•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Archives

Il y a 20 ans mourait le syndicaliste Louis Laberge

Plan buste de Louis Laberge, jeune, en conférence de presse.

Le syndicaliste québécois Louis Laberge a dirigé la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec de 1964 à 1991.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 18 juillet 2002 décédait Louis Laberge. Homme d’action et de conviction, il a été un pilier du mouvement syndical québécois.

Un géant du syndicalisme québécois

« Celui qui a dirigé et transformé la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec de 1964 à 1991 a succombé à un arrêt cardiaque. Il était âgé de 78 ans. »

— Une citation de  Josée Thibeault, 19 juillet 2002

Biographie de Louis Laberge préparée par le journaliste Claude Desbiens

Le lendemain de son décès, Le Téléjournal/Le Point, animé par Josée Thibeault, présente une biographie de Louis Laberge préparée par le journaliste Claude Desbiens.

Louis Laberge est né en 1924 dans une famille ouvrière de L’Assomption.

Obligé, jeune, de gagner sa vie, il travaille tout d’abord dans un chantier naval dans le port de Montréal. Il tente, sans succès, d'y créer un syndicat.

Il poursuivra dans les années suivantes son militantisme syndical alors qu’il est devenu technicien en aéronautique chez Canadair.

C’est cependant un militant modéré qui dispose de grands talents de négociateur.

En 1964, il est élu président de la FTQ (Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec), la plus importante des organisations syndicales du Québec.

Il en sera le dirigeant pendant 27 ans.

Louis Laberge possède un caractère bouillant, est très déterminé et ne craint pas la polémique.

Ces traits de personnalité seront visibles lorsqu’en 1972, Louis Laberge est emprisonné avec Marcel Pepin et Yvon Charbonneau.

Les trois hommes sont alors les chefs des centrales syndicales qui forment ce qu’on appelle le Front commun.

Ils ont désobéi à une loi spéciale de retour au travail des fonctionnaires provinciaux imposée par le gouvernement du premier ministre québécois Robert Bourassa.

Malgré cela, Louis Laberge sera respecté, voire aimé, autant par les militants de la FTQ que par ses adversaires avec qui il a dû négocier.

Améliorer les conditions des travailleurs québécois

La volonté d’améliorer les conditions sociales des travailleurs québécois est manifeste chez Louis Laberge.

En 1982, par exemple, il est l'un des instigateurs du programme Corvée-Habitation destiné à relancer la construction domiciliaire au Québec.

En 1983, le Québec vit une profonde récession économique qui affaiblit plusieurs petites et moyennes entreprises et réduit au chômage des dizaines de milliers de travailleurs québécois.

Louis Laberge appuie dans ce contexte la création du Fonds de solidarité de la FTQ.

Cette société de capital-développement, conçue pour favoriser l’emploi des travailleurs en collaboration avec les entreprises, se révèle une idée très novatrice à l’époque.

Cette collaboration avec le patronat est par ailleurs contestée par les éléments les plus radicaux au sein de la FTQ et au sein du mouvement syndical de manière plus générale.

Denise Bombardies interviewe Louis Laberge sur le Fonds de solidarité de la FTQ.

Le 8 août 1983, dans le cadre de l’émission Le Point, la journaliste Denise Bombardier interviewe Louis Laberge sur les conséquences de la création de ce fonds.

En créant cet outil, en coopérant ainsi avec le patronat, demande Denise Bombardier à Louis Laberge, la FTQ ne renie-t-elle pas ses fondements idéologiques?

Le président de la FTQ souligne que la mission première du Fonds de solidarité n’est pas d’aider les patrons d’entreprises.

La mission est bel et bien de préserver les emplois des travailleurs, confirme le dirigeant syndical.

Louis Laberge rappelle que la FTQ a généralement cherché à dialoguer avec le patronat et le monde politique.

D’autres centrales syndicales n’ont pas toujours préconisé cette approche, remarque le président de la FTQ.

Si le Fonds de solidarité nous aide à nous accroître par rapport à ces dernières, je n’en serais pas mécontent, ajoute, un petit sourire en coin, Louis Laberge.

Au 31 mai 2021, le Fonds de solidarité de la FTQ disposait d’un volume d’investissement qui totalisait 1,1 milliard de dollars.

Un bilan globalement positif

Interview de l'animatrice Denise Bombardier avec Louis Laberge sur un bilan de sa présidence à la tête de la FTQ

Le 7 avril 1991, Denise Bombardier, animatrice de l’émission Aujourd’hui dimanche, interviewe de nouveau Louis Laberge.

Dans quelques jours, souligne Denise Bombardier, le président de la FTQ annoncera probablement qu’il tire sa révérence.

C’est donc une entrevue-bilan qu’accorde alors Louis Laberge à Denise Bombardier, non sans émotion.

D’emblée, l’animatrice souligne que la très longue présidence de Louis Laberge à la tête de la FTQ constitue un chapitre essentiel de l’histoire du syndicalisme moderne au Québec.

« De quoi êtes-vous fier? », lui demande Denise Bombardier.

De la croissance continue de la FTQ, que l’organisation soit un reflet de la société québécoise et de l’établissement d’un dialogue, parfois difficile, avec d’autres centrales syndicales.

« Avez-vous des regrets? », s’enquiert l’animatrice.

Peut-être certains excès commis au début des années 1970 et certaines déclarations malheureuses qui m’ont fait paraître très révolutionnaire, répond Louis Laberge.

Louis Laberge termine cette entrevue en parlant des défis que les mutations du monde du travail apportent à l’aube de l’an 2000.

Dans ce contexte, le défi d’un mouvement syndical moderne est de toujours rester en mouvement, conclut-il.

Encore plus de nos archives

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.