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Menace de grève générale illimitée cet été à la traverse de L’Isle-aux-Coudres

Un traversier se déplace sur le fleuve Saint-Laurent, en été.

Le déclenchement d'une grève entraînerait une réduction du nombre de départs quotidiens. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Kassandra Nadeau-Lamarche

Les employés non brevetés de la traverse de L’Isle-aux-Coudres ont l’intention de déclencher une grève générale illimitée le 16 juillet. La Société des traversiers du Québec (STQ) accuse leur syndicat de prendre les citoyens et les entreprises de l’île charlevoisienne en « otage » en menaçant de débrayer au plus fort de la saison touristique.

Le Syndicat des Métallos (FTQ), qui représente les 35 travailleurs syndiqués de la traverse, a annoncé mercredi avoir transmis au Tribunal administratif du travail une proposition de services essentiels à maintenir durant la grève.

Puisque la traverse est le seul moyen de relier L’Isle-aux-Coudres à la rive nord, les employés devront assurer un service minimum durant leur grève, qui devrait se traduire par une réduction du nombre de départs quotidiens.

Un service essentiel

Lors des cinq journées de grève tenues depuis l’automne, 16 traversées en services essentiels avaient été maintenues entre L’Isle-aux-Coudres et Saint-Joseph-de-la-Rive.

La Société des traversiers du Québec (STQ) affirme que les syndiqués ont proposé au Tribunal d’offrir 12 traversées quotidiennes durant la grève annoncée. L’employeur souhaite pour sa part que la plage des services essentiels soit la plus grande possible pour desservir au maximum L’Isle-aux-Coudres en cas de grève.

Un traversier est accosté au quai de L'Isle-aux-Coudres.

Les syndiqués non brevetés de la traverse de L'Isle-aux-Coudres ont observé cinq journées de grève au cours des derniers mois. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Francois LaRochelle

La convention collective des employés non brevetés de la traverse de L’Isle-aux-Coudres est échue depuis le mois de mars 2020. Les employés non brevetés incluent les membres d’équipage, le personnel de quai ainsi que les préposés au gardiennage et à l’amarrage.

Salaires ridicules

Les travailleurs réclament un rattrapage salarial avec leurs collègues de l’industrie afin, notamment, de favoriser la rétention de la main-d'œuvre et de mieux affronter les impacts de l’inflation.

Les salaires actuels sont ridicules, comparés au marché. Nos membres s’appauvrissent depuis 2019 et l’inflation galopante de la dernière année rend la situation encore plus intenable. L’avenir de la traverse passe par des hausses substantielles, rapidement, a indiqué dans un communiqué le président de la section locale 9599 du Syndicat des Métallos, Dave Turcotte.

Le représentant syndical Luc Laberge affirme pour sa part que le dossier traîne depuis trop longtemps. Il invite l’employeur à revenir sans tarder à la table de négociation pour éviter les conséquences d’une grève sur les citoyens et les commerçants de L’Isle-aux-Coudres.

Une file de voitures sur le quai d'une traverse, en été.

En cas de grève, les files d'attente aux quais de Saint-Joseph-de-la-Rive (photo) et de L'Isle-aux-Coudres risquent de s'allonger. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Guylaine Bussière

De son côté, la STQ affirme avoir signifié au conciliateur, dès la réception de l’avis de grève, que ses représentants étaient disponibles pour négocier 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, si nécessaire, afin d’éviter une diminution de service à L'Isle-aux-Coudres durant la saison estivale. La prochaine rencontre de conciliation est prévue le 13 juillet.

La STQ rappelle qu’elle a offert aux employés de la traverse de L'Isle-aux-Coudres – Saint-Joseph-de-la-Rive les mêmes augmentations qui ont été consenties à leurs collègues de la traverse de Tadoussac–Baie-Sainte-Catherine, représentés par Unifor, et ceux des traverses de Québec–Lévis, Sorel-Tracy–Saint-Ignace-de-Loyola et Matane–Baie-Comeau–Godbout, syndiqués à la CSN.

L’offre actuelle bonifierait en moyenne leurs revenus annuels moyens de 7000 $ à 8000 $, une augmentation de 14,3 %, indique dans un courriel à Radio-Canada Simon Laboissonnière, responsable des communications à la STQ.

Pic de la saison

Il ajoute que l’organisation doit s’assurer de conserver une équité dans son réseau entre les mêmes catégories d’emplois et veiller à respecter la capacité de payer des contribuables québécois.

Bien que nous respections le droit de grève du syndicat, nous trouvons déplorable qu’ils prennent les citoyens et les entreprises de L’Isle-aux-Coudres en otage durant la saison estivale où l’achalandage et l’activité économique de l'île sont à leurs plus forts, écrit M. Laboissonnière.

Le traversier NM Svanoy sur le fleuve Saint-Laurent, en été.

Un traversier supplémentaire, le NM Svanoy, doit assurer le service entre L’Isle-aux-Coudres et Saint-Joseph-de-la-Rive cet été. (Archives)

Photo : Twitter/StephaneLafaut (capture d'écran)

La STQ s’attend à ce que près de 30 000 clients souhaitent utiliser les services de traversier de L’Isle-aux-Coudres durant la semaine prévue de déclenchement de la grève.

Pour faire face à cet achalandage estival important, la STQ a d’ailleurs fait appel à un navire norvégien, le NM Svanoy, qui épaulera le NM Félix-Antoine Savard.

Le Svanoy est toujours en période de rodage.

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