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Visite du Dr Boileau : des mesures plus décisives étaient espérées

Guillaume Proulx et sa fille de un an et demi.

Guillaume Proulx et sa petite fille d'un an et demi.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Pour plusieurs, l’approche du directeur national de santé publique du Québec dans le dossier de la qualité de l’air à Rouyn-Noranda n’est pas assez catégorique.

Le Dr Luc Boileau présentait mercredi matin les résultats de l'étude menée par l'Institut national de santé publique (INSPQ), indiquant notamment que les risques d'avoir le cancer sont plus élevés à Rouyn-Noranda. Il ajoutait que les émissions d’arsenic de la Fonderie Horne ne pourraient pas continuer au niveau actuel.

Cependant, la santé publique ne recommandera pas à l'entreprise un chiffre précis de concentration d'arsenic.

Pour la Dre Marie-Pier Lemieux, médecin de famille et rédactrice d’une lettre ouverte adressée au premier ministre le 3 juillet, la visite du Dr Boileau est insatisfaisante.

« J’aurais aimé qu’il se positionne plus franchement en exigeant une atteinte de la norme québécoise en matière de concentration d’arsenic dans l’air », se désole la Dre Lemieux.

« On entend beaucoup ''la norme acceptable pour les gens de Rouyn-Noranda''. Mon questionnement est le suivant : pourquoi y aurait-il quelque chose d’autre d’acceptable que la norme québécoise pour les gens d’ici? »

— Une citation de  La Dre Marie-Pier Lemieux
La docteure Marie-Pier Lemieux, posant devant les bureaux du CISSS-AT à Rouyn-Noranda.

Marie-Pier Lemieux, médecin généraliste à Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

La mairesse de Rouyn-Noranda, Diane Dallaire, se dit pour sa part rassurée, mais s’attend à des décisions rapides et décisives pour protéger la santé des habitants.

La bonne nouvelle, c’est qu’on sent qu’il y a un consensus sur le fait que le statu quo n’est plus acceptable. Donc, c’est clair que des mesures doivent être prises rapidement, signale Mme Dallaire.

Des revendications qui ne changent pas

Pour la députée solidaire de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, les demandes demeurent les mêmes.

« On revendique la même chose depuis quatre ans. On exige l’application de la norme québécoise ici, à Rouyn-Noranda. Je pense qu’on détient déjà assez d’informations en ce moment pour prendre des décisions. Je crois aussi que les citoyens sont déçus aujourd’hui parce qu’ils s’attendaient à être rassurés, mais on n’a rien appris de nouveau. »

— Une citation de  Émilise Lessard-Therrien, députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue
Mme Lessard-Therrien en point de presse.

Émilise Lessard-Therrien, députée de Rouyn-Noranda–Témiscamingue (archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Le comité citoyen Arrêt des rejets d’émissions toxiques (ARET) déplore de son côté le manque d’envergure de l’étude présentée par le Dr Boileau.

« C’est sûr que lorsqu’on isole l’un des contaminants, on ne tient pas compte de beaucoup de facteurs. On a beaucoup d’autres contaminants et nous n’avons pas non plus évalué la synergie entre ceux-ci. L’étude de la santé publique est intéressante, mais il ne faut pas se servir de cela pour prendre des décisions », soutient Nicole Desgagnés, membre du comité ARET.

Guillaume Proulx, résident du quartier Notre-Dame de Rouyn-Noranda depuis trois ans et père d’une petite fille, estime que la situation est particulièrement inquiétante.

« Ça me préoccupe beaucoup. Ma fille est née il y a un an et demi, elle a vraiment un petit poids. Ma blonde et moi sommes en bonne santé, mais elle est quand même née avec des vêtements pour nouveau-nés qui étaient trop grands. »

— Une citation de  Guillaume Proulx, résident du quartier Notre-Dame

Rappelons que des études de l’Institut national de santé publique (INSPQ) ont déjà démontré que, dans le quartier Notre-Dame, un résident meurt en moyenne cinq ans plus tôt que le reste des Québécois et les bébés y naissent plus petits que la moyenne.

L'hôpital de Rouyn-Noranda, le lac Osisko et les cheminées de la Fonderie Horne.

Rouyn-Noranda et les cheminées de la Fonderie Horne

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Fermeture de la Fonderie : une solution parmi d’autres

De son côté, la médecin de famille Clodel Naud-Bellavance souhaite éviter l’arrêt des activités de l’entreprise, jugeant tout de même que la santé de la population est primordiale.

On connaît tous quelqu’un qui y travaille, dont plusieurs de nos patients. Ils sont aussi inquiets que nous pour leur propre santé. Ce qu’on veut, ce sont des résultats pour améliorer la santé des gens. On doit protéger notre population, mais aussi les générations futures. On décide pour eux en ce moment, mentionne-t-elle.

Sa collègue Marie-Pier Lemieux ajoute ne pas pouvoir changer le passé, mais souhaite se mobiliser pour éviter que nos enfants se demandent pourquoi nous n’avons rien fait, alors que nous savions qu’il y avait un excès de risque.

Émilise Lessard-Therrien affirme que la potentielle fermeture de la Fonderie Horne, évoquée mardi par le premier ministre François Legault, est loin d’être la seule solution.

François Legault agite des épouvantails à l’heure actuelle. Personne ne parle de faire fermer la Fonderie Horne, sauf lui. Il n’a rien fait pendant quatre ans, mais là, quand le dossier est chaud, on nous arrive avec la solution la plus extrême. La seule chose que François Legault devrait faire, c’est d’exiger la norme québécoise, point final, soutient-elle.

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