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Murdochville : Métaux Osisko confirme son intention d’acquérir l’ancienne mine de cuivre

Une rue de Murdochville en automne.

L'ancienne ville minière de Murdochville a déjà compté plus de 5000 habitants. La population est maintenant d'environ 600 personnes (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un peu plus de 20 ans après la fin des activités minières à Murdochville, Métaux Osisko annonce qu’elle compte officiellement exercer son option dans le but d'acquérir l'ancienne mine de cuivre de l'endroit.

L’entreprise confirme cette information dans un communiqué publié lundi matin.

Elle y indique que les deux parties ont fini d'élaborer la documentation finale relativement au projet Copper et que Métaux Osisko a signifié son intention d’exercer son option. On annonce aujourd’hui notre intention de clôturer une entente pour acquérir Mines Gaspé. Avant, on investissait pour savoir si on voulait aller de l'avant, résume Jeff Hussey, président et chef d’opération de Métaux Osisko.

Plusieurs conditions, dont l’approbation de la bourse de croissance TSX, sont assorties à cette entente.

La signature définitive permettant de finaliser l’entente devrait avoir lieu vers la fin de septembre, mentionne Jeff Hussey.

Métaux Osisko devait d’abord annoncer le 30 juin si elle procédait à l'acquisition de Mines Gaspé, mais cette date a été repoussée à vendredi dernier. La semaine dernière, le président-directeur général de la minière, Robert Wares, avait laissé entendre que l’issue de ce dossier était positive, sans toutefois en dire davantage.

Des rues et des maisons de Murdochville en automne.

Si les données sont positives, la production commerciale de cuivre pourrait commencer d'ici une dizaine d’années (archives).

Photo : Radio-Canada

Une entente conditionnelle est intervenue en mars dernier entre la société d’exploitation minière et Glencore Canada, propriétaire des lieux, pour l’éventuelle acquisition du site de Murdochville. Cette dernière accordait à Métaux Osisko l’option exclusive d’acquérir 100 % de ses intérêts dans Mines Gaspé.

La compagnie souhaitait toutefois déterminer si la mine à ciel ouvert du mont Copper était rentable à long terme.

Selon les informations rendues publiques ce printemps, cette acquisition se ferait au coût de 25 millions de dollars américains. Le montant final de la transaction n’a pas été dévoilé lundi.

Encore beaucoup de travail à faire pour la minière

Métaux Osisko continue toujours ses recherches afin de savoir si la mine à ciel ouvert du mont Copper est rentable à long terme. Jusqu'à présent, les forages exploratoires et les évaluations sont concluants, mentionne Jeff Hussey, sans vouloir confirmer que la mine sera bel et bien achetée puisqu’il reste encore plusieurs étapes à franchir avant de l’annoncer officiellement, dit-il.

Nous avons quatre foreuses qui tournent actuellement; ça devrait prendre fin à l'automne. Nous calculons la ressource de base afin de voir combien de minerai est accessible pour l'exploitation. Au cours de la prochaine année, on observera la façon de faire pour y parvenir, explique-t-il.

L’entreprise prévoit donc investir 70 millions de dollars d’ici les quatre prochaines années pour réaliser toute la démarche nécessaire avant l’ouverture potentielle de la mine de cuivre. Ce montant prévoit entre autres le coût d’acquisition, les travaux exploratoires et les études.

Un village éclairé au pied de montagne avec des pistes de skis lumineuses.

Murdochville, située à environ 535 mètres d'altitude dans les Chic-Chocs.

Photo : Page Facebook de l'auberge Chic-chac

Un projet qui aspire à une cohabitation avec le milieu

La minière poursuivra aussi, en août, son travail visant à assurer l’acceptabilité sociale du projet. Elle rencontrera les citoyens et répondra à leurs questions.

Cette réouverture potentielle suscite beaucoup d’inquiétudes, mentionne Délisca Ritchie-Roussy, la mairesse de Murdochville. Il n’y aura pas de pollution puisqu’il n’y aura pas de fonderie, ce qui avait été problématique dans les anciennes années. Sans fonderie, ça va être acceptable, assure la mairesse, qui indique que la fonderie a fermé en 2002.

Délisca Ritchie-Roussy, mairesse sortante, tentera de briguer un cinquième et dernier mandat à la mairie de Murdochville.

La mairesse de Murdochville, Délisca Ritchie-Roussy, a été en contact avec des représentants de Métaux Osisko lundi matin (archives).

Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin

À la suite du départ d’un des six conseillers municipaux de Murdochville la semaine dernière pour des raisons encore inconnues, la mairesse assure que la reprise potentielle des activités à la mine de cuivre ne crée aucune dissidence au sein du conseil.

Les cinq conseillers restants veulent que le projet aille de l’avant, mentionne Mme Ritchie-Roussy. Le conseiller démissionnaire, Jean-Philippe Poulin, a pour sa part refusé de justifier les raisons de son départ.

Façade de l'hôtel de ville de Murdochville.

Les élus de Murdochville appuient le projet, selon la mairesse Ritchie-Roussy (archives).

Photo : Radio-Canada

Le milieu récréotouristique de Murdochville voit aussi d’un très bon œil l’arrivée de Métaux Osisko dans la ville. Guillaume Molaison, le fondateur de l'entreprise récréotouristique Chic-Chac, rappelle les retombées économiques que l’industrie minière a apportées avant la fin de ses activités en 1999. Selon lui, le récréotourisme peut très bien vivre avec l’industrie minière.

La mine a implanté des infrastructures encore utiles à ce jour comme la station de ski, le centre de plein air et la patinoire. J’imagine qu’il y aura des nouvelles infrastructures qui pourraient améliorer la qualité de vie de la ville avec la mine si elle rouvre , indique Guillaume Molaison, optimiste de voir Murdochville retrouver sa vigueur d'antan.

Guillaume Molaison, jeune entrepreneur de Murdochville.

Guillaume Molaison, le fondateur de l'entreprise récréotouristique Chic-Chac, se réjouit de la potentielle arrivée de Métaux Osisko à Murdochville.

Photo : Radio-Canada

Le cuivre, une ressource convoitée

Le professeur en métallurgie extractive au campus de Rouyn-Noranda à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, Jean-François Boulanger, affirme que cette réouverture est dûe à l'électrification des transports qui nécessite énormément de cuivre. Ça prend des quantités de cuivre importantes dans les véhicules et autobus verts, que ce soit pour conduire l’électricité ou permettre l’induction qui fait l’entraînement de la voiture dans le moteur , illustre-t-il.

« Il y a six à dix fois plus de cuivre dans une voiture électrique que dans une voiture conventionnelle. C’est un métal central pour notre transition écologique. »

— Une citation de  Jean-François Boulanger, professeur en métallurgie extractive au campus de Rouyn-Noranda à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

Jean-François Boulanger croit donc qu’il y a de l’avenir dans la mine à ciel ouvert du mont Copper. Il y a toujours du métal qui reste dans toutes les mines qui sont en exploitation. C’est juste qu’à un certain moment, ça ne devient plus économique d’extraire le cuivre et les activités minières ont alors cessé met de l’avant le professeur qui dit suivre le dossier avec attention.

Avec les informations d'Isabelle Lévesque, de Jean-François Deschênes et de Guillaume Whalen

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