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Ottawa va prioriser l’octroi de visas pour la conférence de Montréal sur le sida

Ottawa dit connaître des délais plus longs que d'habitude et traiter en priorité les demandes de visas pour la conférence.

Jean-Pierre Routy, en entrevue.

Le Dr Jean-Pierre Routy, directeur des Services des maladies chroniques virales à l'Université McGill à Montréal, lors du 28e Congrès annuel canadien de recherche sur le VIH/sida à Saskatoon, en 2019. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Trevor Bothorel

Radio-Canada

Le gouvernement canadien dit traiter en priorité les dossiers de quelque 600 délégués étrangers attendus à Montréal pour une conférence sur le sida, à un peu plus de deux semaines de l'événement.

Prévue du 29 juillet au 2 août, AIDS 2022 accueillera environ 8000 participants.

Mais une portion d'entre eux n'ont toujours pas obtenu le visa nécessaire. Parmi les délégués qui sont dans l'incertitude, 70 % proviennent de l'Afrique, dit le Dr Jean-Pierre Routy, qui copréside la conférence.

Le continent qui a le plus besoin d’avoir des visas pour venir au Canada est l’Afrique, a décrit ce professeur du Département de médecine de l'Université McGill, mardi, tant sur la chaîne RDI que sur ICI Première.

Le Dr Routy explique que les visas sont donnés par les ambassades dans chaque pays et qu'un manque de personnel serait à l'origine des retards.

« Même si demain ils ont leur visa, on ne peut pas espérer qu'ils vont pouvoir réserver un avion et arriver. »

— Une citation de  Le Dr Jean-Pierre Routy sur les ondes de RDI

Certes, les participants pourront participer en mode virtuel à la conférence. Mais ce qui est grave, le cœur du problème, c'est que c'est en Afrique qu'il y a le plus de cas de VIH/sida dans le monde, a poursuivi le Dr Routy, et c’est sûr qu’on a besoin de travailler avec eux, d’avoir leurs idées, de saisir les problèmes.

Délais plus longs que d'habitude

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a déclaré mardi par écrit que la priorité allait être accordée au traitement des demandes de visa pour les délégués participant au 24e Congrès international annuel sur le sida.

Le ministère ajoute avoir pris toutes les mesures possibles pour accélérer le traitement des demandes et faciliter les déplacements pour cet événement.

Il avoue cependant connaître des délais de traitement plus longs que d’habitude pour les demandes de visa de visiteur.

À la fin de juin, l'organisation de la conférence, de même que 250 organisations de partout dans le monde, avait écrit au ministre canadien de l'Immigration, Sean Fraser, dans l'espoir d'accélérer le processus.

Sean Fraser parle assis à une table de presse.

Le ministre canadien de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Sean Fraser

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le gouvernement du Canada a accordé 4 millions de dollars à cet événement, une aide appréciée, affirme le Dr Routy. Mais, d'un autre côté, ce même gouvernement bloque ou a des délais pour donner des visas [...], décrie-t-il.

Le comité organisateur de la conférence accorde par ailleurs 1200 bourses aux participants étrangers, principalement à ceux des pays en voie de développement. Le Dr Routy évalue qu'environ 300 boursiers sont en attente d'un visa.

« On est bloqués : [parmi] ceux qui bénéficient de ces bourses, un certain nombre ne pourront pas venir à Montréal. »

— Une citation de  Le Dr Jean-Pierre Routy

Cette conférence est d'autant plus importante que, depuis trois ans, aucune rencontre sur le sujet n'a pu être tenue en personne en raison de la pandémie de COVID-19. De plus, toujours en raison de la pandémie, nombre de services et de soins n'ont pu être assurés de manière optimale, a expliqué le Dr Routy.

Santé et sécurité à Montréal

Sur le site Internet d'AIDS 2022, le comité organisateur explique pourquoi il a choisi Montréal : la ville hôte doit être en mesure de procurer des standards élevés en matière de santé et de sécurité, car plusieurs des participants sont immunosupprimés ou travaillent étroitement avec des personnes qui le sont.

De plus, le comité organisateur collabore étroitement avec la ville d'accueil pour que divers groupes clés soient traités de manière égalitaire et sécuritaire : la communauté LGBTQ, les personnes qui vivent avec le virus d'immunodéficience acquise, les travailleurs du sexe et les utilisateurs de drogues injectables.

En ce qui a trait à la lutte menée globalement dans le monde contre la pandémie du VIH/sida, le Canada est un leader reconnu, dit-on aussi sur le site Internet.

Mardi, le Dr Routy a rappelé l'importance de maintenir l'envoi de fonds internationaux en Afrique pour maintenir la couverture de médicaments antirétroviraux. Car, contrairement à la COVID-19, l'infection à VIH et la maladie [causée par le VIH] durent toute la vie, donc on doit traiter les gens toute leur vie, dit-il.

Les experts souhaitent que les progrès réalisés pour lutter contre la pandémie de COVID-19 puissent servir à la lutte contre le VIH/sida, comme les stratégies de vaccins à ARN messager et aussi les anticorps monoclonaux.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le VIH reste un problème majeur de santé publique dans le monde et compte plus de 36 millions de décès à ce jour.

Le nombre de personnes qui vivent avec le VIH était estimé à la fin de 2020 à près de 38 millions. De ce nombre, plus des deux tiers (soit 25 millions) vivent en Afrique subsaharienne.

Avec les informations de Marie-Michèle Bourassa et de Marie-Isabelle Rochon

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