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Relance de la pêche au calmar aux Îles-de-la-Madeleine

Un calmar est tenu par deux mains, au-dessus de l'eau.

Le calmar est observé plus fréquemment dans le golfe du Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Les Québécois amateurs de calmar frit n’ont d’autre choix pour l'instant que de consommer un produit qui provient de l’Argentine. Mais les choses pourraient changer. La pêche au calmar sera rouverte à petite échelle aux Îles-de-la-Madeleine, dès le 18 juillet.

Il y a actuellement 14 titulaires de permis de pêche au calmar au Québec, tous détenus par des pêcheurs madelinots.

Pêches et Océans Canada (MPO) rapporte avoir reçu plusieurs demandes pour relancer cette pêche, qui n'était plus active au Québec depuis une quarantaine d'années.

Selon le Ministère, la pêche au calmar permettra d'obtenir des données sur l'espèce, de connaître l'intérêt du marché et de déterminer s'il s'agit d'une pêche rentable à long terme pour l'industrie.

Un plan de pêche axé sur la conservation a récemment été transmis à l'industrie. Il précise les mesures de gestion qui encadrent cette pêcherie pour la saison (quotas, périodes de pêches, engin autorisé, etc.)

Au Canada, la majorité des titulaires de permis sont à Terre-Neuve et en Nouvelle-Écosse. Il y a aussi des activités embryonnaires qui se développent au Nouveau-Brunswick.

Un bac rempli de calmars.

Un bac rempli de calmars

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Des limites trop faibles pour une pêche rentable

Détenteur de l'un des 14 permis madelinots, un pêcheur de Grosse-Île, Edwin Quinn, a commencé à faire des démarches pour s'équiper, mais il se dit très déçu de la limite de 200 turluttes (leurre de pêche garni d’une ou de deux rangées d’hameçons) fixée par le MPO. Il croit que ce n'est pas suffisant et qu’il en faudrait 500 pour que la pêche commerciale soit viable.

Edwin Quinn s'est d’ailleurs rendu au bureau du MPO aux Îles jeudi matin pour exprimer son mécontentement et demander le réajustement à la hausse du nombre de turluttes avant le début de la pêche.

Un pêcheur dans son bateau.

Un pêcheur de calmar dans les Maritimes

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Le pêcheur se dit toutefois très content de la réouverture de cette pêche et croit à son potentiel.

M. Quinn a déjà commandé de l'équipement pour se préparer. Il estime à 25 000 $ le coût pour s'équiper.

De son côté, le pêcheur Réjean Vigneau souhaite pêcher le calmar, mais admet qu’il ne s’y connaît pas beaucoup, bien qu'il soit l'un des 14 détenteurs de permis. Je n'ai jamais pêché le calmar, indique-t-il. J'avais demandé un permis il y a 10-15 ans pour faire des tests, mais finalement, je n'y suis jamais allé. C'est très expérimental, il n'y a pas vraiment personne qui s'y connaît aux Îles. On regarde ce qui se fait à Terre-Neuve.

M. Vigneau a peu d'espoir d'être prêt pour tenter l'expérience de la pêche au calmar cette année.

Je n'ai rien préparé, mentionne ce pêcheur de maquereau et de homard. On ne retrouve pas ce genre d'équipement aux Îles, il faut commander ça à Terre-Neuve. C'est quand même un gros investissement, j'ai déjà commencé des démarches pour voir si je pourrais obtenir de l'aide du Fonds des pêches.

D'après moi, il y aurait sûrement un petit marché pour écouler les stocks localement dans les poissonneries, mais je ne sais pas si des usines de transformation ont démontré l'intérêt d'acheter le calmar ici aux Îles, ajoute-t-il.

Le programme Fourchette bleue a porté ses fruits

La directrice générale du Musée Exploramer de Sainte-Anne-des-Monts, Sandra Gauthier, est ravie de cette décision.

Il y a longtemps qu’elle tente de promouvoir la consommation du calmar du Québec, entre autres par l’entremise du programme Fourchette bleue.

Assiette de calmars grillés avec un quartier de citron

Calmars grillés

Photo : Radio-Canada

Nous, on était au courant depuis quelques années déjà, de ce retour important de cette biomasse là dans le Golfe, rappelle-t-elle. On a mis depuis déjà plusieurs années le calmar sur la liste des espèces à valoriser dans le Saint-Laurent.

On sait depuis 2010, qu'il y avait aux Îles-de-la-Madeleine, une quinzaine de permis de pêche qui étaient inactifs depuis une soixantaine d'années, ajoute-t-elle. On s'est pointés aux Îles, nous, l'équipe de Fourchette bleue, pour faire des petits signaux aux détenteurs de permis.

Sandra Gauthier explique que les captures de calmar avaient beaucoup diminué puis cessé dans les années 1960, alors qu’on le pêchait pour en faire de la bouette (appâts). Au fil des ans, mentionne-t-elle, les chercheurs se sont rendu compte qu'il y avait des calmars dans les estomacs de fous de Bassan, donc un retour de cette biomasse.

Sandra Gauthier mentionne que le calmar est très populaire dans les pays méditerranéens, mais aussi au Québec. L’habituel calmar frit est un des fruits de mer qu'on voit le plus en formule 5 à 7. On le voit un peu partout maintenant dans les restaurants, précise-t-elle.

« Mais les calmars consommés au Québec viennent d'Argentine la plupart du temps. Là, ce qui est intéressant, c'est de pouvoir se rapprocher de notre ressource et se l'approprier davantage. »

— Une citation de  Sandra Gauthier, directrice générale du Musée Exploramer

Quatorze permis, c'est très peu, mais les attentes de Sandra Gauthier sont grandes.

Les pêcheurs se préparent, dit-elle. On a parlé avec un transformateur des Îles qui est prêt à entamer le processus de transformation du calmar aussi.

Des calmars pendant le processus d'accouplement

Il existe plus de 300 espèces de calmars dans les étendues d’eau salée du monde entier.

Photo : iStock / Michael Zeigler

Mme Gauthier souhaite que la pêche au calmar génère d'autres retombées à plus long terme, avec la deuxième et troisième transformation. Dans le calmar, il y a une petite poche d'encre qu'on appelle, d'un point de vue gastronomique, l'encre de seiche, explique-t-elle. Donc ce sera de trouver comment on peut récupérer cette encre-là, de voir comment on la transforme, notamment en Italie ou en Espagne, pour pouvoir la mettre sur le marché de la haute gastronomie.

La directrice admet toutefois que les quantités de ce mollusque pourraient varier avec les années, notamment en raison de maladies ou des conséquences des changements climatiques.

Avec les informations d’Isabelle Larose et de Guillaume Whalen

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