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Une pénurie d’herbicide pourrait nuire aux cultures de canola dans l’Ouest canadien

Un champ de canola.

La pénurie est devenue particulièrement prononcée ces dernières semaines, un ingrédient étant devenu difficile à obtenir. (archives)

Photo : Radio-Canada

Des fermiers dans l’Ouest canadien ont peur pour leurs cultures de canola, en raison d’une pénurie d’herbicide. Le fabricant de l’herbicide à base de glufosinate, BASF, affirme qu’une forte demande et des problèmes d’approvisionnement concernant les ingrédients sont en cause.

Le glufosinate est principalement utilisé dans l’herbicide Liberty de BASF. Cet produit est utilisé en combinaison avec les variétés de canola InVigor, de la même entreprise, qui représentaient 60 % des cultures de canola au Canada l’an dernier.

En résumé, l’herbicide tue toutes les mauvaises herbes, sans nuire au canola.

De nombreux producteurs au Manitoba et à travers l’Ouest canadien sont vraiment déçus de l’approvisionnement limité d’herbicide Liberty, dit le fermier et président de l’Association manitobaine des producteurs de canola, Charles Fossay.

C’est une préoccupation importante parce que de nombreux producteurs aiment effectuer deux traitements d’herbicide, explique-t-il. Ils sont restreints à un traitement et, dans certains cas, n’obtiennent même pas tout le produit qu’ils ont réservé et qu'ils ont payé, poursuit-il.

BASF Canada dit que ce genre de décision serait prise par des détaillants. Le directeur du marketing aux solutions agricoles de l’entreprise, Mark Shillingford, affirme cependant que BASF travaille avec les détaillants pour assurer que tous les producteurs puissent traiter leurs champs au moins une fois.

[Les détaillants] ont fait un excellent travail à déplacer le produit où il est demandé, soit dans le sud de l’Alberta en premier, et au Manitoba en dernier, en fonction des semences, fait-il valoir.

Les fermiers pris par surprise

Charles Fossay assure que cette pénurie a pris les producteurs par surprise.

Si les fermiers avaient su en avril qu’il y aurait une pénurie de Liberty, ils auraient cherché des solutions de rechange de canola, ou bien ils auraient traité les sols d’herbicides avant les semences, dit-il.

Charles Fossay croit que la pénurie aurait dû être signalée plus tôt aux agronomes et aux détaillants, car beaucoup en ont seulement entendu parler à la fin du mois de mai.

Le représentant de BASF Canada, Mark Shillingford, explique que l’entreprise savait que l’approvisionnement de cet herbicide serait serré, en raison de défis liés aux chaînes d’approvisionnement causés par la COVID-19 et d’une très forte demande pour le canola.

La demande pour la culture est forte, et la demande pour ce produit sur le canola InVigor est forte, résume-t-il.

BASF a déjà produit plus d’herbicide en 2022 qu’au cours de l’année précédente. La pénurie est cependant devenue particulièrement prononcée ces dernières semaines, un ingrédient étant devenu difficile à obtenir. Il s’agit d’un ingrédient non technique qui se trouve dans toutes sortes de produits ménagers, comme du shampoing.

Les entreprises qui fournissent cet ingrédient à BASF font face aux problèmes d’approvisionnement. [Ces défis] descendent toute la chaîne, dit Mark Shillingford.

Une occasion de repenser la monoculture

L’entreprise a créé un groupe de travail pour améliorer sa chaîne d’approvisionnement et éviter que le même problème ne se reproduise l’an prochain, poursuit Mark Shillingford.

Charles Fossay affirme pour sa part qu’il travaille avec l’entreprise pour s’assurer qu’il y aura assez d’herbicide l’année prochaine.

Selon la productrice Anastasia Fyk, représentante du Manitoba de l'Union nationale des fermiers, la situation actuelle démontre les failles de la monoculture, soit la pratique de ne faire pousser qu’un seul type de plante dans un champ.

Tous les prix ont augmenté pour les fermiers cette année : le prix de l’essence, des herbicides, de l’azote, vraiment de tout, fait valoir l'agricultrice.

Comme ça coûte tellement cher, c’est le moment de se demander comment on peut changer le système de production des aliments, poursuit-elle.

Anastasia Fyk prône la polyculture et l’usage de bétail pour le contrôle des mauvaises herbes, tant pour les petits que les grands agriculteurs.

Avec les informations de Patricia Bitu Tshikudi

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