•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Violence envers les aînés : la police observe une augmentation de 22 % en 10 ans au Canada

Gros plan de l'œil d'une personne âgée.

Malgré cette augmentation, les aînés se sentent globalement en sécurité (archives).

Photo : iStock / Jodi Jacobson

Selon une étude de Statistique Canada publiée le 7 juillet, de 2010 à 2020, le nombre d'affaires de violence envers des personnes âgées enregistré par la police a augmenté de 22 %.

En comparaison, sur la même période, la violence envers les personnes plus jeunes déclarée par la police a diminué de 9 %. Pourtant, les aînés disent se sentir plus en sécurité que les jeunes, et ont globalement plus confiance dans les institutions judiciaires.

À titre d’exemple, en 2019, 129 000 personnes âgées ont été victimes de violence au Canada.

Sensibilisation efficace

Titulaire de la chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes âgées à l’Université de Sherbrooke, Marie Beaulieu trouve ces données plutôt rassurantes.

«  On est en train de briser le mur du silence autour de la violence faite aux aînés. »

— Une citation de  Marie Beaulieu, titulaire de chaire de recherche sur la maltraitance envers les aînés

Pour Marie Beaulieu, l’une des hypothèses qui expliquent cette augmentation de 22 % est que cela correspond plus à une augmentation des plaintes qu’une augmentation à proprement parler des violences.

Depuis une dizaine d’années, on a fait un énorme travail pour sensibiliser les gens à l’importance de dénoncer les violences envers les aînés, en particulier la maltraitance, explique-t-elle.

À chaque fois qu’une campagne de sensibilisation est efficace, on constate une augmentation du nombre de signalements, poursuit Mme Beaulieu, ajoutant que, si cette hypothèse se vérifie, il y’a lieu de se réjouir, car nos campagnes de sensibilisation ont porté leurs fruits.

Un constat plus sombre

Selon l’avocate spécialisée en droit des aînés, Ann Soden, les chiffres du rapport ne reflètent pas la réalité. Elle doute que les personnes âgées se confient vraiment sur leur sentiment d'insécurité.

Ils ne vont pas dire "je ne me sens pas sécuritaire" en présence de quelqu’un de Statistique Canada ou en présence d’un contrôle que quelqu’un de la famille a sur cette personne. Ils ne vont pas reconnaître la réalité qu’ils ne sont pas en sécurité, avance-t-elle.

Pour l'avocate spécialisée, réduire la violence doit passer par l’éducation des plus jeunes.

Il faut commencer à enseigner dès le plus jeune âge le respect et les responsabilités que nous avons tous comme communauté envers nos aînés, explique Mme Soden.

Le rapport de Statistique Canada cumule les données rapportées à la police et des données tirées de l’enquête sociale générale sur la sécurité des Canadiens.

Avec les informations de Anne-Charlotte Carignan et Alexia Bille

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !