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Assaut du Capitole : Donald Trump aurait fait un « appel aux armes »

L'ex-président des États-Unis, Donald Trump.

« Grosse manifestation à Washington le 6 janvier. Soyez-y, ce sera fou », a écrit Donald Trump sur son compte Twitter le 19 décembre 2020.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Agence France-Presse

L'extrême droite a coordonné l'assaut du Capitole après un message de Donald Trump perçu comme un « appel aux armes », a affirmé mardi un groupe d'élus qui enquête sur la manière dont l'ancien président a tenté de se maintenir au pouvoir.

Cette commission parlementaire, composée de sept démocrates et deux républicains, a détaillé lors de sa septième audition les pressions exercées par l'ex-président, de l'élection présidentielle de 2020 jusqu'à l'assaut du Capitole par ses partisans, le 6 janvier 2021.

L'enquête se base sur une publication Twitter de Donald Trump qui date du 19 décembre 2020, dans laquelle le milliardaire appelle la foule à se rassembler dans la capitale américaine le jour de la certification de la victoire de Joe Biden.

Grosse manifestation à Washington le 6 janvier. Soyez-y, ce sera fou, écrit alors le locataire de la Maison-Blanche sur Twitter.

Cette publication aurait fait office d'appel à l'action, et dans certains cas d'appel aux armes, pour de nombreux fidèles partisans du président Trump, a affirmé l'élue démocrate Stephanie Murphy.

Avec des vidéos et des montages, la commission a pu détailler comment l'appel de Donald Trump a été relayé par les différents animateurs de radio, youtubeurs et personnalités conservatrices.

L'un d'entre eux évoque même la possibilité d'attaquer le Capitole.

Le message de Donald Trump a aussi électrisé et galvanisé ses partisans, en particulier de dangereux groupes extrémistes comme les Oath Keepers, les Proud Boys, et d'autres groupes de racistes et de nationalistes blancs prêts à se battre contre le gouvernement, a soulevé l'élu démocrate Jamie Raskin.

Des émeutiers devant le Capitole.

Des émeutiers du 6 janvier portant les couleurs des Oath Keepers, une milice d'extrême droite.

Photo : Reuters / Jim Bourg

La commission a aussi détaillé la façon dont les différents groupes radicaux se sont coordonnés en amont du 6 janvier par des discussions privées sur Facebook et des forums en ligne. Ils ont d'autant plus échangé régulièrement avec Roger Stone, un proche de Donald Trump.

Ils n'aiment peut-être pas se qualifier de milices, mais c'est le cas [...] C'est une milice violente , a affirmé Jason Van Tatenhove, un ancien porte-parole des Oath Keepers.

Arrivées dans la capitale américaine avec des équipements paramilitaires, les Oath Keepers et les Proud Boys ont rapidement intéressé les procureurs fédéraux.

L'enquête sur l'assaut du Capitole, le 6 janvier 2021, a donné lieu à des révélations étonnantes. Dans leur témoignage, des membres de groupes extrémistes qui ont participé à l'émeute ont avoué avoir répondu à l'appel de Donald Trump, qui invitait à un grand rassemblement pour contester la victoire de Joe Biden à l'élection présidentielle. Ces groupes ont eu un accès direct à l'entourage de l'ancien président. Reportage de Sébastien Desrosiers

D'autres témoignages

Plusieurs de leurs membres ont été inculpés ces derniers mois de sédition, une accusation très rare qui implique d'avoir comploté contre le gouvernement ou l'une de ses lois.

La commission parlementaire a aussi reçu mardi le témoignage d'un trumpiste repenti, qui avait pénétré dans l'enceinte du Capitole le 6 janvier 2021 et qui, depuis, a perdu son emploi et a été contraint de vendre sa maison.

Ça a changé ma vie, et certainement pas en bien, a confié Stephen Ayres, qui est allé enlacer plusieurs policiers blessés lors de l'assaut du Capitole à la fin de l'audition.

La commission du 6 janvier a enfin tenu à balayer la possibilité que Donald Trump ait pu être manipulé par qui que ce soit dans ses manoeuvres pour infirmer le résultat de l'élection de 2020.

Le président Trump est un homme de 76 ans, pas un enfant facile à impressionner, a assuré l'élue Liz Cheney, une des rares républicaines à avoir accepté de siéger à cette commission.

Donald Trump ne peut pas se soustraire à ses responsabilités en étant délibérément aveugle, a-t-elle soutenu, à l'heure où certains demandent à ce que l'ancien président soit inculpé pour ses manoeuvres postélectorales. Le milliardaire républicain, qui flirte ouvertement avec l'idée de se représenter à la présidentielle de 2024, dénonce avec véhémence les travaux de la commission, qualifiant mardi ses membres de politicards et de voyous.

Son parti, qu'il contrôle encore d'une main de fer, a d'ores et déjà promis d'enterrer les conclusions de cette commission si les conservateurs venaient à prendre le contrôle de la Chambre des représentants lors des législatives de mi-mandat en novembre.

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