•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Sauver Énergie NB avec le nucléaire : entre rêve et réalité

Énergie Nouveau-Brunswick

Énergie NB fait face à d'importants défis, dont celui de générer davantage de revenus.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Fredericton mise sur les petits réacteurs nucléaires pour permettre à Énergie NB d’exporter de l'énergie dans le monde.

Le ministre des Ressources naturelles et du Développement de l’énergie du Nouveau-Brunswick, Mike Holland, croit que le développement des technologies liées aux réacteurs modulaires permettra à Énergie NB d’augmenter ses exportations, et ainsi renflouer, peu à peu, une dette qui approche les 5 milliards de dollars.

Fredericton souhaite un changement de cap à Énergie NB

Quand le conseil d’administration d’Énergie NB a remercié son PDG, Keith Cronkhite, le 4 juillet dernier, le ministre Holland a tout de suite approuvé la décision.

Keith Cronkhite, assis, s'adresse aux membres de la Commission.

Keith Cronkhite, ex-PDG d’Énergie NB, a été remercié le 4 juillet dernier.

Photo : CBC/Robert Jones

Le ministre ne s’en cache pas, c’était la meilleure décision à prendre pour transformer Énergie NB.

Keith a bien servi, a fait un excellent travail, a eu une carrière à Énergie NB. Maintenant, dit le ministre, nous devons vraiment nous assurer d’obtenir un leader de type transformationnel qui nous fera avancer dans cette prochaine étape de développement.

« Il s’agit de mener la société d’État bien au-delà de l'espace dans lequel elle se trouve depuis les cent dernières années. »

— Une citation de  Mike Holland, ministre des Ressources naturelles et du Développement de l’énergie

Selon lui, l’industrie de l’énergie vit un changement majeur, qui va s’accélérer. Mike Holland souhaite qu’Énergie NB trouve un PDG qui pourra saisir les occasions qui se présenteront. L'énergie dans son ensemble, telle que nous la connaissons, va être complètement redéfinie de différentes manières et nous pensons que nous avons besoin d'un leader capable de voir cette opportunité, de voir ce défi, de voir à l'horizon et de réagir en conséquence.

Énergie NB doit d’abord redresser sa situation financière

Le premier objectif d’Énergie NB, insiste le ministre Mike Holland, est de mettre de l’ordre dans ses finances. Avec une dette de 4,9 milliards de dollars, la société d’État fait face à un défi de taille.

« La société d’État doit s'améliorer, doit devenir plus efficace, doit faire un meilleur travail pour atteindre ses objectifs. »

— Une citation de  Mike Holland, ministre des Ressources naturelles et du Développement de l’énergie

En 2020-2021, Énergie NB avait prévu réduire sa dette de 17 millions de dollars. À la fin de l’année financière, la dette a plutôt augmenté de 9 millions de dollars.

Ministre Holland devant un arbre.

Mike Holland, ministre des Ressources naturelles et du Développement de l'énergie, croit que le développement des réacteurs nucléaires modulaires pourrait être rentable pour Énergie NB.

Photo : Hadeel Ibrahim/CBC

Le gouvernement provincial avait pourtant insisté sur l’importance de prendre tous les moyens pour s’attaquer à la dette. Fredericton avait d’ailleurs fixé comme objectif à Énergie NB une réduction de sa dette, afin qu’en 2027 elle ne représente plus que 80 % de ses capitaux propres. Elle représente, en ce moment, 94 % de ses capitaux propres. La structure financière actuelle d’Énergie NB repose donc essentiellement sur des emprunts.

Énergie NB a fait appel à PricewaterhouseCooper pour, entre autres, trouver des moyens de réduire la dette. Il pourra être question, par exemple, d’identifier des façons de fonctionner de manière plus efficace, et de nouveaux débouchés pour l’exportation.

Énergie NB pourrait vendre de la technologie nucléaire

Deux projets de réacteurs nucléaires modulaires sont à l’étude au Nouveau-Brunswick. Plus d’une dizaine de projets semblables sont aussi à l’étude ailleurs au Canada, et davantage le sont dans d’autres pays.

Fredericton souhaite que le développement des projets au Nouveau-Brunswick permette à Énergie NB d’en profiter. Des changements législatifs permettent maintenant à la société d’État de vendre d’autres produits que de l’électricité sur les marchés, souligne le ministre Holland.

Énergie NB peut non seulement fournir les services d'électricité aux Néo-Brunswickois, mais développer des chaînes d'approvisionnement pour les réacteurs nucléaires modulaires, nous emmener à l’international avec un centre d'énergie verte, devenir un exportateur d'hydrogène et d'ammoniac, soutient Mike Holland.

Ces différentes activités commerciales pourraient permettre à Énergie NB, selon le ministre, d’augmenter ses revenus, et ainsi parvenir à réduire sa dette.

Une vision que certains jugent trop optimiste

L’industrie nucléaire fait preuve d’un grand optimisme en ce qui concerne le développement des réacteurs nucléaires modulaires. Le gouvernement fédéral et le Nouveau-Brunswick soutiennent financièrement ce développement.

Toutefois, des spécialistes estiment qu’il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Le développement de réacteurs modulaires rentables commercialement est à l’étude depuis longtemps, et cela, dans plusieurs pays, sans qu’il n’y ait eu à ce jour de percée significative.

Jean-Thomas Bernard, professeur au Département de sciences économiques à l'Université d'Ottawa.

Jean-Thomas Bernard, professeur au Département de sciences économiques à l'Université d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada

Le professeur de l’Université d’Ottawa, Jean-Thomas Bernard, expert dans les marchés de l’énergie, ne croit pas que la percée dans le domaine des réacteurs modulaires viendra du Canada.

Si elle émerge, il y a de bonnes chances que ce sera soit en Chine, possiblement en Russie, parce que présentement ces deux pays-là construisent [...], c’est difficile de voir en quoi le Canada aurait un avantage, présentement, par rapport à la Chine, estime-t-il.

L’expert rappelle que ce qui est aujourd’hui présenté comme la voie de l’avenir par l’industrie nucléaire est en fait étudié depuis plusieurs décennies.

« Ça fait au moins un gros cinquante ans et plus que cette vision-là est présentée, et elle n’a jamais vraiment émergé. »

— Une citation de  Jean-Thomas Bernard, professeur de l’Université d’Ottawa et expert dans les marchés de l'énergie

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick souhaite que les réacteurs nucléaires modulaires soient prêts dès 2029. Cette échéance est trop optimiste, selon des analystes indépendants. Selon l’industrie, toutefois, c’est tout à fait réaliste.

Il faudra maintenant attendre le rapport de PricewaterhouseCooper ainsi que la nomination d’un nouveau PDG, avant de voir sur quoi reposera le redressement de la situation financière d’Énergie NB. Mais cela pourrait prendre encore plusieurs mois.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !