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Des retards du fédéral dénoncés par les organismes qui parrainent les réfugiés

Capture d'écran montrant Mohammed Kharsa, Yasmine Sheikho et leur fille Sham.

Les réfugiés syriens Mohammed Kharsa, Yasmine Sheikho et leur fille Sham sont en Turquie. Les parents n’ont pas vu leur fils de 9 ans depuis 5 ans et espèrent venir le rejoindre à Saskatoon rapidement.

Photo : Radio-Canada / Bonnie Allen

Radio-Canada

Plus d’une centaine d’organisations parrainant des réfugiés sous entente avec le gouvernement fédéral disent ne plus pouvoir venir en aide à ces personnes vulnérables parce qu’Ottawa ne respecte pas ces ententes.

Ces groupes sont des signataires d’ententes de parrainage (SEP), un programme du gouvernement fédéral. Établis un peu partout au pays, ce sont des organismes religieux, humanitaires ou communautaires qui prennent à leur charge les coûts financiers ainsi que les aspects juridiques et logistiques liés à l’établissement de réfugiés au pays.

Ils travaillent souvent avec des groupes communautaires plus petits qui se chargent des campagnes de financement et coordonnent le logement, l’inscription à l’école et la recherche d’emploi des réfugiés.

Le 20 juin, l’association des signataires d’ententes de parrainage qui regroupe ces organismes, le Conseil des SEP, a écrit au ministre fédéral de l’Immigration, Shawn Fraser, pour se plaindre parce que ces derniers n'ont toujours pas reçu leur allocation annuelle de parrainage.

Le Conseil des SEP affirme que cela constitue un non-respect des ententes et réclame un déblocage immédiat des allocations pour 2022.

Chaque année, le fédéral alloue aux SEP un certain nombre de réfugiés qu’ils pourront parrainer, pour un total d’environ 10 000 à 12 000 personnes sur l'ensemble du pays. Les organismes peuvent ensuite soumettre des demandes à Immigration, Réfugiés, Citoyenneté Canada (IRCC).

Le Conseil des SEP s’inquiète parce qu’avec chaque jour qui passe l’échéancier pour soumettre de nouvelles demandes se rétrécit et qu’il devient difficile de planifier ou de confirmer aux familles de réfugiés qu’ils pourront les aider.

C’est vraiment frustrant, affirme le coordonnateur des services de migration et d’établissement au Comité central mennonite (CCM) de Saskatoon, Mark Bigland-Pritchard. Cet organisme religieux a une entente de parrainage avec Ottawa depuis 40 ans.

On ne peut pas soumettre le plus gros de notre allocation jusqu’à ce qu’ils nous permettent de le faire, dit-il, ajoutant que les délais mettent en danger des milliers de personnes victimes de persécution ou vivant dans des endroits non sécuritaires.

Parmi les demandes qu’il aimerait soumettre le plus rapidement possible se trouvent celles des parents et de la sœur d’Adnan Kharsa, un réfugié syrien de 9 ans séparé de sa famille depuis maintenant cinq ans.

Parrainé par des organismes privés en tant que réfugié l’an dernier, Adnan Kharsa vit à Saskatoon depuis un an avec sa grand-mère et un oncle.

Sa tante Doha Kharsa a mis sur pied un organisme de parrainage et a collecté 40 000 $ pour financer la venue au Canada des parents et de la soeur d’Adnan. Elle s'est ensuite associée au CCM pour qu’il soumette des demandes en leur nom dans le cadre de son allocation de parrainage pour l’année 2022.

Selon Mark Bigland-Pritchard, le gouvernement alloue normalement au CCM de Saskatoon 400 places de réfugiés par année, et cette allocation est en général confirmée en février.

Cela ne s’est pas produit cette année. En mai, Ottawa a accordé 25 parrainages à chacun des détenteurs d’ententes au pays.

Les demandes de Doha Kharsa n’en font pas partie. C’est choquant, dit-elle. Je ne sais pas comment je vais dire cela à ma mère, à Adnan, et même à mon frère en Turquie.

Je ne comprends pas. L’argent est là. La demande est prête à partir. Pourquoi ce retard?

Selon le Conseil des SEP, IRCC explique ce délai par des défis dans le traitement des demandes dans son centre opérationnel d’Ottawa.

Dans un courriel à CBC/Radio-Canada, un porte-parole du ministre Shawn Fraser n’a pas fourni d’explications pour le retard. Le Ministère travaille activement pour accorder aux SEP les allocations de parrainage qui restent pour l’année 2022 , précise-t-il toutefois.

Nous pouvons confirmer que nous avons reçu la lettre [du Conseil des SEP] et que nous répondrons à ses préoccupations dans une communication qui lui sera directement adressée, indique le porte-parole.

Au début du mois de mai, IRCC indiquait que 110 661 demandes d'établissement d'un réfugié étaient en attente de traitement, dont 36 681 prises en charge par le gouvernement et 71 980 réfugiés parrainés par le secteur privé.

Avec des informations de Bonnie Allen

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