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Un homme meurt dans la salle d’attente d’un service d’urgence au N.-B.

L'opposition demande la démission de la ministre de la Santé.

Une ambulancière fait la tournée des patients sur des civières à l'urgence de l'hôpital Humber River de Toronto.

L'homme est mort alors qu'il attendait son tour à l'urgence (archives).

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Radio-Canada

Un patient est décédé dans la salle d'attente de l'Hôpital régional Dr Everett Chalmers de Fredericton, au Nouveau-Brunswick. Cet incident a perturbé et inquiété un travailleur d’un établissement de soins spéciaux qui se trouvait à quelques mètres de l'homme et qui a été témoin de la scène, mardi soir.

Le réseau de santé Horizon, qui gère l'hôpital de Fredericton, a confirmé mercredi que la mort imprévue d’un patient a eu lieu dans la salle d'attente de l’urgence, mardi.

Mourir à la « porte d'entrée du système de santé »

John Staples se trouvait mardi soir à l’urgence, où il avait emmené un résident dont il est responsable à l’établissement de soins où il travaille.

C’est là qu’il a remarqué qu’un homme âgé, assis dans un fauteuil roulant près de lui dans la salle d’attente, semblait éprouver un inconfort manifeste. M. Staples a déterminé que c’était le cas en se basant sur l’expression de son visage et sur les sons qu’il émettait. Ces bruits ont éventuellement cessé.

Porte d'entrée de l'urgence d'un hôpital.

Le service d'urgence de l'Hôpital régional Dr Everett Chalmers, à Fredericton (archives)

Photo : CBC / Maria Jose Burgos

On aurait dit qu’il était simplement endormi. Je travaille dans ce domaine depuis 20 ans, alors j’ai pu observer qu’il ne montrait aucun signe de respiration, que son abdomen ne se soulevait plus. À ce moment, j’ai présumé qu’il venait de mourir, a expliqué John Staples dans une entrevue téléphonique, mercredi après-midi.

Il relate que, tout au long des nombreuses heures où il s’est trouvé à l’hôpital avec la personne qu’il accompagnait, le personnel de l’urgence faisait régulièrement des tournées de la salle d’attente pour s’assurer que tout s’y déroulait normalement.

Lorsqu’une employée de l’urgence s’est approchée de l’homme qui n’avait plus de signes vitaux, un code bleu a été déclenché par le personnel, ce qui signifie un arrêt cardiaque, selon M. Staples. On a alors amené le patient en fauteuil roulant dans la salle d’urgence.

C’est vraiment surréaliste d’être assis dans la salle d’attente de l’urgence, d’être littéralement à la porte d’entrée du système de santé et d’y mourir. Vous êtes sur le point d’obtenir les soins dont vous avez besoin et vous ne pouvez pas les avoir à temps, déclare John Staples.

John Staples a été choqué par la situation dont il a été témoin à l'hôpital de Fredericton.

John Staples a été choqué par la situation dont il a été témoin à l'hôpital de Fredericton.

Photo : Contribution

Toujours secoué mercredi, M. Staples n’avait cependant que de bons mots pour le personnel de l’hôpital Chalmers, à l'égard duquel il dit éprouver beaucoup d’empathie.

Les travailleurs de l’urgence faisaient tout ce qu’ils pouvaient, a-t-il dit. Pendant sa visite, les infirmières à l’accueil ont fait preuve de compassion envers les patients. Certains s’y trouvaient depuis au moins huit heures, a-t-il entendu. Il a aussi vu plusieurs personnes quitter les lieux sans avoir vu de médecin.

Horizon mène un examen

Horizon fait un examen approfondi de toutes les morts imprévues qui surviennent dans nos établissements pour déterminer ce qui s’est produit et si des mesures supplémentaires sont nécessaires, a écrit dans une déclaration, mercredi, le Dr John Dornan, qui est président de ce réseau de santé.

Un tel examen a été entrepris à la suite du décès survenu mardi, dit-il.

L'Hôpital régional Dr Everett Chalmers de Fredericton.

L'Hôpital régional Dr Everett Chalmers de Fredericton

Photo : Réseau de santé Horizon

Tout au long de la pandémie, nous avons entendu le premier ministre [Blaine] Higgs parler, avec raison, du drame d’être séparé des membres de sa famille. Que se serait-il passé si ça avait l’un des membres de sa famille dans ce fauteuil roulant ce soir-là? Les choses auraient-elles rapidement changé, par comparaison avec ce qui se passe en ce moment? se demande John Staples.

Le nom de la personne décédée dans la salle d’attente n’a pas été divulgué, par respect pour sa vie privée. Ça n’a pas d’importance qu’on ne connaisse pas le nom de l’individu qui est décédé, affirme John Staples. Ça ne rend pas le problème moins important. C’était une personne que quelqu’un aimait.

L'opposition demande la démission de la ministre de la Santé

L’opposition officielle demande la démission de la ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, Dorothy Shephard, à la suite du décès de ce patient.

Étant donné l’incapacité du gouvernement Higgs, et en particulier de la ministre de la Santé, à s'attaquer à la grave crise des soins de santé, ce tragique incident était malheureusement prévisible, estime Jean-Claude D’Amours, porte-parole de l’opposition officielle en matière de Santé.

Un homme dans un bureau.

Le député d'Edmundston-Madawaska-Centre au Nouveau-Brunswick, Jean-Claude D'Amours.

Photo : Radio-Canada

Il souligne que la ministre de la Santé tarde à présenter un plan pour le recrutement des professionnels de la santé et croit que la province doit immédiatement consacrer une part suffisante de ses énormes excédents au recrutement de personnel dans nos hôpitaux afin régler le problème.

Le premier ministre Higgs doit cesser de se plaindre du gouvernement fédéral, exiger la démission de sa ministre de la Santé et s'atteler à sauver notre système de soins de santé avant qu'il ne soit trop tard, dit-il.

De nombreuses questions

John Staples a d'abord partagé son histoire sur les réseaux sociaux, où les réactions ont été nombreuses.

L'ancien député et ministre néo-brunswickois Troy Lifford s'est notamment tourné vers Twitter pour partager l'histoire de son père, qui est décédé trois jours après avoir obtenu des soins à l'hôpital de Fredericton.

Troy Lifford lorsqu'il siégeait à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick.

Troy Lifford lorsqu'il siégeait à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick.

Photo : CBC

Il raconte que son père avait de la difficulté à respirer et que des rayons X avaient confirmé qu'il souffrait d'une pneumonie. Il a été renvoyé à la maison avec des médicaments, mais est mort trois jours plus tard.

Je ne peux m'empêcher de me demander : si nous avions un système de santé fonctionnel, est-ce qu'il aurait été admis à l'hôpital et serait-il encore parmi nous? écrit-il, en réponse à la publication de John Staples.

Troy Lifford n'a pas souhaité accorder d'entrevue.

Avec des renseignements de Pascal Raiche-Nogue

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