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Des pêcheurs madelinots n’ont pas reçu près de 4 M$ de LA Renaissance

Le bâtiment industriel a aussi un petit commerce à l'avant pour vendre ses produits.

L'usine de transformation de produits de la mer à Gros-Cap, aux Iles-de-la-Madeleine

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

L’Office des pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine (OPHIM) a entamé des démarches judiciaires envers l’usine de transformation des produits marins LA Renaissance des Îles de la Madeleine. L'Office affirme que 67 homardiers madelinots n'ont pas été payés pour la 8e et la 9e semaine de pêche.

Selon l’OPHIM, le montant que LA Renaissance doit aux pêcheurs s’élève minimalement à 3,7 millions de dollars, soit la valeur du homard acheté par l’entreprise lors des deux dernières semaines de pêche.

Toutefois, la dette pourrait être plus élevée, car l’entreprise prélevait aussi des montants sur les payes de certains pêcheurs qui doivent rembourser des sommes au MAPAQ pour l’achat de leur permis. Les prélèvements sont souvent plus élevés que les sommes réellement dues au ministère. Il est d’usage que les industriels remboursent les trop-perçus aux capitaines propriétaires à la fin de la saison, ce qui LA Renaissance des Îles de la Madeleine n’a pas non plus fait jusqu’à maintenant, selon l'OPHIM.

Les dettes de LA Renaissance varient pour chaque pêcheur, on ne connaît pas à ce point-ci le montant total qui est dû, explique le président de l’Office des pêcheurs des îles de la Madeleine, Rolland Turbide.

LA Renaissance possède deux usines de transformation dans l'archipel, à Gros-Cap et Grande-Entrée. Elle transforme et met en marché différents produits de la mer, dont le homard, le crabe des neiges et le pétoncle.

Une mise en demeure envoyée

L’OPHIM a fait parvenir une mise en demeure jeudi dernier à LA Renaissance des Îles de la Madeleine. Le président mentionne qu’il n’a pas pu parler de vive voix avec la présidente-directrice générale de l’entreprise, Lynn Albert, de la situation.

Les pêcheurs sont découragés, ils n’ont pas eu l’heure juste, mentionne M. Turbide. La direction de LA Renaissance a essayé de taire ça un peu, c’est ça qui frustre le plus les pêcheurs. Ils ont été informés à la dernière minute.

Selon la Convention de mise en marché du homard des Îles-de-la-Madeleine, les acheteurs sont tenus de payer les homardiers madelinots au plus tard le vendredi suivant chacune des neuf semaines de pêche.

La Convention est homologuée par l’OPHIM et l’Association québécoise de l’industrie des pêches (AQIP), en vertu du Plan conjoint des pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine.

La présidente-directrice générale de LA Renaissance a indiqué à Radio-Canada qu'elle ne souhaite pas commenter le dossier pour l'instant.

Toutefois, l’OPHIM rapporte que le défaut de paiement serait, entre autres, lié à un manque de liquidité découlant des difficultés connues par les transformateurs pour vendre les stocks de crabe des neiges sur les marchés.

Malgré tout, le président de l’OPHIM demeure optimisme que la situation se règle. J’ai espoir que les pêcheurs pourront être payés parce que LA Renaissance pourrait retrouver ses liquidités en vendant ses stocks, croit M. Turbide. Les produits sont là, mais ils ne sont pas vendus.

Selon la Convention de mise en marché, les industriels sont tenus de fournir un cautionnement de 100 000$ lors de leur enregistrement en tant qu’acheteurs, une somme nettement insuffisante dans la situation présente.

On va assurément renégocier le montant dans la prochaine convention, indique déjà M. Turbide.

Le directeur général de l’AQIP, Jean-Paul Gagné, a refusé de commenter le dossier, tout comme Charles Poirier, le président de la plus importante association de pêcheurs de homard de l’archipel, soit le Regroupement des pêcheurs et pêcheurs des côtes des Îles (RPPCI).

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