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La NASA reprendra les vols avec les Russes vers la Station spatiale internationale

Une photo prise la SSI sur laquelle on peut voir la Terre à partir de l'espace, et plus précisément l'ouragan Lane.

La Station spatiale internationale tourne autour de la Terre depuis son lancement en 1998.

Photo : Reuters / NASA

Agence France-Presse

La NASA a annoncé vendredi reprendre les vols conjoints avec les Russes vers la Station spatiale internationale (SSI), afin d'assurer « la sécurité des opérations » de la station, et ce, malgré les efforts des États-Unis pour isoler Moscou à la suite de l'invasion de l'Ukraine.

Deux astronautes américains voleront à bord d'une fusée russe Soyouz lors de deux missions distinctes, dont la première est prévue pour septembre. Deux cosmonautes russes voleront également à bord de fusées SpaceX, une première.

Un tel échange était prévu de longue date, mais attendait encore la validation finale de la Russie. Il avait semblé compromis après le déclenchement de la guerre en Ukraine, mais des responsables de la NASA avaient répété ces dernières semaines espérer qu'il ait bien lieu.

L'annonce est intervenue quelques heures après que le président russe Vladimir Poutine a démis le patron de l'agence spatiale russe Roscosmos, Dmitri Rogozine. Depuis l'offensive russe contre l'Ukraine, celui-ci s'est illustré par ses déclarations très belliqueuses à l'égard de l'Occident.

Afin d'assurer la sécurité continue des opérations de la Station spatiale internationale, de protéger la vie des astronautes et d'assurer la présence continue des Américains dans l'espace, la NASA va reprendre les vols intégrés sur des vaisseaux spatiaux américains et russes Soyouz, a déclaré l'agence dans un communiqué.

L'astronaute américain Frank Rubio volera à bord d'une fusée Soyouz dont le décollage depuis le Kazakhstan est prévu le 21 septembre, en compagnie de deux cosmonautes russes.

L'astronaute américaine Loral O'Hara volera également à bord d'un vaisseau russe lors d'une mission suivante au printemps 2023.

De plus, Anna Kikina, la seule femme cosmonaute en activité, fera partie de l'équipage Crew-5 qui doit décoller en septembre à bord d'une fusée SpaceX. Et le cosmonaute Andrei Fedyaev volera lui avec Crew-6, également au printemps 2023.

Au-delà des tensions diplomatiques

Après l'arrêt des navettes spatiales américaines en 2011, les États-Unis ont été contraints d'envoyer leurs astronautes vers la SSI en achetant à l'agence spatiale russe Roscomos des sièges à bord des fusées Soyouz.

Depuis la fin de ce monopole avec le premier vol de SpaceX vers la SSI, en 2020, les équipages volaient quasiment uniquement à bord des fusées de leurs pays respectifs.

Le dernier astronaute à avoir voyagé à bord d'une Soyouz est l'Américain Mark Vande Hei, qui avait décollé en avril 2021. Il était rentré quasiment un an plus tard, également ramené par Moscou, alors que la guerre en Ukraine avait déjà commencé.

Après son retour sur Terre, il avait assuré que les cosmonautes russes restaient des amis très chers, malgré les très fortes tensions diplomatiques entre les deux pays.

Les échanges annoncés vendredi se font sans autres contreparties financières.

Dmitri Rogozine sur une piste d'atterrissage.

Le patron démis de l'agence spatiale russe Roscosmos, Dmitri Rogozine (Archives)

Photo : Reuters / Yuri Kochetkov/Pool New

Les États-Unis ont imposé des sanctions draconiennes à l'encontre de Moscou, touchant en partie l'industrie aérospatiale russe. Dmitri Rogozine n'a cessé de protester contre ces sanctions, y compris les sanctions européennes.

Cette semaine, l'Agence spatiale européenne a annoncé mettre un terme définitif à sa coopération avec la Russie sur la mission conjointe ExoMars, qui était déjà suspendue depuis plusieurs mois. Mais la Station spatiale internationale est unique.

Elle a été conçue pour être interdépendante et repose sur les contributions de chacune des agences spatiales pour fonctionner, a souligné vendredi la NASA. Aucune agence n'a la capacité de fonctionner indépendamment des autres.

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