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Les grands argentiers du G20 ouvrent une réunion dominée par la guerre en Ukraine

De gauche à droite : Enoch Godongwana, ministre sud-africain des Finances, Sri Mulyani Indrawati, ministre indonésienne des Finances, et Nirmala Sitharaman, ministre indienne des Finances, lors de la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G20.

Les crises énergétiques et alimentaires sont en tête des priorités à cette rencontre des ministres des Finances du G20.

Photo : AFP / Made Nagi

Agence France-Presse

Les grands argentiers du G20 ont entamé vendredi une réunion en Indonésie qui devrait être dominée par les répercussions de l'invasion de l'Ukraine par la Russie sur l'économie mondiale, au moment où l'inflation accélère et que les perspectives de croissance s'assombrissent.

Le monde nous observe, a déclaré Sri Mulyani Indrawati, ministre des Finances de l'Indonésie, pays hôte, en ouverture.

Les actions que nous prendrons auront un effet très important sur toutes les nations du monde.

La réunion de deux jours des ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales se tient sur l'île de Bali, une semaine après celle des ministres des Affaires étrangères qui avaient envoyé une salve d'accusations sur l'invasion de l'Ukraine au chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Les discussions devaient initialement porter sur la meilleure façon d'encourager le retour de la croissance après la pandémie de coronavirus, mais c'est l'impact de la guerre en Ukraine, avec les crises alimentaires et énergétiques, qui est à présent en tête des priorités.

Nous sommes très conscients du fait que le prix de notre échec à nous mettre d'accord est plus élevé que ce que nous pouvons nous permettre, a ajouté la ministre indonésienne.

« Les conséquences humanitaires pour beaucoup de pays à faibles revenus seraient catastrophiques. »

— Une citation de  Sri Mulyani Indrawati, ministre des Finances de l'Indonésie

À la veille de la réunion, la secrétaire américaine du Trésor Janet Yellen avait estimé que le plus grand défi pour l'économie mondiale venait de la guerre en Ukraine. Elle soulignait aussi que les représentants du régime de Poutine ne devaient avoir aucune place à ce forum.

Nous voyons des retombées de cette guerre dans tous les coins du monde, en particulier en ce qui concerne les prix de l'énergie et la montée de l'insécurité alimentaire, avait-elle noté.

La délégation russe directement montrée du doigt

La ministre des Finances du Canada, Chrystia Freeland, ne s'est pas gênée en adressant directement les membres de la délégation russe prenant part à cette rencontre. La vice-première ministre les a tenus personnellement responsables de « crimes de guerre ».

« Ce ne sont pas seulement les généraux qui commettent des crimes de guerre, ce sont les technocrates économiques qui permettent à la guerre de se produire et de continuer. »

— Une citation de  Chrystia Freeland, ministre des Finances du Canada

La ministre canadienne d'ascendance ukrainienne a ajouté que la guerre menée par le Kremlin constituait la plus grande menace à l'économie mondiale à l'heure actuelle.

Elle faisait ainsi écho à la position de Mme Yellen. Prenant la parole en début de journée, vendredi, la secrétaire du Trésor a condamné le rôle de ses homologues russes dans la conduite de cette guerre brutale et injuste.

Selon elle, les responsables des finances du Kremlin étaient complices des conséquences horribles de ce conflit en raison de leur soutien à Vladimir Poutine.

Janet Yellen à la rencontre du G20 à Bali, en Indonésie

Janet Yellen avait participé en avril à un boycottage de la réunion du G20 quand des responsables russes avaient pris la parole à Washington. La réunion s'était terminée sans communiqué final.

Photo : Reuters / POOL

Désir de neutralité

Malgré ces déclarations fortes, les discussions devraient refléter une ligne de fracture entre les Occidentaux qui veulent isoler économiquement Moscou et les grands pays en développement opposés aux sanctions contre la Russie, la Chine occupant une position clé.

Faute d'un consensus entre les pays sur les causes des problèmes économiques actuels, et la responsabilité de la Russie, la publication d'un communiqué est à nouveau incertaine.

C'est un G20 qui s'engage dans un contexte très particulier, a indiqué une source du ministère français des Finances avant la réunion. Ce contexte crée des risques sur les pays pauvres et émergents, liés à la normalisation des politiques monétaires et aux risques de contraction du crédit.

L'Indonésie, pays hôte, a voulu rester neutre et n'a pas cédé aux pressions occidentales l'enjoignant à écarter la Russie des réunions.

Le ministre russe des Finances, Anton Siluanov, participe donc à ces rencontres, de manière virtuelle.

Si les ministres des Finances de l'Italie, du Canada, de l'Inde ou d'Afrique du Sud, notamment, se sont déplacés, de nombreux pays ont envoyé des représentants de moindre niveau.

La France est représentée par le directeur général du Trésor et par le gouverneur de la Banque de France.

La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, participera à distance ainsi que les ministres chinois et brésilien, tandis que le président de la Banque mondiale, David Malpass, sera absent.

La directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, qui a mis en garde mercredi contre des perspectives économiques mondiales qui s'assombrissent, devrait y être en personne.

Outre la guerre et son impact sur l'inflation et les crises alimentaire et énergétique, l'inclusion financière et la réforme de la taxation mondiale devraient aussi être au menu.

L'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) doit présenter un rapport d'étape sur la réforme mondiale de l'imposition, avec un taux d'impôt minimum d'au moins 15 % sur les bénéfices des multinationales. Sa mise en place a été reportée à 2024, contre mi-2023 prévu initialement.

Avec les informations de Reuters

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