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Des Canadiens doivent rembourser leur premier chèque de PCU

Un homme devant son ordinateur.

Le site de l’Agence du revenu du Canada et de la Prestation canadienne d'urgence (PCU)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Jérémie Camirand

Des Canadiens commencent à recevoir des avis de remboursement d’Emploi et développement social Canada (EDSC) pour leur premier chèque de la Prestation canadienne d’urgence (PCU).

Au printemps 2020, au tout début de la pandémie, le gouvernement fédéral a distribué des chèques de 2000 $ aux personnes en situation précaire par l’entremise de la PCU.

Cependant, depuis quelques semaines, certaines personnes qui ont bénéficié de l’aide financière d’Ottawa reçoivent des avis indiquant qu’ils doivent rembourser le premier versement de 2000 $ qu’ils ont reçu.

En réalité, Emploi et développement social Canada explique que ce fameux versement n’aurait été qu’une avance de fonds et que les particuliers qui ont touché à cet argent, mais qui n’y étaient pas admissibles, devront le rembourser.

Un homme est assis à une table et parle devant une caméra.

Vincent Desbiens doit 1500 $ au gouvernement canadien parce qu'il a réclamé le premier versement de la PCU au printemps 2020.

Photo : Radio-Canada

C’est le cas du journaliste Vincent Desbiens qui doit rembourser 1500 des 2000 $ qu’il a reçus au début de la pandémie. S’il ne doit pas rembourser la totalité du premier chèque, c’est parce qu’il a eu droit à l’assurance-emploi.

« Je suis tombé des nues quand j’ai appris ça. »

— Une citation de  Vincent Desbiens, journaliste pour le journal Métro à Québec

C’est vraiment beaucoup comme somme, surtout ces temps-ci avec l’inflation, ce n’est pas facile pour se loger et tout ça, a-t-il mentionné.

Vincent Desbiens ne croyait pas, au moment de faire sa demande pour bénéficier de la PCU, qu’il devrait un jour rembourser une partie de la somme.

Dans mes souvenirs, en mars 2020, ce n’était pas vraiment ça qui avait été discuté, ou du moins ce qu’on avait entendu dans les médias. Ce n’était pas entendu de cette manière-là, mais c’est sûr que ça devait être écrit quelque part dans les petits caractères de la page quand on a accepté de demander la PCU. C’est juste que ç’aurait été beaucoup plus facile s’ils l’avaient clarifié dès le début, explique M. Desbiens.

10 jours pour rembourser

Selon sa compréhension, il avait 30 jours pour rembourser la somme demandée. Toutefois, étant donné que l’avis a été produit le 19 juin et qu’il ne l’a reçu que le 9 juillet, Vincent Desbiens a seulement 10 jours pour régler sa dette envers Emploi et développement social Canada.

Pour les gens qui vont être pris par surprise, c’est clair que ce n’est jamais le fun de devoir payer 1500 $ dans les 10 prochains jours, souligne-t-il.

Extrait de la lettre de la Commission de l'assurance-emploi du Canada reçue par Vincent Desbiens.

Extrait de la lettre de la Commission de l'assurance-emploi du Canada reçue par Vincent Desbiens

Photo : Radio-Canada

Le citoyen déplore d’ailleurs le manque de transparence du gouvernement dans le dossier.C’est clair que c’est un manque de transparence, en tout cas à mon avis. Il fallait le dire à la base s’il fallait rembourser. C’est sûr que les gens auraient fait plus attention, pense-t-il.

Emploi et Développement social Canada a répondu à nos demandes d'informations après la publication de ce texte. Le ministère précise que: Afin de prévenir les difficultés, des options de remboursement flexibles sont offertes, il suffit de communiquer avec l’Agence du revenu du Canada. De plus, aucune pénalité ni aucun intérêt ne sera imputé sur le trop-payé de prestations d’urgence.

Plus d'un million de personnes

Sur les 1,7 million de Canadiens qui ont été informés d’une dette liée à la PCU, plus d’un million d’entre eux l’ont déjà remboursé, nous a indiqué une porte-parole d'EDSC par courriel.

Afin de récupérer ce paiement anticipé auprès des Canadiens qui demeuraient admissibles à la PCU, au cours de l’été 2020, le Ministère a affecté cette avance à d’autres périodes de paiement en juin, en juillet et en août (aux semaines 13 et 14 ainsi qu’aux semaines 18 et 19). Les paiements versés aux prestataires ont alors été interrompus afin d’affecter les fonds versés aux semaines d’admissibilité, explique Emploi et Développement social Canada. 

Cependant, ceux et celles qui sont retournés au travail entre temps ou qui n’ont pas touché à la prestation d’urgence ont été contactés, dès novembre 2021, afin qu’ils puissent s’acquitter de leur dette, explique EDSC.

Le ministère ajoute aussi qu’aucune pénalité ou intérêt ne sera appliqué sur la somme due. 

Les oppositions demandent des précisions

Le député conservateur Luc Berthold critique la façon dont le gouvernement Trudeau a procédé dans le dossier. Selon lui, peu de Canadiens s’attendaient à devoir rembourser le premier chèque de PCU qu’ils ont reçu.

On comprend que les gens avaient besoin d’aide quand tout a fermé. Mais en même temps, je suis persuadé qu’il n’y a pas beaucoup de Canadiens ayant reçu cet argent-là qui s’attendaient à ce que le gouvernement leur demande de rembourser ces sommes-là deux ans plus tard, dit-il, tout en précisant qu’il a déjà reçu plusieurs appels de citoyens confus.

Plan rapproché de Luc Berthold.

Le député Luc Berthold estime que le gouvernement canadien devrait donner des indications claires sur la marche à suivre pour rembourser la PCU (archives).

Photo : Radio-Canada

Ce qu’on demande au gouvernement, c’est d’être clair, précis et de présenter aux Canadiens un plan clair de remboursement, poursuit le représentant du comté de Mégantic-L’Érable.

Au Bloc québécois, on estime que les choses auraient pu être mieux faites. Cependant, on comprend les enjeux importants avec lesquels le gouvernement canadien a dû composer au printemps 2020.

On comprend [que le gouvernement ait] voulu faire les choses rapidement. On s’entend qu’on était en crise. Au Bloc, on était content que les choses bougent rapidement. Là-dessus, il y a eu un bon côté, c’est que ça s’est fait vite. Mais le mauvais côté, c’est que ç’a été vite fait, mal fait. Effectivement, il y a eu un énorme manque de clarté, au niveau de la communication, pense la députée de Terrebonne, Nathalie Sinclair-Desgagné.

Nathalie Sinclair-Desgagné, en gros plan, s'adresse aux journalistes avec, en arrière-plan, Yves-François Blanchet.

La députée Nathalie Sinclair-Desgagné estime que le gouvernement Trudeau aurait pu mieux faire les choses (archives).

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Pour Mme Sinclair-Desgagné, le gouvernement doit faire preuve de transparence, mais aussi de flexibilité. Selon la députée bloquiste, un délai de 30 jours pour effectuer le remboursement est trop court.

On pense qu’au moins quelques mois, disons d’ici la fin de l'année, ce serait plus raisonnable que 30 jours en plein été alors qu’on a les paniers des biens qui ne cessent d’augmenter, l’inflation nous affecte, affirme Mme Sinclair-Desgagné.

Avec les informations de Marie-Pier Mercier et de Pascal Poinlane

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