•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une saison de pêche au homard record pour la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk

Des homards avec les pinces attachées par des élastiques, dans un bac.

Le bilan de la cinquième saison de pêche au homard en Haute-Gaspésie et au large de la Matanie est très prometteur cette année (archives).

Photo : CBC / Mark Crosby

Alice Proulx

Le bilan de la cinquième saison de pêche au homard en Haute-Gaspésie et au large de la Matanie est très prometteur pour les pêcheurs qui détiennent les permis. Une augmentation notable des débarquements, qui confirment l'abondance de cette ressource, pourrait permettre le changement de statut de cette pêche expérimentale.

La saison de pêche qui s'échelonnait sur 10 semaines s'est conclue au début du mois de juillet.

« Je pense qu’à l’image de l’Est-du-Québec, on peut dire que c’est une saison record. »

— Une citation de  Guy-Pascal Weiner, directeur des pêches commerciales pour la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk

Depuis 2018, 4 titulaires de permis, dont 3 de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, pratiquent cette pêche expérimentale dans le but d'évaluer si l'abondance du homard, sa distribution et sa productivité sont suffisantes pour soutenir une éventuelle pêche commerciale.

L’édition 2022 nous a donné une augmentation des débarquements de l’ordre d’environ 33 %, c'est beaucoup. Le homard est très abondant, lance Guy-Pascal Weiner

Guy-Pascal Weiner.

Guy-Pascal Weiner estime que la saison de pêche était excellente.

Photo : Gracieuseté : Guy-Pascal Weiner

M. Weiner ajoute que depuis l'ouverture de cette pêche, la croissance de la ressource est observée.

« Les homards sont au rendez-vous, il n’y a plus de doute là-dessus. »

— Une citation de  Guy-Pascal Weiner, directeur des pêches commerciales pour la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk

Chaque année, on a une croissance. Au site de Matane, qui est à l’ouest, ça fait deux années qu’on double. En 2020, on a doublé par rapport à 2021 et en 2022, on a doublé par rapport à la précédente. C’est une hausse vraiment importante, explique-t-il.

Des casiers à homards sur un quai. Un bateau de pêcheur navigue en arrière-plan.

L'abondance du homard entre Rivière-à-Claude et la rivière Tartigou, près de Matane, est évidente (archives).

Photo : Radio-Canada

Selon lui, la distribution et la productivité se précisent également d'année en année.

On voit le homard du large tranquillement entrer vers les petites eaux. On est donc capable d’affirmer qu’il y a une distribution et une productivité parce qu'on remarque beaucoup de homard sous la taille légale. On retrouve aussi beaucoup de femelles œuvées, qui vont relâcher les larves dans les eaux, et on peut penser qu'il y a un recrutement local, soutient-il.

Les trois cases d'analyse du ministère des Pêches et des Océans du Canada (MPO) sont ainsi cochées aux yeux de Guy-Pascal Weiner.

Il considère par ailleurs que la sensibilisation concernant le braconnage a porté ses fruits puisque seulement quelques incidents ont eu lieu.

Un prix légèrement inférieur

Si l'abondance du homard est confirmée, le prix au débarquement, lui, est loin d'être coulé dans le béton chaque été. Le prix moyen du homard est légèrement inférieur à celui de l’an dernier.

On est un peu en bas de 8 $ la livre, comme prix moyen pour l’année. En 2021, à la dernière semaine de pêche, le prix était de 11,03 $ la livre. Donc, on est quand même loin de ce sommet, affirme-t-il.

Il estime que les transformateurs ont été plus prudents, cette année, puisque la demande était moins élevée.

On peut penser à l’image du crabe des neiges. L’inflation galopante et l’augmentation du coût de la vie ont eu un impact sur l'appétit du consommateur québécois, soulève Guy-Pascal Weiner.

Un débarquement de crabes des neiges.

Boudé par les consommateurs, le prix du crabe est peu élevé dans les Maritimes (archives).

Photo : Radio-Canada / YVES LEVESQUE

Toutefois, l'augmentation des débarquements en volume compense pleinement la baisse du prix selon lui.

« À 8 $, avec la hausse des débarquements, ça va tout de même très bien. »

— Une citation de  Guy-Pascal Weiner, directeur des pêches commerciales pour la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk

Dans l’ensemble, ça a été une très bonne saison et nous avons espoir que c’était la dernière année du statut expérimental, espère-t-il.

M. Weiner souhaiterait passer à une pêche exploratoire l'an prochain, puis à un stade commercial d'ici quelques années.

Changer de statut est synonyme de liberté

Grandement souhaité, ce changement de statut pourrait offrir plus de liberté et plus de rentabilité dans les opérations des pêcheurs.

« Ça nous libérerait beaucoup parce que la pêche expérimentale est une pêche dirigée.  »

— Une citation de  Guy-Pascal Weiner, directeur des pêches commerciales pour la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk

Les pêcheurs sont actuellement obligés d’immerger les casiers à des endroits prédéterminés et un technicien doit être présent au moins une fois par semaine à bord du bateau de pêche pour effectuer la prise de données.

La totalité des coûts associés à cette pêche expérimentale, dont l’embauche d’un technicien qualifié, doit être payée par les titulaires de permis.

Préparatifs avant le départ pour la pêche au homard.

Pendant sept semaines, les casiers sont relâchés selon des longitudes et des latitudes déterminées (archives).

Photo : Radio-Canada

Si on a un statut exploratoire, ça va nous permettre de déployer les engins de pêche où les fonds de homards sont plus généreux, ce qui n’était pas le cas dans la pêche expérimentale. Dans cette pêche, ne récolter aucun homard était une donnée importante, mais qui se faisait à nos frais. On serait donc plus libres à l’intérieur du territoire et on pourrait mieux gérer nos coûts d’exploitation et profiter de cette ressource abondante aux endroits précis, affirme-t-il.

Le dernier mot revient toutefois au MPO qui doit analyser les données recueillies par les pêcheurs avant de déterminer s'il pourrait y avoir un changement de statut.

De leur côté, les pêcheurs souhaiteraient l'annonce de cette modification avant le temps des fêtes afin de pouvoir se préparer pour la prochaine saison. Ce serait un beau cadeau pour tout le monde à mettre sous le sapin, conclut Guy-Pascal Weiner.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !