•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le chef de la Commission des droits de la personne mis à mal pour un article de 2009

Capture d'écran d'une vidéo faisant un gros plan sur Collin May.

Collin May a pris la tête de la Commission des droits de la personne de l'Alberta à la mi-juillet 2022.

Photo : YouTube/YourAlberta

Radio-Canada

Des groupes communautaires et des membres de l’opposition officielle à l’Assemblée législative de l’Alberta condamnent l’entrée en fonction pour cinq ans du nouveau chef de la Commission des droits de la personne de la province après qu’un article controversé qu’il a écrit en 2009 a refait surface.

Dans cet article, l’avocat calgarien Collin May commente l’ouvrage Islamic Imperialism: A History (Histoire de l’impérialisme islamique), de l’historien Efraim Karsh. Il y fait entre autres écho à l’affirmation de l’auteur voulant que l’islam soit une religion de nature militariste.

Efraim Karsh, écrit Collin May, défie l’illusion multiculturelle à propos d’un islam pacifique. Il affirme ensuite que l’islam n’est pas une religion paisible dont abuse des radicaux, mais la religion la plus militariste de l’humanité et c’est précisément et héritage qui nourrit les actes des radicaux.

Des propos choquants

Ces propos sont profondément choquants, blessants et troublants, selon Said Omar, le responsable régional de la sensibilisation du Conseil national des musulmans canadiens.

L’article de Collin May est problématique, précise-t-il, parce qu’il s’appuie sur des stéréotypes auxquels la plupart, sinon tous les musulmans sont opposés et sur une compréhension erronée de l’islam.

Le conseil dit être en contact avec M. May et le gouvernement albertain au sujet des propos controversés. De véritables excuses doivent être faites, exige Said Omar.

À une demande d’entrevue de CBC/Radio-Canada avec Collin May, la Commission des droits de la personne répond que ses politiques empêchent le chef de donner des entrevues afin d’assurer sa neutralité. La commission a toutefois renvoyé une déclaration formulée par M. May la semaine dernière.

Je ne crois ni n’adhère à cette description de l’islam qui veut qu’il s’agisse d’une religion ou d’un mouvement militant, particulièrement lorsque l’on considère les récentes recherches universitaires en vue de surmonter les mauvaises interprétations de son histoire et de sa philosophie, écrit-il.

Je veux réaffirmer que les Albertains musulmans ont droit à un plein respect égal à celui de toutes nos communautés.

Trop peu, trop tard, dit l’opposition officielle

Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de Justice, le député néo-démocrate Irfan Sabir, demande la démission de Collin May.

Ce poste devrait appartenir à quelqu’un qui comprend la diversité de cette province, qui comprend les défis des communautés, affirme-t-il.

Il déplore également que Collin May ait attendu plus de 10 ans avant de se rétracter, alors qu’il fait partie de la Commission des droits de la personne depuis 2019.

Selon lui, cette situation remet en doute la capacité du gouvernement albertain à évaluer les candidats à ce genre de poste, de même que l’engagement Parti conservateur uni dans la lutte contre le racisme.

Dans une déclaration, le bureau du ministre de la Justice, Tyler Shandro, qui a supervisé le processus de nomination de Collin May, répond que le gouvernement de l’Alberta n’est pas d’accord avec la description de l’islam ou la position exprimée par l’article de 2009.

Le ministère dit en outre avoir pris acte de la déclaration de M. May et affirme s’assurer que la commission remplisse son mandat en vue de tendre vers l’égalité et de réduire la discrimination dans la province.

Avec les informations de Mrinali Anchan

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !