•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pollution de la Fonderie Horne : Québec envisage des baisses par étapes

Une colonne de fumée au-dessus d'installations industrielles.

Le ministre de l'Environnement est prêt à faire l'essai de diverses méthodes pour obtenir des baisses significatives des émissions d’arsenic et d’autres métaux.

Photo : Radio-Canada / Andréi Audet

ROUYN-NORANDA – Le ministre de l’Environnement du Québec précise ses intentions pour calmer la grogne et les inquiétudes à propos des émanations d’arsenic et d’autres métaux à Rouyn-Noranda. Benoit Charette se dit prêt à imposer un plafond quotidien d’émissions à la Fonderie Horne, en plus de lui faire diminuer sa pollution annuelle. Mais ce serait échelonné dans le temps.

Mercredi, le ministre a multiplié les rencontres dans cette ville minière et a pris le pouls de la communauté durant plus de cinq heures. Il a notamment discuté avec la santé publique, la mairesse, la chambre de commerce et des groupes citoyens.

Le ministre est prêt à faire l'essai de diverses méthodes pour obtenir des baisses significatives des émissions d’arsenic et d’autres métaux (dont le cadmium, le plomb et le nickel) de la part de la multinationale suisse Glencore, qui possède la fonderie, a précisé Benoit Charette en point de presse mercredi après-midi.

Une de ces avenues, c’est l’imposition d’un plafond quotidien d’émissions pour l’arsenic en plus d’un plafond annuel, comme c’est le cas pour le nickel. La norme annuelle étant une moyenne, le chiffre peut cacher des variations considérables.

« Il faut le réitérer : l’entreprise est conforme aux conditions qui lui ont été imposées en 2017. On prend davantage la mesure des lacunes aujourd’hui. Et l’absence de cible journalière est une des lacunes que l’on songe à corriger. »

— Une citation de  Benoit Charette, ministre de l'Environnement du Québec, au micro de Radio-Canada

Au Québec, la norme est de 3 nanogrammes d’arsenic par mètre cube dans l’air, mais la Fonderie bénéficie d’une exemption (une attestation d’assainissement) qui lui permet d’émettre jusqu’à 100 ng/m3. L’an dernier, sa moyenne annuelle a été de 87 ng/m3. Toutefois, certaines journées, elle a atteint plusieurs centaines et même plus de 1000 ng/m3, selon ce qu’a révélé Le Devoir mercredi.

Benoit Charette envisage aussi d’imposer à la fonderie des cibles intermédiaires qui seraient contraignantes. Son attestation d’assainissement doit être renouvelée en novembre pour cinq ans, la durée prévue par la loi. Il faudrait modifier la loi pour réussir à lui faire atteindre la norme souhaitée plus rapidement. En revanche, le ministère de l’Environnement aurait le pouvoir d’imposer des étapes avec des plafonds de plus en plus bas.

« On aurait la possibilité d’exercer notre pouvoir de contrôle et de sanction si, par exemple, après deux ans, on ne respecte pas les conditions et les cibles. »

— Une citation de  Benoit Charette, ministre de l'Environnement du Québec, au micro de Radio-Canada

Une proposition que juge intéressante la porte-parole du comité Arrêt des rejets et émissions toxiques (ARET) de Rouyn-Noranda, Valérie Fournier. Plutôt que d’avoir un seul objectif au terme de cinq ans, [on pourrait], à différentes étapes du processus à l’intérieur de ces cinq années [...], demander des réductions précises, explique-t-elle. Elle donne en exemple la possibilité de demander un premier contrôle après 18 mois.

On veut l'atteinte des normes pour tous les métaux rejetés par la fonderie, mais on comprend que ce sera graduel, précise la porte-parole.

En entrevue à Radio-Canada, la mairesse de Rouyn-Noranda, Diane Dallaire, a elle aussi réitéré que le plan déposé par l'entreprise devra respecter les normes établies non seulement pour l’arsenic mais pour l’ensemble des métaux en ajoutant que tout repose sur le délai dans lequel il sera remis.

Benoit Charette en conférence de presse.

Le ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Benoit Charette n’a pas voulu s’engager à imposer la norme québécoise de 3 ng/m3 à la fonderie. Il n’a pas non plus voulu s’avancer sur un chiffre. Il a toutefois souhaité pouvoir apporter des précisions quant au seuil de rejet d'arsenic d'ici la fin de l'été. Bien que l'attestation ne soit pas signée à ce moment-là, l'entreprise serait contrainte de respecter cette cible d'ici la fin de la période d'attestation.

Lors des rencontres, il a mentionné être préoccupé par le risque que l’entreprise ferme si elle n’est pas en mesure de respecter des exigences trop lourdes techniquement et financièrement. Benoit Charette a évoqué les 650 emplois bien payés et les risques pour la santé mentale s’ils viennent à disparaître.

La médecin Clodel Naud-Bellavance, qui participait à une des rencontres, a expliqué que l’anxiété de la communauté en ce qui concerne la pollution de la fonderie et ses risques pouvait aussi provoquer des problèmes de santé mentale.

Présentement, des impacts sur la santé mentale, il y en a. On sent que des citoyens sont anxieux. On sent qu’il y a des citoyens qui se demandent s’ils doivent s’en aller ou pas, a aussi tenu à rappeler la porte-parole du comité ARET.

Valérie Fournier dit aussi n'avoir eu, jusqu'à présent, aucun retour du premier ministre François Legault malgré l'envoi de plusieurs lettres de la part du comité ARET. C'est certain que ça serait intéressant qu'on puisse faire valoir la voix des citoyens auprès du premier ministre, dit-elle.

De son côté, la mairesse a tenu à mentionner qu'elle doit s'entretenir avec François Legault prochainement.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !