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Les producteurs de la Saskatchewan demandent une enquête sur la fixation des prix du bœuf

Un consommateur devant un étalage de viande dans une épicerie.

Selon l'association des producteurs, il y a un décalage entre ce que les éleveurs reçoivent pour leurs animaux et les prix élevés que les consommateurs paient au comptoir.

Photo : Radio-Canada / Paul Daly

Radio-Canada

Les producteurs de la Saskatchewan affirment que les usines de viande et les grossistes limitent l’offre pour faire augmenter les prix du bœuf. Les fermiers ne bénéficient pas de cette différence de prix, selon le président de leur association, la Saskatchewan Stock Growers Association, Garner Deobald. Ils demandent qu'une enquête soit menée par les gouvernements fédéral et provincial.

Nous connaissons les prix au détail et nous connaissons les prix à la ferme. Il y a beaucoup d'argent qui reste dans la chaîne d'approvisionnement et qui ne revient pas aux producteurs, explique Garner Deobald, qui exploite une ferme près de Hodgeville. Il croit qu’il y a un moyen plus équitable de partager les profits.

Selon la SSGA, les usines de viande et les détaillants fixent les prix comme ils le veulent puisqu’ils savent que personne d'autre ne prendra leur place ou leurs profits.

L'association veut que les gouvernements mènent une enquête pour tenter de voir s'il est possible de déterminer où sont réalisés les profits et d'élaborer une stratégie qui permettrait de partager les bénéfices de façon plus équitable, dit Garner Deobald.

Dans sa demande d'enquête, la SSGA affirme que les producteurs remettent en question la stratégie des abattoirs, qui semble limiter la quantité de produit offert à la vente au détail, ce qui a pour effet de maintenir le prix à la consommation a un niveau élevé. En même temps, les abattoirs favorisent le maintien de l'approvisionnement de bovins dans les régions rurales, ce qui maintient le prix du bétail à un bas niveau.

Garner Deobald affirme que les producteurs déplorent que les consommateurs payent plus cher, alors qu'eux-mêmes risquent de faire faillite. Ils ajoutent que, de plus, ils font face à la sécheresse, aux coûts très élevés des aliments et à l'augmentation du prix du carburant et des engrais.

Ça suffit, dit Garner Deobald.

Nous aimons ce que nous faisons, nous sommes prêts à faire de longues journées, mais si nous n'avons pas de récompense à la fin et que nous perdons de l’argent, nous ne pouvons pas continuer.

Garner Deobald estime que les Canadiens pourraient perdre la production de bœuf de la Saskatchewan si cette situation se prolonge.

Garner Deobald déclare que, si son appel à l’action reste sans réponse, la SSGA envisage de faire appel au Bureau de la concurrence du Canada, qui enquête sur la fixation des prix et d’autres comportements anticoncurrentiels.

Un porte-parole du Bureau de la concurrence du Canada indique qu’il ne peut pas faire de commentaires, mais que toute personne détenant des preuves de fixation de prix doit le lui signaler.

Nous partageons les préoccupations de l’industrie en matière de prix, affirme un porte-parole du ministère provincial de l’Agriculture dans une déclaration écrite, mais il serait préférable que la SSGA discute de sa demande d’enquête avec le Bureau de la concurrence du Canada.

Comprendre la chaîne de production et de distribution

Associée de recherche au département d’économie agricole et des ressources de l’Université de la Saskatchewan, Kathy Larson explique que le steak de surlonge acheté lundi coûtait environ 12 $ la livre, soit environ 9 $ le steak. Quand on voit ces prix à l'épicerie, on se dit que les éleveurs doivent être riches, dit-elle. Mais ce n'est pas le cas.

Les éleveurs se trouvent au tout début de la chaîne d'approvisionnement. Ils élèvent les veaux nés au printemps jusqu’à ce qu’ils atteignent 550 livres. Ces veaux seront ensuite vendus en lot, environ 2 dollars la livre, à un autre producteur qui les amènera jusqu'à un poids de 1000 livres chacun et les vendra à un parc d'engraissement, Là, ils seront nourris pour atteindre 1400 livres et envoyés à l’abattage.

Les parcs d'engraissement vendent leurs animaux 1,75 $ la livre à des géants de l'industrie alimentaire, tels que Cargill et JBS, indique Kathy Larson. Elle dit qu'elle a vu du boeuf haché vendu au prix de 6,40 $ la livre sur les tablettes d’une épicerie, dimanche.

La plus grande partie du boeuf est transformée dans des usines inspectées par le gouvernement fédéral pour satisfaire aux normes d’exportation. Cargill et JBS transforment 65 % de la viande inspectée par le fédéral.

« Ils contrôlent beaucoup. Nous passons de 12 000 fermes d'exploitation de naissance (vaches-veaux) à moins de 200 parcs d’engraissement, puis à deux abattoirs principaux qui contrôlent près des deux tiers de l’abattage inspecté par le gouvernement fédéral. »

— Une citation de  Kathy Larson, associée de recherche au département d’économie agricole et des ressources de l’Université de la Saskatchewan

Elle estime que la demande de transparence pour savoir où vont réellement les profits de la vente au détail est légitime et note des problèmes similaires aux États-Unis.

L’Associated Press a rapporté la semaine dernière que le distributeur alimentaire Sysco et plusieurs autres entreprises accusent les quatre plus grands transformateurs de viande des États-Unis de gonfler les prix du bœuf.

L'entreprise de conditionnement de viande Cargill a refusé la demande de commentaires et a demandé à CBC de s’adresser au Conseil des viandes du Canada, qui n’a pas répondu. Il n’y a eu aucune réponse de la société JBS.

Avec les informations de Kendall Latimer

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