le faire et augmenter la capacité. [...] Il faut aussi s’assurer que, dès que le système est en marche, il y a assez de personnel et de capacités pour répondre à la demande, poursuit M. Mishara.

« Ça prend des investissements à long terme dans la santé mentale et, à date, le gouvernement fédéral n’a pas investi autant d’argent. »

— Une citation de  Brian L. Mishara, professeur au Département de psychologie de l'UQAM

Statistique Canada a signalé en 2021 que plus de 10 Canadiens se suicident chaque jour, en moyenne. Le suicide est la deuxième cause principale de mortalité chez les jeunes de 10 à 19 ans.

Avec les informations d'Alexandra Angers

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !