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Vers un nouveau parti libéral-conservateur au Canada?

Dans son livre intitulé The Right Path, à paraître en français à l'automne sous le titre Le droit chemin, la stratège conservatrice Tasha Kheiriddin plaide pour une certaine révolution du bon sens au sein du Parti conservateur fédéral.

Les candidats à la direction du Parti conservateur du Canada pendant un débat en anglais à Edmonton, en Alberta, le mercredi 11 mai 2022. De gauche à droite : Leslyn Lewis, Roman Baber, Jean Charest, Scott Aitchison, Patrick Brown et Pierre Poilievre.

De gauche à droite : Leslyn Lewis, Roman Baber, Jean Charest, Scott Aitchison, Patrick Brown et Pierre Poilievre lors d'un débat en anglais dans le cadre de la course à la direction du Parti conservateur du Canada à Edmonton, en Alberta, le 11 mai 2022.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Le Parti conservateur du Canada est à la croisée des chemins entre populisme et pragmatisme, écrit Tasha Kheiriddin, et la course à la direction qui mènera à l'élection d'un nouveau chef en septembre expose ces failles au grand jour.

Entre une randonnée dans les Rocheuses avec sa fille et une séance de dédicaces dans une librairie de Vancouver, Tasha Kheiriddin défend la publication de son livre en plein cœur de la course à la direction du Parti conservateur.

Elle assure rester objective et répète qu’il n’y a pas de conflit, même si elle assure la coprésidence de la campagne de Jean Charest.

Le livre avait pour objectif de donner des conseils au Parti conservateur à la suite de sa troisième défaite électorale de suite, l'automne dernier, dit-elle. Ça n’a rien à voir avec la course.

Tasha Kheiriddin est photographiée dans un décor estival.

Tasha Kheiriddin vient de publier « The Right Path », qui paraîtra en français à l'automne sous le titre « Le droit chemin ».

Photo : Tasha Kheiriddin

Le livre devait être publié en anglais et en français en novembre 2022, mais sa sortie dans la langue de Shakespeare a été devancée en raison de la course à la direction, dont l’issue aura un effet indéniable sur l’avenir de cette formation politique.

Viser le retour au pouvoir

Dans The Right Path, l'autrice explore les thèmes de la liberté, de l’élitisme, du populisme et de la création d’occasions pour tous. Elle trace la voie à suivre qui, selon elle, permettra de porter le Parti conservateur de nouveau au pouvoir.

Le mot "liberté" a été terni par le convoi [de camionneurs] et semble maintenant synonyme d’"anarchie". "Liberté" n’est plus un mot qui unit, mais qui divise. C’est devenu l’illustration du "nous" contre "eux". Le peuple contre l’élite. Et c’est un problème majeur.

Une citation de Extrait de The Right Path

Pour Mme Kheiriddin, ces appels à la liberté font fi des responsabilités collectives au profit de l’individualisme à outrance. Ça n’a rien de modéré ou de conservateur comme discours, dit-elle. Elle estime que ceux qui alimentent cette façon de penser, comme Pierre Poilievre, jettent de l’huile sur le feu plutôt que d’essayer d’améliorer la situation.

Un montage de photos des six candidats à la direction du Parti conservateur du Canada.

De gauche à droite, de haut en bas : Pierre Poilievre, Leslyn Lewis, Jean Charest, Roman Baber, Patrick Brown (qui n'est plus dans la course) et Scott Aitchison.

Photo : Radio-Canada

L’autrice constate que le Parti conservateur se déchire en deux camps. D'un côté, celui qu’elle appelle les conservateurs du convoi, plus populiste et qui appuie Pierre Poilievre, et de l'autre, celui du club conservateur, qui représente l’establishment du parti, c'est-à-dire des gens d’affaires et des professionnels qui ont porté au pouvoir d'anciens premiers ministres du Canada comme Brian Mulroney et Stephen Harper ainsi que Mike Harris en Ontario.

Les inégalités comme vecteurs politiques

Tasha Kheiriddin estime que la frange populiste expose de véritables problèmes d’inégalités économiques et sociales, mais avec des solutions trop simplistes pour une situation complexe, notamment en véhiculant un message venimeux anti-élite.

Chaque parent rêve que son enfant qui joue au hockey devienne un joueur d’élite dans la LNH ou obtienne un prix d’excellence à l’école. L’objectif ne devrait pas être d’éliminer l’élite, mais de donner une chance à tous d’atteindre ce niveau. Quand les partisans de Pierre Poilievre disent qu’ils détestent les élites, ce qu’ils veulent dire en fait, c’est qu’ils détestent les inégalités injustes qui les empêchent d’avancer.

Une citation de Extrait de The Right Path

Mme Kheiriddin essaie de réconcilier les populistes conservateurs du convoi et les pragmatiques du club conservateur pour qu’ils trouvent un point de rencontre et forment une coalition des conservateurs du bon sens, un clin d'œil au slogan de Mike Harris, la révolution du bon sens, lorsqu'il avait pris le pouvoir en Ontario il y a plus de 25 ans.

C'est très facile pour un populiste de montrer du doigt, fait valoir la stratège en entrevue. Dire qu’on va se débarrasser des gatekeepers, c’est une réaction normale quand les élites ont perdu le contact avec la réalité. Mais ça ne règle pas le problème, qui est le manque de mobilité sociale.

Vers un nouveau parti?

Peu importe qui remportera la course à la chefferie, dit-elle, ces deux factions du Parti conservateur devront trouver le moyen de travailler ensemble, sinon il pourrait y avoir un autre schisme au sein de la formation.

Vu le climat acerbe qui règne dans la course à la direction du Parti conservateur, il sera très difficile pour les partisans d’un des deux camps de vivre en harmonie avec l’autre camp. Un parti centriste va aliéner les populistes. Et vice-versa. Il y a une troisième possibilité : la recréation d’un parti libéral-conservateur, comme celui qui a fondé le Canada.

Une citation de Extrait de The Right Path

Je ne fais pas la promotion [d’un nouveau parti], se défend la stratège conservatrice, mais je souligne que c’est une possibilité, parce que ça s’est déjà produit dans le passé. Mais ce n’est pas ma solution préférée.

Les déchirements au sein du mouvement conservateur jouent en faveur des libéraux, avance Mme Kheiriddin, qui craint que la fondation d’un nouveau parti produise des gouvernements libéraux pendant la prochaine décennie, comme ce fut le cas au temps du Parti réformiste et de l’Alliance canadienne.

Ma solution préférée, résume-t-elle, c'est que le Parti conservateur réconcilie ses divers éléments et propose des solutions qui répondent aux demandes du populisme de façon à répondre à la frustration réelle des gens.

Et si les conservateurs n’y arrivent pas? Oui, il y a un vrai danger que le parti actuel ne puisse pas devenir un véhicule qui pourrait remporter le pouvoir.

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