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La protection de la forêt de l’Aéroport d’Ottawa battue en brèche au conseil municipal

Une affiche attachée à des arbres, sur laquelle on peut lire, en anglais : « Protégez les arbres ».

Mercredi, le conseiller du quartier Rivière, Riley Brockington, a présenté une motion liant l'adoption d'un plan d'amélioration communautaire (PAC) proposé à la préservation de la forêt d'environ quatre hectares (archives).

Photo : Facebook/Carolyn Marie Evers

Radio-Canada

Une motion qui aurait fait de la protection d'une forêt de pins rouges sur le chemin Hunt Club une condition pour que l'administration aéroportuaire d'Ottawa reçoive des millions de dollars en allégements fiscaux a été défaite au conseil municipal, mercredi.

Mercredi, le conseiller du quartier Rivière, Riley Brockington, a présenté une motion liant l'adoption d'un plan d'amélioration communautaire (PAC) proposé à la préservation de la forêt d'environ quatre hectares. Le PAC vise à stimuler le développement et la reprise économique post-pandémique à l'aéroport par le biais d'incitatifs fiscaux.

Sa motion, appuyée par Diane Deans, conseillère de Gloucester-Southgate, n'aurait autorisé le PAC qu'après la conclusion d'une entente visant à protéger les arbres du 1000 Airport Parkway Private et du 400 chemin Hunt Club.

Le conseiller Riley Brockington en entrevue avec CBC.

Le conseiller Riley Brockington fait écho à la volonté de plusieurs résidents de protéger la forêt de quatre hectares.

Photo : Radio-Canada / Chloé Fedio/CBC

Nous allons conclure un accord qui aura des avantages économiques importants pour l'aéroport et ses futurs locataires, de l'ordre de dizaines de millions de dollars, a déclaré M. Brockington. Il est juste de dire qu'en retour, nous aimerions que ces 10 acres ne soient plus sur la table, a-t-il ajouté.

Les résidents veulent protéger les arbres

La forêt se trouve sur des terres actuellement sous le contrôle de l'Administration de l'aéroport international d'Ottawa, mais ne fait pas partie de la zone couverte par le PAC. Les habitants de la région s’étaient déjà mobilisés pour sauver ce site, en s'opposant au projet d'un concessionnaire BMW d'en paver une partie afin d'agrandir son parc de stationnement.

Le personnel de la Ville a cependant repoussé la motion de M. Brockington, et le maire Jim Watson a déclaré que l'adopter serait faire preuve de mauvaise foi.

« Je pense qu'il est très inapproprié de lier les deux. Je pense qu'il est injuste de notre part, à la dernière minute, d'introduire quelque chose qui, en substance, tuerait le PAC. »

— Une citation de  Jim Watson, maire d'Ottawa

Stephen Willis, directeur général de la planification de la Ville, a déclaré que le personnel était favorable à la sauvegarde de la forêt, mais qu'il pensait également que les deux questions ne devaient pas être liées, ajoutant qu'il travaillait à la fois sur le PAC et sur un plan de préservation des arbres.

Le conseil municipal a demandé au personnel d'étudier la possibilité d'un échange de terrains avec l'aéroport. Ces discussions se poursuivent toujours.

Une femme marche dans un sentier boisé.

La forêt du chemin Hunt Club est composée en grande partie de pins rouges (archives).

Photo : Radio-Canada / Celeste Decaire

La motion du conseiller Brockington a été rejetée par 17 voix contre 7. Les conseillers Theresa Kavanagh, Catherine McKenney, Jeff Leiper, Rawlson King et Shawn Menard ont également voté en faveur de la motion.

Stephen Willis a déclaré que l'aéroport dispose d'une centaine d'hectares de terrain qui sont sous-utilisés depuis de nombreuses années parce que la propriété appartient à Transports Canada et ne peut être vendue.

Shawn Menard critique les incitatifs fiscaux

Le PAC offre à toute personne désireuse de louer et de réaménager ces terrains une incitation fiscale annuelle de 75 %, disponible pendant 25 ans au maximum, et ce, jusqu'à concurrence de 25 millions de dollars. Pour être admissible, tout réaménagement doit ajouter au moins 250 000 $ à la valeur imposable de la propriété.

On espère ainsi que cette mesure incitative permettra d'augmenter les recettes fiscales de la Ville et les recettes de l'aéroport, qui pourra utiliser cet argent pour attirer de nouvelles liaisons et destinations.

Le conseil a voté à 20 contre 4 en faveur du PAC, malgré les critiques de certains membres, dont Shawn Menard, conseiller du quartier de la Capitale.

Nous gaspillons l'argent des contribuables à un moment où nos propres sources de revenus et nos propres finances sont mises à rude épreuve, a-t-il déclaré. Nous ne cessons de parler d'abordabilité dans cette ville, mais nous agissons exactement dans le sens contraire [...] pour de futurs allégements fiscaux pour les concessionnaires Porsche ou les aéroports.

Avec les informations de Dan Taekema de CBC

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