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Pêche autochtone : un chef mi’kmaw appuie les conclusions du Sénat

Le Sénat demande que le ministère des Relations Couronne-Autochtones prenne en main le dossier de la pêche autochtone, plutôt que le ministère des Pêches et des Océans.

Mike Sack est debout sur un casier à homard et il s'adresse à des dizaines de personnes regroupées autour de lui.

Le chef de la Première Nation de Sipekne'katik, Mike Sack, s'adresse à des membres de sa communauté, le 17 septembre 2020 à Saulnierville, en Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC / Steve Lawrence

Radio-Canada

Le rapport du Sénat, qui recommande que Pêches et Océans Canada reste à l’écart des négociations avec les Autochtones, est exactement ce que ces derniers veulent, a affirmé jeudi le chef d’une communauté mi’kmaw de la Nouvelle-Écosse.

Le comité sénatorial des pêches estime en effet que les discussions portant sur les activités de pêche des Premières Nations doivent plutôt être menées par Relations Couronne-Autochtones, un ministère fédéral consacré spécifiquement aux relations avec ces communautés et leurs dirigeants.

Mike Sack, chef de la Première Nation de Sipekne'katik, déclare que cette recommandation du Sénat est exactement ce que sa communauté réclame depuis le lancement, en 2020, d’une pêche de subsistance dans la baie Sainte-Marie.

Le modèle de pêche basée sur les traités que nous avons présentés il y a deux ans est maintenant soutenu par chaque recommandation du Sénat, a écrit Mike Sack jeudi dans un communiqué où il disait appuyer les conclusions du rapport Paix sur l’eau (Nouvelle fenêtre), déposé par le comité sénatorial permanent des pêches et des océans.

RoseAnne Archibald parle à Mike Sack alors que les deux marchent côte à côte.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mike Sack (à droite), chef de Sipekne’katik, et la cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations (APN), RoseAnne Archibald (à gauche), le 9 septembre 2021 à Saulnierville en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Héloïse Rodriguez-Qizilbash

Le chef mi’kmaw, frustré par la gestion du dossier par l’ancienne ministre des Pêches Bernadette Jordan, défaite aux dernières élections fédérales, croit que le ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller, est mieux placé pour prendre les choses en main.

Le ministre Miller comprend bien les enjeux et a pris le temps de visiter les gens de notre communauté, écrit M. Sack.

Le ministre a ainsi pu constater directement les défis auxquels Sipekne'katik fait face, ajoute-t-il.

Sous un éclairage tamisé dans une grande salle de conférence, le ministre en complet serre la main du chef qui porte un chapeau de cowboy.

Marc Miller (à droite), le ministre des Relations Couronne-Autochtones, rencontre le chef Terrence Lee Spahan (à gauche), le chef de la communauté de Coldwater en Colombie-Britannique, le 7 juillet 2022 à Vancouver.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Sipekne'katik avait lancé sa pêche de subsistance en septembre 2020, le jour du 21e anniversaire de la décision Marshall (Nouvelle fenêtre) de la Cour suprême du Canada. Cette pêche, qui s’exerce hors des saisons de pêche déterminées par Ottawa, s’est déroulée sur fond de tensions.

D’après Mike Sack, ces tensions, ainsi que le vandalisme et la violence sur l’eau et hors de l’eau, auraient pu être évitées si le gouvernement fédéral avait dès le départ adopté la position maintenant préconisée par le Sénat.

Nous avons évoqué ces problèmes il y a deux ans, a écrit le chef mi’kmaw. Si le Canada avait écouté, nous n’aurions peut-être pas eu à endurer la violence raciale qui s’est produite ni la représentation inexacte de nos communautés à l’intérieur de l’industrie des pêches et auprès du public en général.

Mike Sack voit une possible résolution si le ministère des Relations Couronne-Autochtones est impliqué. Il s’est dit optimiste pour les discussions à venir.

Le député local rejette les recommandations du Sénat

Le rapport du comité sénatorial ne fait pas l’affaire du député conservateur de South Shore-St. Margarets, Rick Perkins. Il veut que le ministère des Pêches et des Océans (MPO) continue à jouer un rôle dans le dossier des pêcheries autochtones.

Le député est debout aux Communes. Il porte une cravate bleue et verte aux couleurs du tartan de la Nouvelle-Écosse. Il pointe vers sa gauche avec son index pendant qu'il parle.

Le député conservateur Rick Perkins ne veut pas que le MPO cède sa place au ministère des Relations Couronne-Autochtones.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Ce dossier a largement contribué à l’élection de M. Perkins. Aux récentes élections fédérales, en 2021, il avait défait la ministre des Pêches, Bernadette Jordan, dans cette circonscription du sud de la Nouvelle-Écosse. La gestion du dossier de la pêche autochtone a été pointée du doigt comme grande responsable de la défaite de la candidate libérale.

Relations Couronne-Autochtones n’a pas l’expertise pour gérer la pêche, affirme Rick Perkins, en réaction aux recommandations du Sénat.

Le MPO a la responsabilité, conférée par la Loi sur les pêches et les décisions Marshall, de gérer la pêche, la conservation, la gestion durable et les intérêts commerciaux des pêcheurs autochtones et non autochtones, a déclaré le député conservateur.

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