•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Justin Trudeau défend sa décision de renvoyer des turbines gazières en Allemagne

Station de transfert gazier reliée au pipeline Nord Stream dans un parc industriel.

Photo d'archives d'une station de transfert gazier reliée au pipeline Nord Stream 1 à Lubmin, en Allemagne.

Photo : Associated Press / Stefan Sauer

La Presse canadienne

Le premier ministre Justin Trudeau défend la décision du Canada de restituer six turbines destinées à un pipeline qui transporte du gaz naturel de la Russie vers l'Europe au moment où le Congrès mondial ukrainien s'adresse à la Cour fédérale pour faire revoir cette exemption.

Alors que des sanctions ont été imposées au régime russe, la décision du gouvernement canadien d'accorder à Siemens Canada une exemption pour livrer ces turbines en Allemagne, qui étaient au Canada pour des réparations déjà prévues, lui a valu une vive réprimande de la part du gouvernement ukrainien ainsi que des critiques au pays.

Lors d'une conférence de presse mercredi matin à Kingston, en Ontario, M. Trudeau a reconnu qu'il s'agissait d'une décision difficile. Toutefois, il a expliqué que le gouvernement canadien avait décidé de permettre le retour de cet équipement en réponse aux tentatives de la Russie de militariser l'accès aux sources d'énergie en Europe.

Le premier ministre a indiqué que les sanctions canadiennes contre la Russie visaient le président Vladimir Poutine et ses acolytes et non les alliés du Canada qui dépendent du pétrole et du gaz russes.

Justin Trudeau a tenu à rappeler l'importance de faire en sorte que les citoyens européens demeurent solidaires de l'Ukraine. C'est pourquoi nous avons pris cette décision difficile d'être là pour nos alliés, pour faire en sorte qu'en Europe, non seulement les gouvernements mais aussi leurs populations restent inébranlables et généreux dans leur soutien à l'Ukraine, a-t-il expliqué.

Décision difficile

Le Canada, ses alliés de l'OTAN et d'autres pays ont pris position pour l'Ukraine depuis l'invasion russe, en février, en imposant des sanctions qui visent le président russe Vladimir Poutine et son entourage.

Cependant, depuis lors, l'Allemagne en particulier est exposée à une crise énergétique imminente, car Moscou a riposté contre ses alliés européens en réduisant l'accès à l'approvisionnement en pétrole et en gaz.

Gazprom, la société publique russe qui exploite le gazoduc Nord Stream 1, contrôlée par le Kremlin, a réduit de 60 % le mois dernier ses livraisons de gaz naturel vers l'Allemagne en raison des problèmes techniques liés aux turbines, qui avaient été envoyées à Siemens Energy, à Montréal, pour les faire réparer.

Une fois réexpédiées, les turbines pourraient alors être utilisées par Gazprom, qui relie le nord-ouest de la Russie au nord-est de l'Allemagne en passant sous la mer Baltique.

Dangereux précédent, selon Kiev

Le gouvernement ukrainien affirme pour sa part que la décision du Canada crée un dangereux précédent à un moment où la communauté internationale doit faire preuve de détermination et de fermeté face aux menaces de la Russie et à son invasion de l'Ukraine.

Le Congrès mondial ukrainien et le Congrès ukrainien canadien ont exhorté le gouvernement fédéral à réévaluer sa décision de retourner les turbines.

« La Russie cherche à miner les sanctions canadiennes et mondiales et utilise la question des turbines pour faire chanter le Canada et l'Europe. »

— Une citation de  Extrait de la requête du Congrès mondial ukrainien et du Congrès ukrainien canadien

Le Congrès demande donc au tribunal de suspendre l'expédition des turbines et de conclure que la décision du Canada est déraisonnable et constitue un recours illégal au pouvoir exécutif du gouvernement.

Dans son avis de requête, le Congrès mondial ukrainien reconnaît la menace énergétique qui pèse sur l'Allemagne mais soutient que la décision du Canada manque de transparence et emprunte une pente glissante vers un affaiblissement des sanctions internationales contre la Russie.

Gazprom a mis en doute mercredi la possibilité de rétablir la livraison du gaz sans le retour rapide de ces turbines.

Dans un communiqué publié sur Twitter, la société russe a déclaré que dans ces circonstances, il semble impossible de parvenir à une conclusion objective sur les développements futurs concernant l'exploitation sécuritaire d'une station de compression à l'extrémité russe du pipeline.

Récemment, le gaz russe représentait environ 35 % de l'approvisionnement total de l'Allemagne. En temps normal, le gaz est aussi acheminé vers d'autres pays européens.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !