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Marcher quand les jambes ne portent plus : l’espoir des exosquelettes

L'athlète monte des marches avec un casque, un gilet rouge et un exosquelette.

Les exosquelettes offrent aux personnes en situation de handicap l'espoir de pouvoir marcher à nouveau, comme pour l'athlète Silke Pan avec ce prototype de l'entreprise suisse Twiice.

Photo : AFP / FABRICE COFFRINI

Agence France-Presse

Dans un atelier industriel parisien, des techniciens et des techniciennes assemblent une sorte de robot, dans lequel un être humain pourrait se glisser : l'exosquelette Atalante, capable de refaire marcher ceux et celles que leurs jambes ne portent plus.

La jeune entreprise française Wandercraft est l'une des plus prometteuses sur le marché des exosquelettes de marche, destinés aux personnes paralysées des membres inférieurs.

C'est un robot marcheur qui se place autour de vos jambes et marche à votre place, ou bien vous laisse marcher si vous avez encore un peu de puissance résiduelle, explique Jean-Louis Constanza, cofondateur de Wandercraft.

Le robot peut être piloté par une manette de jeu, par les mouvements du buste, voire les mouvements de la tête, si son ou sa pilote est tétraplégique.

Pour l'instant, les exosquelettes de marche ont trouvé un débouché dans les services de réadaptation des hôpitaux, où des patients et des patientes utilisent ces machines encore encombrantes pour se rééduquer à la marche, ou tout simplement retrouver – même brièvement – la position debout et tous ses bénéfices pour le corps et l'esprit.

Un homme marche avec un exosquelette, entouré de personnes en complet.

Une démonstration du prototype Atalante de Wandercraft

Photo : AFP / ERIC PIERMONT

Trouver sa place

Le marché est petit, mais Wandercraft a plusieurs concurrents partout dans le monde, comme l'américain Ekso Bionics, le japonais Cyberdyne ou les prototypes produits par des laboratoires de recherche.

En 2020 en Suisse, la compétition Cybathlon opposant des exosquelettes de marche a vu triompher les exosquelettes sud-coréens du laboratoire Angel Robotics et ceux de la jeune entreprise suisse Twiice, jugés sur leurs capacités à faire un parcours donné le plus rapidement possible.

Toutefois, à la différence de ses concurrents, l'Atalante s'équilibre tout seul, et n'oblige pas son ou sa pilote à utiliser des béquilles pour se stabiliser.

Il est capable de faire des petits pas très rapides qui l'empêchent de tomber, explique Jean-Louis Constanza, qui souligne la complexité des problèmes mathématiques et physiques qu'il a fallu résoudre pour parvenir à cette prouesse.

Cette capacité à s'équilibrer sans béquilles est particulièrement utile pour les patients et les patientes qui ont des lésions médullaires hautes et qui ne peuvent donc pas se servir de cannes, confirme le docteur Jacques Kerdraon, du centre de rééducation de Kerpape, qui a acheté un Atalante.

Au total, Wandercraft a vendu plus d'une vingtaine de ces appareils, dont le prix peut être estimé à entre 150 000 et 200 000 euros (de 197 000 à 260 000 dollars canadiens environ).

Des exosquelettes pour la vie de tous les jours

Néanmoins, la vraie ambition est de commercialiser un jour un appareil plus léger que la grosse machine Atalante, un exosquelette suffisamment maniable pour permettre au patient ou à la patiente de le mettre sans aide et de se déplacer à la maison ou dans la rue.

Un objectif technologiquement ambitieux, dont Jean Michenaud, ingénieur en biomécanique à l'Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique, doute un peu.

Une telle machine est très encombrante, a besoin de batteries et devra être capable de faire des mouvements très compliqués, qui ne sont pas cycliques, comme monter dans une voiture ou monter des marches d'escalier, estime le chercheur.

Je pense que c'est possible, mais nous en sommes probablement encore très loin, estime de son côté Tobias Bützer, chercheur au laboratoire ETH de Zurich, en Suisse, qui organise le Cybathlon.

L'un des principaux problèmes est de concevoir un exosquelette qui peut s'adapter à beaucoup de monde, et pas seulement à un pilote donné, explique-t-il. Il faut qu'il soit léger, rapide, stable...

Une personne avec un exosquelette, vue à vol d'oiseau.

Un prototype de l'équipe étudiante Project MARCH au Cybathlon de 2019

Photo : AFP / KOEN VAN WEEL

Jacques Kerdraon, le médecin du centre de rééducation, se montre de son côté plus optimiste. Nous sommes en cours de mise en place d'une étude de faisabilité pour un exosquelette permettant une autonomie de déplacement dans un appartement, indique-t-il.

Il y a encore des étapes à valider sur l'acceptabilité par les patients et patientes, l'usage à long terme, la population concernée...

En tout cas, il y aurait de grands bénéfices à verticaliser des blessés médullaires de façon prolongée à leur domicile, selon lui.

La prochaine édition du Cybathlon, en 2024, prévoira une épreuve – sur dix – de marche sans béquilles, pour tester les progrès de tous les exosquelettes vers l'autoéquilibrage.

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