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L’effondrement d’un glacier est aussi possible dans les Rocheuses

Glacier Peyto en 2021

Des morceaux de glace sont tombés du glacier Peyto par le passé, sans causer de dommages (2021).

Photo : Benoît Livernoche

L'effondrement d'un glacier comme celui qui a tué neuf personnes dimanche en Italie pourrait se produire dans les Rocheuses canadiennes, car les changements climatiques y provoquent aussi l'instabilité des glaciers, selon des experts.

Le professeur émérite en géologie John Pomeroy de l’Université de la Saskatchewan indique que depuis les années 1960, les températures moyennes se sont réchauffées de 3,5 °C dans certaines régions des Rocheuses.

John Pomeroy sur un glacier.

John Pomeroy observe une grande crevasse qui s'est formée en 2021.

Photo : Radio-Canada / Benoît Livernoche

Nous sommes à haut risque que ça se produise dans les Rocheuses, dit-il. En fait, un morceau de glacier tombe tous les ans au Canada. [...] La plupart de ces chutes de glace surviennent dans des régions très éloignées et lorsqu’elles n’étaient pas dans des régions éloignées, elles se sont produites de nuit, ce qui a permis d’éviter des décès.

Il rappelle qu’en 2012, un énorme morceau du glacier Ghost près du mont Edith Cavell dans le parc national de Jasper s’est détaché en pleine nuit causant la formation d’un tsunami de plusieurs mètres de haut qui a ravagé toute la région.

Normalement, il y a des centaines de personnes sur place, c’est un événement qui aurait pu faire plusieurs victimes, rappelle-t-il.

Les changements climatiques en cause

L’Italie est aux prises avec une canicule depuis plusieurs jours ce qui a entraîné des températures records de plus de 10 °C au sommet du glacier Marmolada qui s’est effondré en Italie.

Il n’existe pas de bons modèles de prédiction de chute de glace ou d’avalanche glaciaire, explique le professeur Pomeroy. On peut dire que si nous faisons face à de très chaudes températures, il vaut mieux être très prudent autour des glaciers. Quand ils fondent rapidement, un effondrement peut survenir.

Le glacier Marmolada.

Le glacier Marmolada est le plus grand des Alpes italiennes.

Photo : Reuters / Services de sauvetage alpins

Il ajoute que les nuages de cendres des feux de forêt engendrent aussi une fonte plus rapide des glaciers.

Selon le professeur de géographie Brian Menounos de l'Université du Nord de la Colombie-Britannique, il faut s’attendre à ce que ce genre d’incidents surviennent de plus en plus souvent.

Nous nous attendons à des vagues de chaleur plus fréquentes et à une augmentation de la gravité de ces événements. [...] Ce sont des événements naturels qui se produisent dans nos montagnes. Les risques que des gens se blessent ou meurent dépend en grande partie de la présence de gens [...] la présence d’alpinistes sur le glacier pourrait être un risque.

Les alpinistes aux aguets

Le Club Alpin du Canada possède et gère plusieurs refuges de montagne situés à proximité des glaciers en plus d’organiser régulièrement des périples sur les glaciers.

Les événements survenus en Italie ont ébranlé la communauté d’alpinistes.

On est un petit peu plus sur le qui-vive, affirme Isabelle Daigneault, présidente de Club Alpin du Canada, établie dans les Rocheuses depuis 1906.

« C’est un peu un réveil ce qui s’est passé en Italie. »

— Une citation de  Isabelle Daigneault, présidente, Club Alpin du Canada.

Pour s’adapter, l’organisme finance des projets de recherche dans les montagnes et pense modifier l’horaire de certains circuits. Le but est de tenter d’anticiper et de mieux connaître les risques. Ce type de chose se fait déjà en Europe, selon la directrice générale du club, Carine Salvy. Celle-ci a cumulé son expérience d’alpiniste dans les Alpes.

« En cinq à dix ans, la pratique a énormément changé. Toutes les voies que l’on faisait traditionnellement en été, on les fait maintenant au printemps ou à l’automne. »

— Une citation de  Carine Salvy, directrice générale, Club Alpin du Canada

Le Club Alpin est déjà confronté aux réalités des changements climatiques. En décembre, Parc Canada a dû démanteler l’un de ses plus anciens refuges gérés par le Club à cause de l’érosion des sols due à la fonte du pergélisol sur lequel il reposait.

Un refuge en pierre construit sur un col de montagne.

Le refuge du col Abbot a été classé lieu historique national en 1992 en raison de son architecture rustique, de son association au thème des loisirs en milieu alpin au Canada et de son rôle historique dans le développement de l’alpinisme.

Photo : Gracieuseté : Parcs Canada

Le refuge du col Abbot, situé au pied du mont Victoria près du lac Louise, a été construit à la main par des guides suisses en 1922. La structure de pierre menaçait de s’effondrer à tout moment et posait un risque pour les randonneurs.

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